Dirigé par M. Boubacar Yalkoué, le Bureau de l’Association des Éditeurs de Presse Privée du Mali (ASSEP) poursuit ses séances de sensibilisation, d’appropriation et de protection de ses militants. Dans le cadre de ses nombreuses initiatives, l’association a tenu, hier mercredi 12 août, dans les locaux de l’hôtel Millénium, sis à l’ACI 2000 de Bamako, un atelier d’appropriation consacré à la tarification des services de télécommunications. C’était sous l’égide du Secrétaire exécutif de l’AMRTP, M. Seidina Oumar Nimaga, qui avait à ses côtés M. Bandiougou Danté, président de la Maison de la Presse, les représentants des opérateurs de télécommunications et ceux des organisations professionnelles de la presse. Lors de la clôture de la rencontre, le président de l’ASSEP a exprimé sa satisfaction.
À travers cette rencontre, il s’agissait de permettre aux participants de mieux comprendre les mécanismes de tarification, les facteurs qui interviennent dans la détermination des tarifs, les rôles respectifs du régulateur et des opérateurs, ainsi que les droits et responsabilités des consommateurs. L’atelier d’appropriation s’est soldé par des échanges fructueux entre plus de 200 éditeurs de la presse privée du pays et les acteurs des télécommunications. Les préoccupations exposées ont été prises en compte et les questions posées ont reçu des réponses sans tabou. L’importante rencontre a permis aux responsables de Moov Africa Malitel, d’Orange Mali et de Telecel, ainsi qu’aux professionnels des médias, de se parler et de mieux se comprendre.
Dans sa prise de parole, M. Yalkoué a rappelé que le Bureau de l’ASSEP a été mis en place le 16 août 2025 avec une ambition claire : faire de l’organisation professionnelle un véritable instrument de défense des intérêts des éditeurs, mais également un cadre de réflexion, d’échanges, de solidarité et de renforcement des capacités. Il s’est également engagé à placer l’amélioration des connaissances et l’accompagnement de ses mandants au cœur de son action.
« Nous sommes convaincus qu’une presse forte n’est pas seulement une presse qui dispose de moyens matériels. Une presse forte est d’abord une presse qui comprend les sujets dont elle traite, qui maîtrise les enjeux de son environnement et qui est capable de transformer la complexité en une information claire, fiable et accessible au citoyen. C’est tout le sens de la rencontre qui nous réunit aujourd’hui », a expliqué M. Boubacar Yalkoué, soutenant que les télécommunications sont désormais au cœur du quotidien des éditeurs de la presse.
« Elles irriguent notre économie, rapprochent les citoyens, facilitent les échanges, accompagnent les entreprises et transforment profondément nos habitudes de consommation et de communication », a-t-il dit. Derrière un simple appel téléphonique, un forfait Internet ou une offre promotionnelle se cachent, selon lui, des mécanismes techniques, économiques et réglementaires que les participants doivent pouvoir comprendre et expliquer. Lorsque ces mécanismes sont mal compris, le risque est grand de voir naître l’incompréhension, la confusion et la méfiance. D’où la tenue du présent atelier.
Une journée d’investissement dans la confiance
Le président de l’ASSEP a indiqué que le rôle de la presse est également de contribuer à éclairer les insuffisances et les enjeux du secteur. À travers son rôle de relais entre les consommateurs et les opérateurs, elle constitue un puissant levier pour lever toute équivoque sur les missions du régulateur du secteur. Ce faisant, le journaliste ne peut pas se contenter de rapporter une information. Il doit être capable de l’interroger, de la vérifier, de la contextualiser et de l’expliquer.
Lorsqu’un citoyen s’interroge sur le coût d’une communication, la qualité d’un service Internet, une offre commerciale ou ses droits en tant que consommateur, il doit pouvoir trouver dans les médias une réponse crédible et compréhensible. « Cette journée ne constitue pas une simple activité. Elle est un investissement dans la confiance entre les consommateurs, les opérateurs, le régulateur et les médias », a déclaré M. Yalkoué.
La nécessité de se réinventer face aux défis
Mettant l’occasion à profit, le président de l’ASSEP a fait entendre que le secteur traverse une période particulièrement exigeante. Les mutations technologiques, la transformation des habitudes de consommation de l’information, la fragilité du modèle économique de la presse et la concurrence du numérique imposent aux entreprises de presse de se réinventer.
Dans un tel contexte, a reconnu M. Yalkoué, « mieux informer, mieux comprendre les évolutions de notre environnement et renforcer les capacités de nos éditeurs n’est plus un choix. C’est une nécessité. Nous souhaitons qu’au terme de nos travaux, chaque participant reparte avec une meilleure compréhension des mécanismes liés à la tarification des services de télécommunications, mais surtout avec davantage de responsabilités : mieux informer, mieux expliquer et mieux défendre les intérêts des consommateurs. Et, plus largement, avec la responsabilité de contribuer, par une information professionnelle et rigoureuse, à la construction d’un Mali mieux informé ».
Duo presse-AMRTP en marche
Au nom de l’Autorité Malienne de Régulation des Télécommunications, des Technologies de l’Information et de la Communication et des Postes (AMRTP), le secrétaire exécutif dira que l’initiative est pertinente. Une idée qui s’explique par le fait que les télécommunications occupent aujourd’hui une place essentielle dans la vie quotidienne des citoyens.
Les questions relatives aux tarifs, aux offres, à la qualité des services, aux droits des consommateurs et au cadre réglementaire suscitent, ajoute M. Seidina Oumar Nimaga, de nombreuses interrogations et parfois des incompréhensions. « L’AMRTP est pleinement attentive à ces préoccupations. Notre rôle ne se limite pas à réguler le secteur. Il consiste également à veiller à son développement harmonieux et à contribuer à une meilleure compréhension du secteur par les citoyens et des règles qui l’encadrent. »
Estimant que cette rencontre est une excellente opportunité de renforcer le dialogue, d’apporter les éclairages nécessaires et de favoriser une meilleure circulation de l’information, il a indiqué que la question de la tarification est particulièrement importante, car elle se situe au cœur de plusieurs préoccupations, notamment celles des consommateurs qui souhaitent des services accessibles et de qualité ; de l’État qui doit préserver l’intérêt général et favoriser le développement économique et numérique du pays ; et des opérateurs qui doivent disposer des conditions nécessaires pour investir, entretenir et moderniser leurs réseaux et assurer durablement la fourniture des services.
Pour Bandiougou Danté, l’atelier permettra aux participants de mieux connaître leur place et leur rôle dans le développement du pays. Il a estimé que les acteurs des médias ont besoin de l’accompagnement des acteurs de la téléphonie mobile pour s’adapter aux nouvelles exigences et créer un climat de confiance et de compréhension mutuelle.
Satisfecit de l’ASSEP
Dans son discours de clôture, M. Yalkoué a remercié l’ensemble des participants et partenaires de l’ASSEP pour leur présence. « Cette rencontre n’aura pas été une simple cérémonie. Elle aura été un véritable espace d’écoute, de dialogue, d’explication et de compréhension mutuelle. Les échanges francs et fructueux que nous avons eus avec les opérateurs de télécommunications nous ont permis de mieux comprendre les mécanismes liés à la tarification des services, mais surtout de mesurer une fois encore l’importance d’un dialogue permanent entre les acteurs des télécommunications et ceux de la presse », a-t-il indiqué, invitant les opérateurs à communiquer davantage avec les acteurs de la presse à travers des canaux fiables, professionnels et structurés.
Mamadou Diarra
