La tendance M5-RFP du PM Choguel proteste la déclaration récemment faite par les partis et regroupements politiques estimant que la durée légale de la transition est arrivée à terme le 26 mars dernier.
Le M5 signale noter avec « stupéfaction et gravité », la teneur de ladite déclaration venant des partis et regroupements politiques. Dans cette déclaration du 4 avril dernier, le M5 révèle constater que lesdits partis signataires sont, pour une bonne partie, ceux qui avaient soutenu jusqu’à sa chute le régime du Président IBK et qu’ils constituent une infime minorité parmi près de 300 partis politiques maliens. Et d’ailleurs, indique-t-il, l’on se souvient qu’ils avaient soutenu la paralysie et la décrédibilisation de toutes les institutions du pays en les soumettant à la volonté d’un homme et son clan, pendant qu’ils étaient au pouvoir, insensibles au danger qui guettait notre Nation, empêtrée dans une crise multidimensionnelle persistante. Aussi, poursuit la tendance M5 de Choguel, l’on se souvient également qu’alors qu’ils jouissaient de tous les privilèges, leur pouvoir était en conflit ouvert avec toutes les principales forces syndicales de notre pays, alors qu’à ce jour, la Transition a réalisé une accalmie sur le front social avec la signature du pacte de stabilité sociale. Ainsi, le mouvement trouve que la thèse desdits partis n’est qu’un prétexte. Cela, puisqu’à l’évidence, dit-il, ils ne pensent qu’à leur entrée dans un hypothétique gouvernement d’union nationale. Ce qui aura comme conséquence d’hypothéquer le processus de Refondation en cours, auquel ils n’ont jamais cru et adhéré. Selon le M5, il n’y a, en fait, rien de nouveau dans le fait que ces partis et forces, toujours opposés à la marche et tous actes de la Transition, se retrouvent dans « un jeu trouble » afin de contester sa progression sous prétexte que la date convenue pour l’élection présidentielle ait été reportée.
La transition en phase avec les ANR
Depuis le retrait du Mali de la CEDEAO, rappelle-t-on, aucun protocole ne lie notre pays à cette organisation relativement à un chronogramme électoral établi au détriment de la volonté exprimée par l’ensemble des Forces vives maliennes à l’issue des Assises Nationales de la Refondation (ANR). Les ANR ont clairement établi la durée de la Transition de six (6) mois à cinq (5) ans. Et le Gouvernement reste, pour le M5, confortablement dans les délais pour l’organisation des prochaines élections. L’idée même d’un vide juridique est d’autant plus surprenante que la Constitution de la 4ème République, promulguée le 22 juillet 2023, précise dans ses dispositions transitoires que « les Institutions établies continuent d’exercer leurs fonctions et attributions » jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions issues des élections prochaines (article 190). Au demeurant, l’article 22 de la Charte de transition révisée du 25 février 2022 dispose clairement que « La durée de la Transition est fixée conformément aux recommandations des Assises nationales de la Refondation. La Transition prend fin avec l’élection présidentielle organisée par les autorités de la Transition, la prestation de serment et la passation des charges au nouveau Président élu ». Comment ose-t-on parler de vide juridique, si la mauvaise foi et l’intention de tromper l’opinion nationale n’avaient pas atteint leur summum ? S’interroge le M5. Aux acteurs politiques, ce mouvement tient à préciser que les élections pour l’installation des nouvelles Institutions ne pourront se tenir sans l’élaboration et l’adoption des textes portant lois organiques et lois ordinaires d’application prévues par les dispositions de la nouvelle Constitution, notamment la loi électorale déterminant les dispositions complémentaires relatives à l’élection du président de la République (article 50) ; la loi organique déterminant les dispositions légales relatives à la procédure de destitution du président de la République (art. 73) ; la loi ordinaire et loi électorale fixant les modalités de représentation des Maliens établis à l’extérieur à l’Assemblée nationale (article 96) ; la loi ordinaire déterminant les modalités d’élection ou de désignation des députés et des sénateurs (article 99)… Le M5-RFP énonce rappeler que depuis la rectification de la trajectoire de la Transition, les Autorités se sont engagées à mettre en place, en dépit de l’environnement d’hostilités entretenu par les ennemis du pays, une meilleure gouvernance basée sur un dispositif politique et institutionnel débarrassé de toutes les erreurs qui ont compromis l’existence du Mali.
Les attentes du peuple comblées
Via cette déclaration, le M5 fera part que les Autorités de Transition ont comblé les attentes du Peuple ces dernières années. Cela, argue-t-il, à travers l’équipement et la montée en puissance des FAMa ; la réaffirmation de la souveraineté nationale à travers la dénonciation et la mise en cause de toute forme de coopération ne prenant pas en compte les intérêts et priorités du Peuple ; la tenue des ANR servant de ciment à l’unité nationale et de base au processus de la Refondation de l’Etat ; la mise en place de l’Autorité Indépendante de Gestion des Elections (AIGE). A ces actions majeures s’ajoutent l’adoption de la nouvelle Constitution ouvrant la voie à la 4ème République ; le redressement de la gouvernance et la lutte implacable contre la corruption et l’impunité ; l’accalmie sur le plan du front social avec la signature du pacte de stabilité sociale ; la reconquête de Kidal et la restauration de l’intégrité du territoire national ; la fin de l’Accord issu du processus d’Alger qui représentait une menace pour l’unicité, la souveraineté, l’intégrité territoriale du Mali. Le M5-RFP dit réitérer, par la même occasion, son soutien à la Transition, voire saluer à nouveau la résistance du Peuple malien, résilient et décidé de façon irréversible à prendre en main son destin. « Le M5-RFP exhorte le Peuple malien, à travers toutes les Forces politiques et sociales véritablement acquises au Changement, à renforcer sa détermination dans l’union sacrée autour des idéaux du Changement et à se maintenir mobilisé jusqu’à l’aboutissement de son combat patriotique pour un Malikura démocratique, républicain et laïc doté d’une gouvernance responsable et vertueuse », lit-on dans cette déclaration signée par Bouba K Traoré, vice-président du Comité stratégique du M5-RFP.
Mamadou Diarra
