Sahel Institute, avec le soutien du National Endowment for Democracy, a organisé du 24 au 25 mars 2026, une conférence nationale consacrée à la lutte contre la désinformation et au renforcement de la résilience démocratique au Mali. Placée sous le thème : « Réduire l’impact de la désinformation : comprendre ses mécanismes et renforcer l’engagement des jeunes », cette rencontre a constitué un cadre d’échanges et de réflexion sur un enjeu majeur de notre époque.
Pendant deux jours, de jeunes leaders, des acteurs de la société civile, des journalistes, des chercheurs, ainsi que des représentants des autorités et des partenaires ont pris part aux discussions.
Selon le Directeur exécutif de Sahel Institute, Moussa Kondo, la désinformation dépasse désormais la simple diffusion de fausses informations. Elle représente aujourd’hui une menace sérieuse pour la stabilité des institutions, la cohésion sociale et la paix.
« Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, des tensions communautaires et une confiance parfois fragilisée entre citoyens et institutions, la désinformation agit comme un véritable catalyseur de crise. Elle influence les perceptions, alimente les incompréhensions et compromet les efforts de cohésion sociale », a-t-il souligné dans son allocution.
Face à cette réalité, Moussa Kondo appelle à une mobilisation collective, structurée et lucide, en mettant un accent particulier sur la jeunesse. En effet, bien que les jeunes soient fortement exposés à la désinformation et puissent parfois en être des relais, ils représentent surtout un levier puissant de transformation. Informés, outillés et engagés, ils peuvent devenir des porteurs de vérité, des promoteurs du dialogue et des artisans de paix.
Cette conférence avait ainsi pour objectif de mieux comprendre les mécanismes de la désinformation, y compris ses influences externes, d’analyser ses impacts sur la gouvernance et la cohésion sociale, mais aussi de co-construire des solutions concrètes adaptées aux réalités locales. Au-delà des échanges, elle se veut un véritable espace d’action, de collaboration et d’engagement collectif.
Le directeur exécutif a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance envers le National Endowment for Democracy pour son appui constant.
Au Mali, la désinformation est de plus en plus utilisée pour fragiliser la confiance dans les institutions démocratiques, notamment les commissions électorales, le système judiciaire et les médias. Elle peut également servir à manipuler les processus électoraux, influencer la participation citoyenne, légitimer certains régimes à travers des campagnes de propagande ou encore exploiter les clivages sociaux liés à l’ethnicité, à la religion, au genre ou à l’insécurité. Dans certains cas, elle s’inscrit dans des stratégies géopolitiques portées par des acteurs étatiques ou non étatiques.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
