En résidence surveillée depuis le coup de force du 24 mai : Bah N’Daw et Moctar Ouane en liberté

L’ex-président de la transition Bah N’ Daw et son premier ministre Moctar Ouane, en résidence surveillée depuis leur destitution le 24 mai 2021, par le vice-président de l’époque, le colonel Assimi Goïta, viennent d’obtenir la levée de cette mesure. Cela fait suite à des démarches de bons offices du comité de suivi de la transition.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a annoncé, le vendredi 27 août 2021, la levée des mesures de restriction de la liberté imposées à l’ancien président de la transition Bah et son premier ministre Moctar Ouane, après le e deuxième coup de force de la junte militaire le 24 mai dernier.

Une liberté retrouvée, après de nombreuses de démarches de bons offices du comité local de suivi de la transition (CLST), médiatrice dans la crise malienne, composé de représentants de la Cédéao, de l’Union africaine et de la mission des Nations unies. Cet organe a été mise en place après le premier coup d’état du 18 août 2020, pour suivre le processus de la transition, mais le comité de suivi de la transition a tenu à ne baisser le bras dans toute action qui permettra au Mali de retrouver sa stabilité.

C’est pourquoi, dans son communiqué, le CLST s’est « félicité de la décision du gouvernement de lever toutes les mesures restrictives concernant l’ancien président de la transition, SEM Bah N’Daw, et l’ancien premier ministre, M. Moctar Ouane. »

Ces deux responsables de la première transition étaient surveillés par des hommes en armes à leur domicile depuis leur évincement le 24 mai dernier. Cette situation a fait qu’ils n’avaient pas la liberté de sortir ou de recevoir des visites. C’est ce qui avait d’ailleurs conduit leur avocat, Maître Mamdou Ismaila Konate à saisir la cour de justice de la Cedeao concernant cette situation que vivent désormais ses clients.

La Cour de justice de la Cedeao saisie par l’avocat des deux hommes

Pendant que les autorités de transition indiquent une mesure pour leur propre sécurité, l’avocat de Bah N’Daw et de Moctar Ouane, Maître Mamdou Ismaila Konate plaide devant la cour de justice de Cedeao, le non légalité du maintien de ses clients en résidence surveillée, après de trois mois de leur renversement. En effet, l’instance de juridiction sous régionale a, après sa saine, ordonné à l’exécutif malien de donner une suite à la requête de l’avocat concernant le maintien des deux hommes en résidence surveillée. Selon une source de Rfi, cette requête a fait peur aux autorités de la transition qui cherchaient, sans succès, à proroger cet ultimatum de la Cour de justice de la Cedeao.

Des menaces pour la stabilité de la transition 

Après la décision Maître Mamdou Ismaila Konate a rassuré que ses clients vont bien. « Mes clients vont très bien. J’ai parlé à l’un et à l’autre. Je me suis réjoui de leur état d’esprit. C’est toujours une très bonne chose de se savoir libre, de se savoir en plénitude de ses droits et d’exercer aussi la liberté » a-t-il indiqué malgré que les deux hommes ne se soient pas encore publiquement exprimés. Mais les autorités de la transition n’ont pas caché leurs inquiétudes quant à la bonne marche de la transition. Tout en manifestant que le gouvernement « se félicite de l’issue heureuse des démarches menées par ledit comité ayant abouti à la décision d’une levée des mesures de surveillance… », Ils ont « souligné la nécessité du respect des engagements pris par les acteurs concernés à faire preuve d’esprit de responsabilité, d’attachement à l’intérêt national, au respect de la loi et de s’abstenir de toute action pouvant impacter le bon déroulement de la transition ».

Une recommandation qui semble attester les raisons du maintien des deux hommes d’Etat en résidence surveillée depuis leur renversement. Il s’agissait donc de les empêcher de vouloir profiter chacun de leur pouvoir pour encore essayer de déstabiliser ce pays. Sachant que ce deuxième coup de force en moins d’une année au Mali, a été diversement apprécié tant sur le plan interne qu’international, toute nouvelle crise pourrait remettre le pays à genou. D’ailleurs, c’est ce qu’a souligné le président de l’association malienne de droit constitutionnelle, le Professeur Touré, lors de la journée d’échange entre la cour constitutionnelle et la presse la semaine dernière. Selon lui, le Mali ne survivra pas à une nouvelle crise.

Issa Djiguiba

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