Dans le cercle de Kéniéba, la jeunesse est sortie, le jeudi 16 février dernier, pour faire part de son ras-le-bol face à l’incapacité de la société privée KAMA de ravitailler la ville en électricité. Dans un communiqué publié, les membres du Mouvement Kéniéba-Kuranko sollicitent, à cet effet, le départ pur et simple de cette société, réclamant, dans la même foulée, l’arrivée sans délai de l’EDM.SA.
Contre des coupures intempestives et du manque criard d’électricité dans le cercle de Kéniéba, ils étaient nombreux à battre le pavé, ce jeudi 16 février, pour demander le départ de la société privée KAMA. Cooptée pour ravitailler la localité située dans la région de Kayes, la société ravitailleuse peine à respecter, selon les protestataires, ses clauses contractuelles. Comme corollaire : ils sont des centaines de personnes à être confrontées, au quotidien, à un manque d’électricité dans la localité riche en ressources minières. Face à la persistance du problème touchant plus d’un, des jeunes vivant sur le lieu ont finalement pris leur patience en mal. « Nous, chefferie et associations de la société civile réunis dans le Mouvement Kéniéba-Kuranko, suite à l’incapacité de la société privée KAMA de produire de l’électricité dans la ville de Kéniéba, nous inscrivons dans une mouvance de revendication d’intérêt général visant à soulager la population ». Les protestataires tiennent à informer l’opinion nationale et internationale, que la population de Kéniéba ne veut plus de la présence de la société privée KAMA à Kéniéba, et qu’elle réclame l’arrivée, sans délai, de l’EDM.SA pour, argue-t-on, soulager la souffrance de la population dans le domaine énergétique. « Nous rappelons les différentes opinions que c’est l’AMADER qui fournissait de l’électricité à Kéniéba depuis 2008 ».Et le relai a été assuré par la société KAMA à partir de 2009.Cette société poursuivait avec la fourniture en électricité à travers 220 F CFA le KW. Cela, avant que son groupe électrogène ne tombe en panne. La panne dudit groupe a mis la population dans l’obscurité grandiose avec tous les aléas, lit-on dans le communiqué des jeunes. Avec sollicitation des autorités coutumières, politiques et administratives, la société minière SOMILO avait, par le passé, octroyé un groupe électrogène à Kéniéba. « Mais la société KAMA s’est appropriée dudit groupe électrogène, tout en augmentant, selon les manifestants, le prix du KW de 220 F à 250 F CFA ». A vrai dire, Kéniéba est le seul cercle dans la région kayesienne à ne pas être couvert par l’EDM.sa. « Chose qui dépasse notre compréhension et entendement. Et de nos jours, Kéniéba vit l’enfer à cause du manque de fourniture d’électricité par la société privée KAMA dont le KW s’élève à 250 de nos francs ce, sans compter les 3000F qu’elle facture pour chaque consommateur, comme une prime fixe, en plus de 500F pour un éclairage public insatisfaisant et le délestage qui se fait régulièrement ».Ainsi, cela fait plus d’un mois que Kéniéba reste sans électricité. D’où le recours aux panneaux solaires devenu, indiquent les jeunes, une obligation au sein de la localité (Kéniéba) appelée ‘’cité de l’or’’ par certaines personnes. Face à cette situation, la population énonce avoir décidé, depuis le 2 février dernier, de prendre son destin en main, demandant ainsi le départ sans délai de la société KAMA et l’arrivée de l’énergie du Mali dans la localité. Les manifestants soulignent que des démarches tendant à pallier le problème ont été faites par les autorités locales en vain. « C’est pour cette raison que lors de notre meeting du 2 février dernier, nous avons décidé de sortir ce jeudi 16 février 2023, pour bloquer la route nationale 24, afin que le peuple malien soit témoin de l’injustice économique dont est victime Kéniéba », ressort-on dans le communiqué du directoire.
Mamadou Diarra
