Alors la France et ses alliés européens ont annoncé, jeudi dernier, le « retrait ordonné » de leurs forces militaires du Mali, notamment Barkhane et Takuba, Paris compte accentuer sa collaboration avec le Niger pour poursuivre ses opérations militaires au Sahel. Une décision que les autorités nigériennes accueil à bras ouvert. En effet, dans un entretien accordé à nos confrères de France 24 et RFI, le ministre des Affaires Étrangères, Hassoumi Massaoudou a indiqué que «les députés voteront sur l’arrivée de nouvelles forces étrangères».
Le président français, Emmanuel Macron a annoncé, jeudi, le départ du Mali des forces de l’opération Barkhane et de l’opération Takuba. Un retrait qui, selon lui, prendrait entre quatre à six mois. En effet, le lendemain de cette annonce, les autorités maliennes à travers le ministre porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga ont dénoncé une « décision unilatérale » et réclamé un départ immédiat des forces françaises et européennes. Par ailleurs, ce retrait annoncé du Mali des forces françaises et européennes fait du Niger l’unique candidat pour les accueillir. En effet, dans une interview accordée à France 24 et RFI, le ministre nigérien des Affaires Étrangères, Hassoumi Massaoudou, a annoncé que dès le mois prochain, le Premier ministre nigérien va engager la responsabilité de son gouvernement sur cette question sensible par un vote devant l’Assemblée nationale du Niger.
Le chef de la diplomatie nigérienne a, par ailleurs, indiqué que si son pays connait, à sa frontière avec le Mali, notamment à Tillabéry dans la zone dite « des trois frontières », « une accalmie à cause du travail efficace, mené par Takuba et par Barkhane », leur retrait va entraîner « une pression plus importante » sur le Niger. Car il soutient que l’arrivé de ses forces sur le territoire nigérien. Selon lui, l’arrivée des forces étrangères sur le territoire nigérien, permettra d’une façon efficace de stopper l’avancée des groupes terroristes présents dans la zone.
Concernant la décision des autorités maliennes, réclament le départ « immédiat » et « sans délai » des forces françaises et européennes, le ministre Massaoudou estime que ce retrait s’effectuera de façon responsable. « Avec le départ des Français, dans cette zone, il va de soi que pour les terroristes, ce serait un appel d’air pour eux ! Donc par conséquent, nous aurons une pression nouvelle, renouvelée, sur cette frontière-là. L’arrivée des Français, sur ce côté de la frontière permettra certainement de renforcer le cordon sanitaire par rapport à ce sanctuaire terroriste que constitue le Nord-Mali », soutient-il.
Par ailleurs, sur la question d’une éventuelle opposition du peuple nigérien contre l’arrivée des forces françaises et européennes au Niger, le chef de la diplomatie nigérienne a indiqué, « bien qu’il n’ait pas obligé, le président de la République a demandé au Premier ministre d’engager la responsabilité du gouvernement au Parlement sur cette question. Donc il y aura un débat parlementaire, qui sera sanctionné par un vote, et le gouvernement engagera sa responsabilité. Voilà ce qu’on fera et on verra… La représentation nationale, c’est elle qui représente le peuple nigérien ».
Ibrahim Djitteye
