Placés sous le thème « L’eau, source d’égalité », les travaux de la 34ème édition de la Journée mondiale de l’eau ont été officiellement lancés ce dimanche 22 mars 2026 au Centre International de Conférences de Bamako (CICB). C’était sous le haut patronage du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, qui était représenté par le Général de Division Abdoulaye Maïga, chef du Gouvernement. Pour l’occasion, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, le Pr. Tiémoko Traoré a tenu à donner des détails sur les efforts en cours pour la fourniture de l’eau potable aux Maliens.
La cérémonie de lancement a enregistré la présence de Mme Selly Ouane, représentante de la société civile, Dr. Corrina Fricke, ambassadeur de la Fédération d’Allemagne, cheffe de file des partenaires techniques et financiers… Dans son discours d’ouverture, le ministre Traoré a rappelé que cette journée est commémorée le 22 mars de chaque année, offrant un moment de réflexion collective. Ainsi, l’édition 2026 met l’accent sur l’importance de l’eau et de l’assainissement dans le cadre de l’égalité des sexes. Et le Pr. Tiémoko Traoré de rapporter que l’eau n’est pas seulement une ressource naturelle, elle est aussi une ressource indispensable à la vie, à la santé publique, à la sécurité alimentaire et au développement socio-économique. L’accès à l’eau demeure marqué par des enjeux cruciaux de collecte et de gestion. Les femmes et les filles en assurent un rôle important. Elles garantissent l’usage quotidien de l’eau pour l’hygiène, la cuisine et les soins domestiques. Reconnaître leur rôle est, d’après le ministre, indispensable pour l’équité, la dignité et la résilience des communautés. La célébration de cette journée rappelle que l’accès à l’eau, un droit fondamental consacré par la Constitution, revêt aussi un enjeu de justice et d’égalité sociale. Faire de l’eau une source d’égalité, c’est transformer les rapports de participation et de décision, en reconnaissant que l’expertise existe aussi dans les pratiques quotidiennes et dans l’expérience vécue des femmes et des filles. Dans un contexte marqué par une croissance démographique rapide, une urbanisation accélérée et les effets croissants du changement climatique sur les ressources en eau, la gestion durable de l’eau devient, selon lui, plus stratégique que jamais. Sa gestion doit être concertée, inclusive et durable afin de prévenir les tensions et de garantir son accès équitable pour tous les usages.
Le taux d’accès au service de l’eau potable en 2026 au Mali
Selon le ministre, le Président de la Transition a placé la souveraineté hydrique au cœur des priorités nationales. Au-delà des grands chantiers engagés par le Gouvernement, ses (Président Goïta) œuvres sociales, centrées sur l’amélioration des services sociaux de base, ont permis la réalisation de centaines de systèmes d’adduction d’eau potable dans toutes les régions du Mali, transformant concrètement les conditions de vie des populations. « En 2026, le taux d’accès au service de l’eau potable atteint 75,4%. Cette avancée remarquable traduit les efforts remarquables du Gouvernement, sous le leadership du Premier ministre et témoigne de l’engagement constant des partenaires techniques et financiers ainsi que de l’ensemble des acteurs du secteur. L’eau devient ainsi un symbole de progrès, de justice sociale et de résilience nationale, portée par une vision Inclusive et durable au service de tous les Maliens », a-t-il dit, soulignant qu’assurer la disponibilité d’une quantité et d’une qualité d’eau acceptables et accessibles à tous est au cœur de la politique sectorielle de son département.
Des projets structurants pour la fourniture d’eau aux Maliens
Aux dires du Pr. Tiémoko Traoré, des projets structurants sont en cours dans le cadre de l’approvisionnement des villes en eau potable. Il s’agit du renforcement et de l’extension du service d’eau potable à Bamako, Kayes, Tombouctou, Gao, ainsi que l’étude de projets dans 22 centres secondaires ; des mesures d’urgence pour renforcer la production et la distribution d’eau potable dans les centres de Koulikoro, Ségou, Kati, Kangaba, Djenné, Gao, Nioro du Sahel et Sikasso ; de la réalisation de plus de 4 000 nouveaux points d’eau modernes et du renforcement de plus de 700 ouvrages existants dans le périmètre hors concession. À cela s’ajoutent les projets de suivi et de connaissance des ressources en eau ; celui du renforcement de la production hydroélectrique…
L’eau, une ressource qui relie les territoires, les générations, et les activités humaines
Via cette journée, il s’agit pour les participants de réaffirmer une exigence de cohérence dans leurs politiques publiques, de réaffirmer une exigence d’écoute des réalités vécues par les femmes, voire d’exiger de responsabilité pour l’atteinte de résultats concrets. Pour sa part, le ministre dira que l’eau relie les territoires, les générations et les activités humaines. Elle peut être un facteur de justice et de stabilité, mais elle n’est pas perçue de la même manière par tous. Pour les agriculteurs, elle est synonyme de production et de sécurité alimentaire. Pour les éleveurs, elle conditionne la survie du cheptel et la mobilité pastorale. Quant aux personnes déplacées internes et les habitants des quartiers périphériques urbains, elle est une question vitale. À ces perceptions différentes, s’ajoute un défi majeur, celui du financement du secteur de l’eau. Sans une gestion efficiente des ressources financières, il est impossible de garantir une gestion inclusive, durable et équitable, a-t-il dit dans son discours.
Mamadou Diarra
