Dans un litige l’opposant au père de son enfant, la chanteuse Rokia Traoré a été, le mercredi 6 mai dernier, condamnée à Bruxelles à deux ans de prison avec sursis.
Notre compatriote Rokia Traore, chanteuse et guitariste a été condamnée mercredi par le tribunal correctionnel de Bruxelles à deux ans de prison avec sursis dans un litige l’opposant au père de sa fille, née en 2015. Cette condamnation est partie d’un différend lié à la garde de leur enfant. Ainsi, le père de la fille se nomme Jan Goossens. Ce Belge affirme avoir été privé de sa fille quasiment sans interruption depuis 2019 quand elle avait 4 ans, au point de saisir la justice de son pays natal, la Belgique.
Dans cette affaire, Rokia Traoré a encore la possibilité d’interjeter appel. Rappelons qu’elle avait été condamnée en octobre 2023 par le tribunal correctionnel de Bruxelles à une peine de deux ans d’emprisonnement pour « non-représentation d’enfant ». Mais elle a usé de son droit à faire opposition à la condamnation prononcée en son absence, et l’affaire a été rejugée en mars par ce même tribunal et pour les mêmes chefs d’accusation, en sa présence cette fois-ci.
Après son arrestation à Rome il y a deux ans, elle avait été remise à la Belgique fin 2024 puis incarcérée près de deux mois dans une prison de Bruxelles. Sa libération est intervenue en janvier 2025 en vertu d’un accord conclu à l’amiable avec Jan Goossens, sous le contrôle des juges belges. Cette « convention » restée confidentielle portait sur les modalités des retrouvailles entre le père et sa fille et laissait présager une sortie de crise. Mais Jan Goossens a estimé qu’à nouveau Rokia Traoré n’avait pas respecté ses engagements.
Réaction de l’artiste suite à sa condamnation
Âgée de 52 ans, la chanteuse s’est exprimée sur l’affaire après l’annonce de la décision belge. « J’ai effectivement été reconnue coupable de ne pas avoir respecté une décision de justice belge en droit de la famille concernant une enfant, par rapport à laquelle la justice malienne a également rendu une décision, puisque l’enfant vivait au Mali depuis sa naissance », a-t-elle dit. Dans cette vidéo publiée sur sa page Facebook, elle soulignait que cette décision malienne reconnait la résidence de l’enfant au Mali sur la base des documents fournis et d’enquête menée. Elle « me donne la garde de l’enfant avec droit de visite au père. Cette affaire est complexe, la procédure judiciaire n’est pas terminée ». Selon elle, l’enfant concernée a onze (11) ans aujourd’hui et son frère ainé a vingt (20) ans. Ils sont au courant de tout ce qui se passe dans cette affaire. « Nous devons protéger les enfants même lors de telles procédures qui sont plus liées à des confusions possibles au niveau international », dira-t-elle. Ajoutant, « cette enfant est bien dans le pays où elle a toujours vécu, où elle se sent bien, où elle va à l’école et où il n’y a aucune forme de violence ni d’agressivité à son encontre. La seule chose, aujourd’hui, qui pèse lourde dans la vie de mes enfants est cette procédure ».
Mamadou Diarra
