Unis comme un seul homme, les leaders religieux n’ont pas daigné se restreindre à la tenue de la marche patriotique du vendredi dernier. Désormais résolus à défendre leur patrie, ils s’étaient donné rendez-vous, ce samedi 15 janvier 2022, à la grande mosquée de Bamako, afin de prier et bénir pour le Mali. Occasion pour eux d’appeler à la résistance.
Avec à sa tête Ousmane Chérif Madani Haidara, le haut conseil islamique du Mali a voulu tenir cet évènement pour appeler les maliens à la résistance. « Les nouvelles autorités sont en train de travailler, en ce qui concerne le maintien de la paix et de la sécurité dans le pays. Nous sommes au courant de l’effort et du travail qu’elles sont en train d’abattre pour les maliens, nous les saluons pour cela », soutient le président du Haut conseil islamique du Mali, la structure représentant tous les musulmans du pays. Il y a longtemps, nombreux sont ces citoyens vivant dans des localités qui ne pouvaient aucunement se mouvoir, en raison de l’insécurité chronique. La crise sécuritaire a occasionné l’assassinat de plusieurs civils et militaires dans le pays. Beaucoup ont été également contraints de quitter leurs terroirs, sous l’effet du terrorisme dans le pays, a déploré Ousmane Chérif Madani Haidara, lors de cette rencontre entre fidèles musulmans. « Récemment, informe-t-il, nous avons reçu des bonnes nouvelles. Lesquelles nous sont parvenues de plusieurs localités. Il s’agit de la libération de plusieurs localités que possédaient les terroristes. Ces nouvelles, certifiant que les nouvelles autorités travaillent, nous donnent de l’espoir », exprime le chérif de Banconi. Via cette rencontre où les fidèles ont prié et béni pour le Mali, le président du Haut conseil islamique dit soutenir les militaires au pouvoir. « Nous sommes derrière nos autorités qui militent pour la libération du pays dominé par les terroristes. Nous ne sommes pas certes décideurs, mais nous sommes autant gênés que ceux qui dirigent le pays aujourd’hui, parce que les citoyens nous appellent de partout pour nous exposer les problèmes auxquels ils sont confrontés », a-t-il confié.
Aussi membre du haut conseil, Mohamed Traoré a appelé les maliens à l’union sacrée autour du Mali, en cette circonstance douloureuse. Parlant au nom du Haut conseil, il garantit que le Mali s’affranchira de ces obstacles. Le Haut conseil invite les musulmans à prier et à faire des bénédictions pour le Mali. Mohamed Traoré prêche en exprimant l’importance pour tous les maliens de savoir garder le sang-froid, en cette période d’embargo, pour ne pas aggraver la situation en semant la panique partout dans le pays. Puis de requinquer ses compatriotes venus en nombre important dans la grande mosquée : « Mettre un peuple sous l’embargo n’a pas commencé à nous. Le haut conseil me charge d’appeler les uns et les autres au calme. Notre prophète Mohamed a vécu des situations pareilles, mais il a pu résister par la grâce de Dieu. Il faudra plutôt avoir peur que le tout Puissant et l’omnipotent nous ferme ses portes, et non celles des êtres humains. Ces portes ou frontières qu’on nous ferment appartiennent à Dieu ».En prêchant pour ses citoyens, Mohamed a appelé les commerçants à ne surtout pas grimper le prix des marchandises. D’après lui, le Mali sortira de cette difficulté, parce que c’est un pays majoritairement musulman. Il sortira parce que c’est un pays de paix et de dialogue. Aussi, dit-il, le haut conseil invite les autorités au dialogue avec les chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO et de l’EUMOA. Puis de finir en ces termes : « En réalité, les maliens ont trop duré dans cette situation sécuritaire. Ils ont beaucoup souffert. Nous avons duré dans cette posture d’esclavage. Honnêtement, je dirai que ces nouvelles autorités sont en train de travailler pour le Mali. À cet effet, nous devons aider et soutenir cette transition. Nous ne devons pas rater cette occasion pour la construction du pays ».Ils étaient nombreux à parler d’une même voix, ces leaders religieux réunis à la grande mosquée pour, peut-on le dire, moralement préparer les maliens à faire face aux menaces et pressions internationales pesant sur le Mali.
Mamadou Diarra
