En déplacement de travail à Washington D.C., le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, poursuit la stratégie engagée par les autorités maliennes pour faire de la diaspora un acteur à part entière du développement national. Au-delà de la rencontre avec les compatriotes vivant aux États-Unis, cette mission s’inscrit dans une dynamique plus large de mobilisation des compétences, des initiatives et des investissements maliens à l’étranger.
Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, est arrivé à Washington D.C. pour une visite de travail placée sous le signe de l’accompagnement et de la valorisation de la diaspora malienne. Son déplacement intervient dans un contexte où Bamako entend renforcer le lien entre les compétences établies à l’extérieur et les priorités économiques et sociales du pays.
À son arrivée dans la capitale américaine, le ministre a été accueilli par l’ambassadeur du Mali auprès des États-Unis d’Amérique, Sékou Berthé. La présence de l’ambassadeur du Burkina Faso, Kassoum Coulibaly, et de l’ambassadrice du Niger, Aïssatou Habi Baré, a également donné à cet accueil une dimension particulière.
Au-delà du protocole, cette présence diplomatique conjointe traduit l’esprit de solidarité qui unit les pays de la Confédération des États du Sahel, y compris auprès de leurs représentations et de leurs communautés établies à l’extérieur. À Washington, la diaspora constitue ainsi également un espace de rapprochement entre les communautés malienne, burkinabè et nigérienne et un cadre d’expression de cette coopération.
Le cœur de la mission demeure toutefois la valorisation du potentiel malien de l’extérieur. Les activités prévues doivent permettre d’échanger avec les compatriotes sur leurs préoccupations, leurs initiatives et les moyens de renforcer leur contribution au développement national. L’objectif est de dépasser progressivement une vision de la diaspora limitée à ses seuls transferts financiers, pour mieux valoriser son expertise, ses réseaux professionnels, sa capacité d’innovation et son potentiel d’investissement.
Cette orientation s’inscrit dans une stratégie déjà engagée par les autorités maliennes. Il faut noter que lors de la deuxième édition du Forum international de la diaspora, tenue à Bamako en juillet 2026, le gouvernement a placé l’investissement productif, le transfert de compétences et la création de mécanismes d’accompagnement au centre de ses priorités. Le forum a notamment mis en avant des secteurs tels que l’agriculture, l’énergie, les mines, le numérique, l’industrie et les services innovants. Des outils comme DiasporaHub, le Guichet unique Diaspora Invest et la Cellule TOKTEN ont également été annoncés afin de mieux connecter les compétences maliennes de l’extérieur aux besoins du pays.
Pour Mossa Ag Attaher, cette démarche s’inscrit dans une vision de faire de chaque Malien vivant à l’étranger une ressource potentielle pour la construction nationale. En juin dernier, le ministre avait rappelé l’importance stratégique accordée par les plus hautes autorités à la diaspora, considérée comme un acteur incontournable du développement, de la cohésion sociale et du rayonnement international du Mali.
La visite de Washington prolonge donc cette politique sur le terrain diplomatique et communautaire. Elle vise à rapprocher davantage l’administration des Maliens établis aux États-Unis, mais aussi à créer les conditions d’une participation plus structurée de cette communauté aux projets nationaux.
Issa Djiguiba
