Après plusieurs années marquées par des difficultés persistantes dans l’accès à l’électricité et à l’eau potable, le Mali connaît depuis quelques jours une amélioration perceptible de la fourniture de ces deux services essentiels. À Bamako comme dans plusieurs localités, les populations constatent une meilleure disponibilité de l’électricité et une amélioration progressive de l’approvisionnement en eau.
Pendant longtemps, l’électricité et l’eau ont figuré parmi les principales préoccupations quotidiennes des Maliens. Les longues périodes de délestage ont lourdement affecté les ménages, les entreprises et même les services publics, tandis que les perturbations de l’approvisionnement en eau touchent également plusieurs quartiers, particulièrement dans le District de Bamako.
La situation semble connaître une évolution particulière depuis quelques jours, voire, semaines. De nombreux citoyens se réjouissent actuellement d’une amélioration considérable de la fourniture électrique, comme en témoignent les différentes réactions positives sur les réseaux sociaux. Certains internautes, ayant longtemps dénoncé les coupures répétées, commentent désormais avec humour le retour d’une alimentation électrique plus régulière « couper maintenant le courant, on en veut plus » ou « il y’a quel problème ? On a de l’électricité toute la journée… » Sont entre autres certaines réactions sur les réseaux sociaux. Au-delà de leur dimension parfois ironique, ces réactions illustrent une perception nouvelle d’une situation considérée comme sans issue.
Il faut noter que cette amélioration intervient après une série de mesures prises par les autorités qui ont décidé de s’attaquer aux causes profondes de la crise. Un ensemble d’actions combinant réponses d’urgence, réformes de gestion et investissements structurants a été alors posé dans le secteur.
L’État a d’abord renforcé son accompagnement d’Énergie du Mali (EDM-SA), confrontée à des difficultés financières, à une insuffisance de capacités de production et à une forte dépendance aux centrales thermiques. Des appuis financiers ont été mobilisés afin de maintenir l’activité de l’entreprise et préserver la continuité du service public.
L’approvisionnement en carburant des centrales a également fait l’objet d’un dispositif particulier. Dans un contexte de crise sécuritaire toujours persistante, les convois de carburant destinés à EDM-SA ont été placés sous une forte escorte des Forces armées maliennes afin de garantir leur transport sécurisé jusqu’à destination. Ce mécanisme, au-delà de l’acheminement sécurisé des hydrocarbures, a aussi permis de renforcer le contrôle des livraisons grâce à un meilleur suivi des volumes transportés et réceptionnés.
En parallèle, plusieurs autres actions techniques telles que la maintenance des équipements existants, la réhabilitation de certains groupes de production, la mobilisation de capacités supplémentaires et l’amélioration de la gouvernance d’EDM-SA ont été instaurées par les plus hautes autorités de la transition.
A ces mesures s’ajoutent également des investissements conséquents dans des projets d’énergies renouvelables, notamment le solaire, et dans des infrastructures destinées à renforcer le réseau de transport et de distribution.
Ainsi le chantier des centrales solaires de Sanankoroba, Safo et Tiakadougou-Dialakoro pour une capacité totale de 400 mégawatts (MW) verra le jour avec pour objectif, contribuer à l’amélioration durable de l’offre énergétique au Mali.
Dans le domaine de l’eau, les autorités ont également engagé des mesures fortes pour améliorer la capacité de production et de distribution de la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP-SA). La crise électrique ayant directement affecté certaines installations hydrauliques, des solutions ont été réfléchies pour sécuriser le fonctionnement des équipements stratégiques, notamment à travers le renforcement de l’autonomie énergétique de certaines stations de pompage.
Des actions qui contribueront à améliorer progressivement la desserte en eau dans plusieurs zones du District de Bamako. Parallèlement, le gouvernement prépare des investissements structurants pour accompagner la croissance démographique et l’augmentation de la demande. Parmi ces projets figurent notamment le développement de nouvelles capacités de traitement et l’amélioration des réseaux de distribution.
Dans un contexte économique difficile, la contribution nationale à travers le fonds de souveraineté a eu un impact considérable pour l’atteinte des objectifs.
Le gouvernement s’est appuyé sur l’organe législatif de la Transition (CNT), pour adopter plusieurs textes relatifs aux financements des infrastructures énergétiques et hydrauliques. Ces décisions ont permis de créer un cadre favorable à la mise en œuvre de projets destinés à renforcer les capacités nationales réduisant les dépendances extérieures.
L’ambition à court terme est de parvenir à une stabilisation durable de la fourniture d’électricité avant la fin de l’année 2026.
Sans signifier la fin définitive des difficultés, cette évolution des dernières semaines constitue un signal d’espoir du plan de redressement savamment mis en place par les plus hautes autorités de la Transition.
Issa Djiguiba
