Cinq ans après la disparition du journaliste Adam Thiam, la Maison de la Presse a rendu hommage à cette figure emblématique de la presse malienne. Autour de sa famille, de ses confrères et de nombreux acteurs des médias, une cérémonie sobre mais pleine d’émotion a permis de rappeler son héritage, marqué par l’humanisme et la rigueur. La présentation de son ouvrage Cri Pendulaire a été le point fort de cette commémoration.
Adam Thiam, chroniqueur respecté et chef de la cellule de communication de la Présidence de la République, s’est éteint le 18 mars 2021 à l’hôpital du Point G, à l’âge de 67 ans. Sa disparition avait laissé un vide immense dans le monde de la presse, qui se considère depuis comme orphelin de l’un de ses meilleurs fils. Cinq ans plus tard, le souvenir reste vivace, et la cérémonie d’hommage a été l’occasion de rappeler l’importance de son héritage intellectuel et professionnel.
Au cœur de cette commémoration, la présentation et la distribution de son ouvrage posthume, Cri Pendulaire, préfacé par l’ancien président Dioncounda Traoré, ont constitué un moment fort. Ce livre, fruit d’une longue gestation, témoigne de la profondeur de sa pensée et de son engagement pour une Afrique debout et confiante en son avenir. Dans ses pages, Adam Thiam rend hommage à une jeunesse courageuse, symbole d’espoir et de renouveau.
Le président de la Maison de la Presse, M. Bandiougou Danté, a pris la parole pour rappeler la stature de l’homme et du professionnel. Il a déclaré : « Cette cérémonie que nous avons voulu sobre, une fois qu’on a nourri l’idée, toute la presse s’est mobilisée. Cela témoigne de la qualité et du nombre des hommes des médias dans cette salle. Adam mérite bien cela. Nous devons faire en sorte que tous nos aînés qui ont marqué cette presse, qu’il y ait des activités qui font qu’on ne les oublie jamais. » Ses mots ont résonné comme une promesse de mémoire et de transmission.
La cérémonie, voulue simple, a pourtant rassemblé une foule nombreuse, preuve de l’attachement de la presse malienne à celui qui fut un modèle de rigueur et d’intégrité. Les témoignages poignants se sont succédé, retraçant le parcours d’un homme dont la plume savait allier critique et humanisme. Son fils et les membres de sa famille, présents à l’événement, ont reçu les marques de sympathie et de respect de toute une corporation.
Au-delà des hommages, l’événement a soulevé une réflexion sur la nécessité de perpétuer la mémoire des grandes figures de la presse nationale. Cette volonté traduit une exigence de reconnaissance et de continuité dans un métier où la mémoire collective est un pilier de l’identité professionnelle.
Adam Thiam n’était pas seulement un journaliste ; il était un penseur, un chroniqueur dont les analyses éclairaient les débats publics. Sa plume, parfois tranchante, toujours juste, portait une vision humaniste et engagée. En célébrant son œuvre et en diffusant son livre, la Maison de la Presse a voulu rappeler que l’écriture demeure un outil de résistance et de construction citoyenne.
Cinq ans après sa disparition, l’héritage d’Adam Thiam continue d’inspirer. Son parcours rappelle aux jeunes journalistes que la presse n’est pas seulement un métier, mais une mission au service de la vérité et de la société. L’hommage rendu le 18 mars 2026 n’était pas seulement un acte de mémoire, mais un appel à poursuivre son combat pour une presse libre, responsable et profondément humaine.
Ibrahim Kalifa Djitteye
