L’élection à la présidence de la FEMAFOOT prévue pour le 16 avril prochain s’annonce comme un tournant majeur pour le football malien. Quatre candidatures ont été enregistrées et doivent être validées le 25 mars par la Commission électorale indépendante. La course est officiellement lancée et suscite déjà de fortes attentes dans un contexte marqué par des crises institutionnelles et des ambitions sportives longtemps contrariées.
Mahazou dit Baba Cissé, Badra Ali Keïta, Amadou Mahamane Sangho et Djénèba Diallo incarnent des profils variés et complémentaires. Le premier est président du FC Malicoura et promoteur de l’ABM Foot Academy, symbole d’un engagement dans la formation des jeunes. Le second, issu d’une famille sportive prestigieuse, se présente comme un dirigeant expérimenté. Le troisième, journaliste et ancien chargé de communication, mise sur la transparence et la rigueur. Enfin, la quatrième, ancienne internationale et juriste, incarne la diversité et la gouvernance inclusive.
Mahazou dit Baba Cissé se distingue par sa proximité avec les réalités des clubs et des académies. Son expérience dans l’encadrement des jeunes talents lui confère une crédibilité particulière. Dans un pays où la relève est essentielle, il pourrait séduire par son pragmatisme et sa volonté de bâtir sur des fondations solides. Sa candidature traduit une ambition de renforcer les structures de base et de donner une nouvelle dynamique au football malien.
Badra Ali Keïta, héritier d’une tradition sportive, s’appuie sur un capital symbolique fort. Issu de la famille de Daba Modibo Keïta, double champion du monde de taekwondo, il bénéficie d’une légitimité qui dépasse le football. Son profil de dirigeant sportif expérimenté pourrait rassurer ceux qui recherchent stabilité et continuité. Dans un contexte de crise institutionnelle, il se présente comme un candidat capable de restaurer la confiance et de ramener une certaine sérénité.
Amadou Mahamane Sangho, journaliste engagé, mise sur la transparence et la communication stratégique. Ancien chargé de communication au ministère de la Sécurité, il n’en est pas à sa première tentative pour accéder à la présidence de la FEMAFOOT. Sa persévérance témoigne d’une ambition constante. Son expérience dans la communication institutionnelle pourrait être un atout pour redorer l’image de la fédération et instaurer une gestion plus rigoureuse et crédible.
Djénèba Diallo, seule femme en lice, apporte une dimension nouvelle et inclusive. Ancienne footballeuse ayant évolué dans plusieurs clubs et au sein de l’équipe nationale féminine, elle incarne l’expérience du terrain. Juriste et coordinatrice de projets à l’ONG TRIJEUD, elle milite pour la bonne gouvernance et les droits. Sa candidature symbolise l’ouverture et la diversité dans un milieu longtemps dominé par les hommes. Elle incarne la voix des femmes et des réformes inclusives.
Au-delà des profils, les enjeux sont immenses. La FEMAFOOT traverse une crise institutionnelle profonde, marquée par des démissions en série et des polémiques judiciaires. Le futur président devra restaurer la crédibilité de l’instance, mettre en place une feuille de route claire et assurer une gestion transparente. La gouvernance est au cœur des attentes, avec une exigence de réformes profondes pour éviter les dérives du passé et redonner confiance aux acteurs du football.
Sur le plan sportif, l’urgence est manifeste. Les Aigles du Mali n’ont jamais remporté la Coupe d’Afrique des Nations, malgré plusieurs générations talentueuses. Le rêve demeure intact, mais les échecs répétés ont fragilisé la confiance des supporters. Le futur président devra définir une politique technique cohérente, renforcer les infrastructures et mobiliser les ressources nécessaires pour hisser le Mali au sommet du football africain.
L’autre défi est mondialiste : la qualification pour la Coupe du monde, jamais atteinte par le Mali. Cet objectif exige une vision ambitieuse et une stratégie à long terme. Le futur président devra investir dans la formation, améliorer la compétitivité des clubs et instaurer une synergie entre les acteurs du football. Une qualification mondiale serait une consécration historique et un symbole de réussite nationale, capable de transformer les rêves en victoires.
Ainsi, le scrutin du 16 avril ne sera pas une simple formalité. Il s’agit d’un moment décisif pour l’avenir du football malien. Les quatre candidats incarnent des profils variés, entre expérience de terrain, héritage sportif, engagement journalistique et plaidoyer pour la gouvernance. Les électeurs devront choisir celui ou celle qui saura répondre aux urgences institutionnelles et sportives. Le Mali attend un président capable de transformer les ambitions en résultats, sur le continent et au-delà.
Ibrahim Kalifa Djitteye
