Définitivement acquitté le 31 mars dernier, de « crime contre l’humanité », « crime de guerre », l’ivoirien Charles Blé Goudé sera aujourd’hui, lundi 13 décembre, devant les juges de la Cour pénale internationale. Cette fois ci pas en tant qu’accusé mais plutôt pour demander des réparations.
Charles Blé Goudé est attendu devant les juges de la CPI, lundi, où il va défendre le dossier de réclamations de compensations financières qu’il a introduit quelques semaines après son acquittement définitif. En effet, l’ex-chef des Jeunes patriotes réclame à la Cour 819 300 euros de compensations pour les années passées en détention préventive depuis son transfèrement à La Haye le 22 mars 2014.
Par ailleurs, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples – COJEP affirme dans sa requête que sa carrière politique était promise à un bel avenir, « s’il n’avait pas passé ses années les plus productives en détention » pour une affaire « entachant irréversiblement sa réputation », rapporte Radio France Internationale. Dans le même rapport, l’ancien ministre de Laurent Gbagbo indique que les années qu’il a passées « à des milliers de kilomètres de sa famille et sans revenus ». Il réclame en effet, 819 000 euros, soit 300 euros par journée passée dans la prison de Scheveningen, ou à défaut 381 900 euros, depuis que le procureur a bouclé la présentation de ses témoins, début 2018, indique l’article du média français. Pour tous ces préjudices, l’ancien co-détenu de Laurent Gbagbo demande cette compensation financière qu’il a promis de verser en partie aux victimes de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.
Cependant, selon des observateurs, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples – COJEP, Charles Blé Goudé a dans le fond, peu de chance de gagner ce procès. Car le procureur de la CPI soutient, en effet, qu’il n’y a pas eu d’erreur judiciaire dans l’affaire. Pour l’accusation, « le dossier du procureur était complexe et largement basé sur des preuves circonstancielles. Mais la majorité des juges au procès et en appel, en dépit de ses critiques, n’a pas établi qu’il y ait eu une quelconque erreur judiciaire ». Mieux, l’accusation a rappelé qu’en son temps, deux des cinq juges de la Cour avaient même suggéré d’annuler toute la procédure et de reprendre un nouveau procès, indique nos confrères du « Lenouvelafrik ».
Selon RFI, en réclamant des compensations, Charles Blé Goudé donne l’opportunité au procureur de défendre son travail. « Dans son mémoire, l’accusation affirme avoir interrogé 157 témoins, récolté des milliers d’archives gouvernementales, dont celles des ministères de la Police, de l’Intérieur et de la Défense, ainsi que celles retrouvées au palais présidentiel et à la résidence de l’ex-chef d’État », rapporte le média.
Ibrahim Djitteye
