Découpage territorial : Ouéléssebougou réclame son « érection » en cercle

Érigé depuis 1959 en Arrondissement, Ouéléssebougou, une localité sise à 80km de Bamako, dit « niet » au projet de réorganisation territoriale proposé par les autorités transitoires. Avec une superficie de 1.117 km², et une population de 50.585 habitants, cet arrondissement réclame son « érection » en cercle. C’était à la faveur d’un point de presse tenu le weekend dernier.  

Tenu en présence de Niankoro Yeah Samaké, président d’honneur du parti pour l’action civique et patriotique (PACP) en compagnie de Bakary Samaké, maire d’Ouéléssebougou et d’autres personnes, cet évènement visait à clarifier la position des habitants sur le projet de découpage administratif. En effet, Ouéléssebougou s’oppose au projet de découpage publié par les autorités transitoires et se dit « prêt » à lutter pour son érection en cercle.

« Nous ne sommes pas du tout contents de ce projet de découpage. Depuis très longtemps, ce problème d’ériger Ouéléssebougou en cercle reste en suspens. Il faudra alors que les autorités revoient cette décision », a entonné Daba Samaké, représentant du chef de village, dans ses mots de bienvenue au public. L’histoire de découpage en cours a commencé en 2012 sous le régime d’ATT. A cette époque, explique le président d’honneur du PACP, la loi n°017 a autorisé la création de 11 nouvelles régions au Mali. Pour ce faire, des concertations ont eu lieu à Sikasso ainsi qu’à Bougouni en 2018.A cette époque, dit-il, l’association pour le développement de la nouvelle région de Bougouni dont j’étais membre avait pour but de faire de Bougouni une région de référence. Pour atteindre cet objectif, l’association a sollicité l’érection de Ouéléssebougou en cercle, en plus de Kolondiéba et de Yanfolila, a-t-il rappelé. « Nous avons convenu de cela, et le document a été, à l’époque, aussi transmis aux autorités compétentes qui l’ont approuvé », affirme Yeah Samaké tout en soulignant que les responsables de Ouéléssebougou ont d’abord cherché à privilégier le dialogue. Cela, en saisissant le CNT et le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation afin d’échanger sur ce problème. « Avec une superficie de 1.117km² environ, et une population de 50.585 habitants, Ouéléssebougou regorge, de nos jours, toutes les potentialités pouvant lui permettre d’être un cercle », a précisé Niankoro Yeah Samaké avant d’insister sur les atouts de Ouéléssébougou : « Nous avons cinq (5) lycées privées et un lycée public, un centre d’animation pédagogique, une usine d’engrenage de coton de la CMDT, une centrale d’énergie solaire hybride, un centre de protection civile, un commissariat de police, une brigade territoriale de la gendarmerie nationale, un tribunal de première instance couvrant Sélingué et Sanankoroba, deux banques commerciales ».

À cela, poursuit le conférencier, s’ajoute le trafic intense en toute saison par la RN7 vers Sikasso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria, le Burkina Faso et la Guinée dont profite cette partie du pays. Et d’ajouter : « Nous, habitants des communes de Ouéléssebougou, Faraba et Sanankoro Djitoumou, prenons acte des propositions issues des travaux relatifs à la réorganisation territoriale. Des ateliers régionaux de restitution ont été organisés dans toutes les régions en vue d’expliquer les choix et orientations du gouvernement aux populations afin de recueillir leurs recommandations ».

Pour l’opérationnalisation des nouvelles régions et du district de Bamako, les concertations tenues en 2018 ont confiné à l’érection d’Ouéléssebougou en cercle. La commission nationale de la réorganisation territoriale s’est inspirée, selon M. Samaké, des conclusions des recommandations de 2018. Les populations se demandent comment cette disposition légitime d’ériger Ouéléssebougou en cercle a changé alors que la localité répond aux critères de populations, à ceux de superficie, les critères sociologiques et de viabilité économique, s’interroge-t-il. Estimant que les autorités corrigeront certainement l’erreur commise via le présent projet, les populations ont, via une déclaration lue par Niankoro Yeah Samaké, demandé « le maintien du choix de Ouéléssebougou en tant qu’entité cercle conformément aux recommandations de 2018 ».

Au nom du maire Bakary Samaké, Noko Samaké, 1er adjoint de la mairie a sollicité à ce que le gouvernement transitoire remette Ouéléssebougou dans son « dû ».

De côté des jeunes, Abdoulaye Camara déclare : « La jeunesse ne lâchera pas cette lutte. Mais on reste, pour l’instant, derrière les vieux. Même s’il faut passer par la violence, on le fera pour cette victoire ». Quant à Mariam Diawara, porte-voix des femmes, « ces dernières ne dorment plus à cause de cette nouvelle qu’augure un recul pour l’avenir des jeunes ».

Mamadou Diarra envoyé spécial

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