Les travaux de lancement de la campagne de sensibilisation sur les dangers liés à la prolifération des armes légères et de petit calibre se sont tenus, jeudi 20 août, dans l’enceinte de la mairie du District de Bamako. C’était sous l’égide de M. Marc Dabou, chargé d’expédier les affaires courantes de la mairie du District de Bamako, qui avait à ses côtés le colonel Adama Diarra, Secrétaire permanent de la Lutte contre la Prolifération des Armes légères et de Petit Calibre (SP-CNLP), ainsi que les autorités traditionnelles, religieuses…
Prévue du 20 août au 20 septembre 2026, cette campagne aura lieu dans les six arrondissements du District de Bamako. Elle intervient dans un contexte où la question de la sécurité constitue une préoccupation majeure pour le pays et les citoyens. Elle traduit la volonté commune des responsables de renforcer la prévention, d’informer les populations et de mobiliser toutes les composantes de la société autour d’un objectif commun, celui de préserver la vie humaine, de protéger les communautés et de contribuer durablement à la paix et à la sécurité.
Dans son discours, le colonel Adama Diarra a rappelé que les armes, lorsqu’elles sont détenues et utilisées dans le respect de la loi et des règles établies, peuvent relever des missions légitimes de défense et de sécurité. Mais lorsqu’elles échappent aux circuits légaux, lorsqu’elles sont détenues par des personnes non autorisées ou lorsqu’elles alimentent la criminalité et la violence, elles deviennent une menace directe pour la société.
À l’assistance, il a souligné que la prolifération et la circulation illicite des armes peuvent favoriser la criminalité, les violences communautaires, le banditisme, les règlements de comptes, les violences basées sur le genre et de nombreuses autres formes d’insécurité. Dans un environnement urbain comme celui du District de Bamako, ses conséquences peuvent être particulièrement graves et lourdes. Une arme détenue ou transportée illégalement peut, en quelques instants, transformer une simple dispute en drame, exposer des familles entières à des risques et compromettre la tranquillité des quartiers.
C’est pourquoi, dira l’intervenant, la lutte contre la prolifération des armes ne doit pas être considérée comme la seule responsabilité des Forces de Défense et de Sécurité. Elle est une responsabilité collective. Elle concerne les autorités publiques, les élus locaux, les forces de sécurité, les chefs de quartiers, les leaders religieux et communautaires, les organisations de la société civile, les médias, les enseignants, mais aussi et surtout les citoyens eux-mêmes.
Inciter les citoyens à déposer volontairement les armes
De par cette initiative, il s’agira d’encourager les détenteurs illégaux à déposer volontairement leurs armes. « À travers cette campagne, nous voulons faire passer un message simple, mais fondamental : une arme illégalement détenue n’est jamais un facteur de sécurité. Elle constitue un risque pour son détenteur, pour sa famille et pour toute la communauté. Nous voulons également sensibiliser les populations sur les comportements à adopter face à la découverte ou à la présence d’armes dont l’origine ou la détention paraît suspecte. Il est essentiel de rappeler à chacun que signaler une arme illicite aux autorités compétentes, c’est contribuer à sauver des vies. C’est également participer à la prévention des actes criminels et au renforcement de la sécurité collective. »
Ainsi, la présente campagne devra donc privilégier la proximité et le dialogue. Elle ira à la rencontre des populations dans les différents quartiers des six communes du District de Bamako, afin que le message de prévention puisse atteindre toutes les catégories sociales. Aussi, ajoute M. Diarra, les responsables devront notamment accorder une attention particulière à la jeunesse.
Cette campagne sera l’occasion de renforcer la confiance entre les populations et les institutions chargées de leur protection. « Nous devons créer un environnement dans lequel chaque citoyen comprend que les autorités sont ses partenaires dans la prévention de l’insécurité. La lutte contre la circulation illicite des armes doit ainsi s’inscrire dans une approche globale combinant sensibilisation, prévention, contrôle, coopération entre les services compétents, implication des communautés et application effective de la législation nationale », a fait savoir le colonel, martelant qu’elle doit également s’inscrire dans le cadre des engagements internationaux du Mali en matière de lutte contre le trafic et la prolifération illicite des armes légères et de petit calibre.
Pour sa part, le chargé d’expédier les affaires courantes a reconnu que la sécurité n’est pas uniquement l’affaire des forces de défense et de sécurité. C’est une responsabilité collective et citoyenne, a précisé M. Marc Dabou, énonçant que d’importantes activités, notamment les causeries éducatives, les débats dans les grins et les tournois sportifs, seront organisées pendant la période impartie.
Rappelons que les activités sportives ont démarré aux environs de 16 heures sur le terrain de football de la Commune III du District de Bamako. C’est la première édition de la coupe organisée par le SP-CNLP.
Diarra Mamadou
