Mondoro, dans le centre du pays : Les djihadistes finalement contraints de négocier un accord avec la population

Se sentant en position de faiblesse, les djihadistes, confrontés à beaucoup de choses, ont finalement jugé utile : la signature d’un accord provisoire de cesse-le feu avec le groupe d’autodéfense (chasseurs) de Mondoro, au centre du Mali(Mopti), pour être en paix.

Consécutivement, cela faisait la quatrième fois que les autochtones de Mondoro, travaillant aux côtés des djihadistes venus d’autres pays, soumettaient des lettres à la milice d’autodéfense de la zone (chasseurs). Il s’agit des lettres contenant des prières pour que les chasseurs acceptent de les recevoir parmi eux, en tant que citoyens autochtones de la localité. Cela, puisqu’ils sont, disent-ils, aussi des Maliens comme les autres, malgré leur comportement. Vu leur insistance, une trêve de cessez-le feu a été signée, la semaine dernière, entre eux et les chasseurs traditionnels qui militent, dans cette zone, aux côtés des militaires maliens. Cette trêve a été signée pour une durée d’une semaine, donc prend fin courant cette semaine qui commence. Elle est signée juste pour observer si les djihadistes respecteront leur engagement, durant une semaine, explique une source que nous avons contactée. « L’année passée (2020), les djihadistes avaient envoyé une lettre pour solliciter une négociation auprès de la population, parce qu’il faut reconnaitre qu’avec la mise en place du groupe d’autodéfense qui milite aux côtés des FAMa, les offensives ont beaucoup contribué à la perte des positions djihadistes dans cette zone », confie notre source. Donc il leur fallait négocier cet accord avec les chasseurs pour être en paix, a-t-elle énoncé. « Ces djihadistes sont les mêmes sédentaires qui vivent avec nous. Ils ont abandonné les hameaux qu’ils occupaient à cause des offensives du groupe d’autodéfense qui venait d’être mis en place en 2019.C’est suite à cela qu’ils ont envoyé la première lettre demandant la cessation des conflits », ajoute-t-elle. Pour alors répondre à leur lettre, « nos gens (chasseurs) ont dit qu’ils (maliens djihadistes) sont en train de se battre aux côtés des étrangers venus du Burkina Faso, du Niger et autre pays, pour combattre les habitants de Mondoro. Donc ils ont dit qu’ils ne peuvent pas signer un accord avec les maliens djihadistes ».

C’est comme ça que les chasseurs ont refusé de signer un accord avec des maliens combattants sur le rang des djihadistes étrangers, détaille notre source. Comme si cela ne suffisait pas, les mêmes personnes ont envoyé une autre lettre au groupe d’autodéfense en réitérant les mêmes vœux. La demande a été rejetée par le groupe d’autodéfense. Cette année en mois de juillet, elles ont envoyé des émissaires aux chasseurs pour demander leur retour parmi les habitants. Cette troisième lettre n’a pas été acceptée par les chasseurs qui ne demandaient à ce que les maliens djihadistes cessent de collaborer avec les étrangers destructeurs du pays en vain. Pour ce qui concerne cette quatrième lettre, indique-t-on, « c’est l’ONG centre pour le dialogue humanitaire qui est entrée dans la danse. Elle a réuni les communautés dogon et peul résidant à Mopti et Douentza. Comme le chef de village de Mondoro se trouvait à Douentza, ils sont partis le voir en lui suppliant. Les maliens djihadistes ont fait savoir au chef de village qu’ils ne sont plus avec les étrangers et qu’ils souhaiteraient avoir un accord avec les chasseurs pour vivre en paix ».C’est ainsi qu’une délégation a été formée après avoir informé le gouverneur de la région. Depuis pratiquement dix (10) jours, des pourparlers étaient en cours à Mondoro entre les intéressés et le groupe d’autodéfense. C’est ainsi qu’ils ont signé une trêve de cessez-le feu d’une semaine, la semaine dernière. « Le problème, poursuit la source, c’est qu’il n’y a plus à manger dans cette zone, pas d’animal à voler, ni rien d’autre. La sècheresse a été catastrophique cette année. Et il y a la famine qui s’annonce dans cette zone ». La signature de cet accord leur permet donc de subvenir à leurs besoins et d’être en paix, souligne notre source.

Mamadou Diarra

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