En détention depuis nombre 2024 à cause du conflit fiscal opposant leur entreprise au gouvernement du Mali, quatre responsables de Barrick mining restent toujours en prison à la maison centrale d’arrêt de Bamako, capitale du Mali. La tentative de leur libération s’est soldée par l’échec.
Ils ont été arrêtés puis coffrés en nombre 2024 avant l’émission d’un mandat d’arrêt contre le PDG de la société canadienne chargée de l’exploitation de l’or au Mali depuis des années, en l’occurrence Mark Bristow. Des démarches ont été, selon les informations, entreprises aux fins d’obtenir la libération provisoire des responsables en cause. Sauf que la demande faite par les avocats n’a pu déboucher sur leur libération. Selon les informations, le parquet malien, chargé du dossier, a fait appel de la décision du juge de libérer sous caution les quatre employés de Barrick Mining. En la matière, a-t-on appris, les avocats de la défense avaient introduit un recours en appel. Ils n’ont pas pu obtenir, courant juillet dernier, gain de cause auprès de la juridiction chargée du dossier. Il sied de retenir que ce conflit fiscal a permis au gouvernement de la transition d’avoir une main mise sur le site aurifère qui était exploité par Barrick mining au niveau de Loulo-Gounkoto. Ce site est l’une des plus grandes mines d’or de l’Afrique. Après avoir alors gagné la bataille judiciaire qui a été amorcée devant la justice de Bamako, le gouvernement a pu mettre en place une administration qui est désormais chargée de gérer provisoirement ce site géant du pays. Ladite équipe, pilotée par un Malien, s’est d’ailleurs mise au travail depuis quelques moments. La vente d’une quantité importante de l’or avait été annoncée à moment donné pour le démarrage effectif des activités de ce site. Selon les indiscrétions, l’emprisonnement des responsables de Barrick mining est simplement consécutif au présent conflit fiscal. Dans cette affaire, les responsables à travers la société canadienne seraient accusés de « blanchiment de capitaux et de malversation financière ». L’entreprise est censée payer plusieurs milliards de F CFA d’impôts « impayés » à l’Etat. Rappelons que le nouveau code minier en vigueur au Mali a été adopté en 2024. Il a permis d’augmenter la participation du Mali dans les projets miniers à hauteur de 35 %. Courant juin 2025, le Mali a pu saisir le complexe minier aurifère de Loulo-Gounkoto. Il a nommé un directeur intérimaire pour six mois. Au cours de ce conflit fiscal, doit-on rappeler, les autorités de transition ont pu bloquer les exportations d’or de Barrick mining durant plusieurs mois. Par conséquent, des bureaux appartenant à la société ont été fermés à Bamako, de même que les activités suspendues.
Mamadou Diarra
