Les avocats du journaliste Chahana Takiou, Directeur de publication du bihebdomadaire ‘’22 Septembre’’ ont déposé, le 19 juin dernier auprès du pôle anti-cybercriminalité, une demande de libération provisoire. Cette démarche s’explique du fait que le professionnel, en détention depuis le 8 juin dernier à la Maison centrale d’arrêt de Bamako, a des problèmes de santé. La demande sera examinée ce lundi par le pôle national de lutte contre la cybercriminalité en présence du prévenu.
Pour s’être prononcé sur la justice, Chahana Takiou a été interpellé et placé sous mandat dépôt en date du 8 juin dernier par le Pôle National de Lutte contre la cybercriminalité. Vu l’état de santé du Directeur de publication du bihebdomadaire ‘’22 Septembre’’, ses avocats ont saisi le pôle anti-cybercriminalité. Cette affaire est partie des propos tenus par M. Takiou au cours du Forum Panafricain des Médias. Une rencontre à l’occasion de laquelle il a souligné l’inapplication de la loi N°00-046/AN-RM du 7 juillet 2000 portant régime de la presse et délit de presse aux hommes de médias, présentement arrêtés et mis en prison par la justice sur la base de la loi régissant le suber espace. Il s’est interrogé à savoir si les juges ne sont-ils pas en train de violer les textes à ce niveau.
Selon les informations, Chahana Takiou « est diabétique et souffre de problèmes cardiovasculaires. L’environnement carcéral ne lui est pas propice en ce moment ». Également, il avait un rendez-vous médical prévu de longue date le 10 juillet, alors que son procès doit avoir lieu le 27. Conscients de la « santé fragile » du journaliste, ses avocats ont déposé le 19 juin une demande de libération provisoire auprès du pôle judiciaire anti-cybercriminalité. Ils attendent désormais qu’une date soit fixée pour l’examen de cette requête. Selon les indiscrétions, il ressort qu’en dépit de son état de santé fragile, le journaliste garde toujours le moral très haut grâce aux nombreux soutiens de sa famille et de ses confrères.
Sa demande de liberté provisoire sera examinée ce lundi en sa présence.
D’autres journalistes mis en prison
Chahana Takiou n’est pas le seul journaliste mis en prison. M. Abdrahamane Keita, un autre journaliste et Directeur de publication du ‘’ le Témoin’’ a été également placé sous mandat de dépôt par le pôle anti-cybercriminalité, le 9 juin. Il s’était, lors de l’émission ‘’Grand jury’’ de Renouveau TV, exprimé sur l’administration de la ville de Kidal par les rebelles. Face à la situation, toute la presse malienne s’est tenue debout pour la libération de M. Takiou et Keïta. La Maison de la presse, rassemblant toutes les associations des professionnels des médias, s’est fixée pour objectif de faire libérer par les moyens légaux les deux journalistes et un troisième, Youssouf Sissoko, directeur de publication de ‘’L’Alternance’’ déjà condamné à deux ans de prison ferme, pour publication d’un article mettant en doute des déclarations d’Abdourahamane Tiani, lorsque ce Président nigérien avait accusé, en janvier dernier, ses homologues du Bénin, de la France et de la Côte d’Ivoire d’être impliqués dans une attaque de l’État islamique à Niamey. La Maison de la presse, chapeautée par M. Bandiougou Danté, multiplie en tout cas les démarches pour obtenir la libération des journalistes.
Mamadou Diarra
