L’union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sort de l’incertitude. La troisième réunion ordinaire du Conseil des ministres, ouverte, le 6 octobre, au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Dakar a porté le ministre de l’Économie et des Finances du Faso, Dr Aboubakar NACANABO à la présidence du Conseil des ministres statutaires de l’institution. Au nom du Mali, le Ministre de l’Economie et des Finances, monsieur Alousseni Sanou a félicité et réaffirmé de son soutien pour la réussite de cette présidence burkinabè.
Selon le ministre Alousseni Sanou, cette nomination, constitue le fruit de l’unité et de la solidarité des pays de l’AES conformément aux orientations des pères fondateurs de la confédération des États du Sahel. Ainsi assure-t-il que le Burkina Faso bénéficiera du soutien et de l’accompagnement du Gouvernement du Mali dans cette gouvernance régionale pour coordonner les grandes orientations économiques et financières de l’UEMOA.
Il faut noter qu’il y a quelques mois, sur fond de divergences politiques liées aux transitions militaires de l’espace sahélien, la Côte d’Ivoire hésitait à passer le relais au Burkina Faso conformément au principe de présidence tournante de l’institution. Un refus qui avait entraîné la réaction des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont certains avaient même boycotté une rencontre ministérielle de l’Union.
Aujourd’hui, le consensus autour du Burkina, évite une fracture à long terme de l’UEMOA à l’image de la CEDEAO dont les accusations d’ingérence et la politique de deux poids, deux mesures ont eu raison sur la communauté des états. Cette passation, longtemps attendue, se présente également comme un tournant symbolique pour une gouvernance, loin des connotations politiques et géopolitiques partisanes.
Dans un contexte où les États de l’AES cherchent à redéfinir leurs relations avec les institutions ouest-africaines, ce positionnement du Burkina Faso signale à la fois l’ouverture, la continuité et le retour de confiance au sein de la grande famille UEMOA.
Au-delà de ce symbole politique, la session de Dakar a permis d’adopter plusieurs décisions majeures, notamment, le rapport de surveillance multilatérale pour le premier semestre 2025, les orientations économiques pour 2026, ainsi qu’une enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages. Les ministres ont également approuvé les comptes 2024 de l’Autorité des marchés financiers de l’UEMOA (AMF-UEMOA) et validé l’intégration des caisses de dépôts dans le tarif du CREPMF.
Issa Djiguiba
