Après la classe politique, la Commission de rédaction de la nouvelle constitution (Crnc) était devant la société civile, hier jeudi 28 juillet 2022 au Cicb. Une rencontre qui entre toujours dans le cadre des consultations des forces vives de la nation pour l’élaboration de l’avant-projet de la nouvelle constitution. Après les échanges, le président de la commission, M. Fousseyni Samaké, s’est réjoui de la bonne moisson en termes d’idées au profit de la nouvelle constitution.
A la différence de la rencontre avec la classe politique le 26 juillet dernier, l’engouement était encore plus grand lors de la rencontre avec la société civile. Les représentants des sept organisations de la société civile invitées, à savoir les associations ; les centrales syndicaux (Untm, Cstm, Cdtm) ; les syndicats autonomes ( SAM, Synac, Synec) ; les ordres professionnels (ordre des notaires, ordre des architectes, CMC, Cnpm, Bureau malien du droit d’auteur…) ; les groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger (CMA, Plateforme) ; le mouvement de l’inclusivité et les faîtière de la presse (Maison de la presse, Gpac, Urtel…) ont été pratiquement pris par le temps, tellement les propositions étaient riches, variées et pertinentes. « Une bonne moisson en termes d’idées », a indiqué le président de la commission de rédaction, M. Fousseyni Samaké, après les échanges.
Bien que certaines préoccupations sont encore revenues, telles que la contrainte de temps, la pertinence et la nécessité d’une nouvelle constitution, beaucoup de propositions d’amélioration ont été par ailleurs faites. Elles concernaient entre autres l’éducation, la santé, la langue et la monnaie nationale, les us et coutumes, la valorisation des autorités traditionnelles, le multipartisme ainsi que l’éthique et la déontologie des partis politiques, la gestion des ressources minières. Bref, tout ce qui permet à cette nouvelle constitution de répondre aux aspirations les plus profondes du peuple malien. Lors de cette rencontre, il a été également demandé par les participants d’accorder une place de choix dans cette nouvelle constitution à la citoyenneté et le patriotisme, afin de rendre au Mali tout son honneur et sa dignité dans le concert des nations.
Des questions de droits humains ont été également été soulignées. Des idées extrêmement importantes que le président de la commission ne s’est pas empêché de qualifier d’une « bonne moisson » au profit de la nouvelle constitution.
Pour ceux qui estiment que l’heure n’est pas à la rédaction d’une nouvelle constitution, le président a rappelé que de 1960 à aujourd’hui, le Mali a connu trois constitutions (en 1960, en 1974 et en 1992). Des changements qui sont tous intervenus après des grandes crises. Et aujourd’hui, selon le président, le Mali vit une crise politique et institutionnelle profonde qui avait déjà suscité des tentatives de révision de la constitution de 1992. Aussi, dit-il, ce qui a incité à la rédaction d’une nouvelle constitution plutôt que la révision précédemment réclamée, c’est que les dernières tentatives prévoyaient plus de 80 propositions de modification sur 121 articles. Il est donc plus judicieux, selon lui, de reprendre la constitution, plutôt que de rendre plus complexe sa compréhension avec de nombreuses autres modifications.
Issa Djiguiba
