Quatre jours après leur libération, les 82 militaires maliens retenus en captivité depuis le 25 avril ont été présentés, le 17 août, au Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA. Lors de cette rencontre avec le chef suprême des Armées, les soldats ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur mission de défense du Mali et des Maliens avec la même détermination, malgré les épreuves. Les 82 ex-otages se sont même déclarés prêts à retourner sur le front.
Le 17 août 2026, les 82 militaires libérés le 13 août ont été reçus par le Président de la Transition et chef suprême des Armées, le Général d’Armée Assimi Goïta, après plusieurs mois d’épreuve. Au-delà d’une simple retrouvaille, cette rencontre a surtout permis de mesurer l’état d’esprit de ces hommes. Prenant la parole au nom de ses compagnons, le colonel Adama BAKAYOKO a réaffirmé leur disponibilité à reprendre leur place dans les rangs et, si possible, même à retourner au combat aux côtés de leurs frères d’armes sur le terrain. Une déclaration qui sous-entend clairement que la captivité n’a nullement entamé l’engagement des hommes.
Il faut noter que les 82 militaires avaient été retenus depuis les attaques du 25 avril 2026, qui avaient frappé simultanément plusieurs positions et localités du pays. L’État-Major général des Armées a confirmé, lors de l’annonce de leur libération, qu’ils étaient détenus par des groupes armés terroristes affiliés à la coalition JNIM/FLA. La hiérarchie militaire a également présenté cette libération comme l’aboutissement d’un processus engagé dès leur capture, fondé sur une planification rigoureuse et la mobilisation coordonnée des capacités nécessaires.
Une précision importante qui montre que l’objectif de l’État-Major général des Armées n’était pas simplement de récupérer ces militaires capturés, mais aussi de démontrer que leur sort demeurait une priorité de l’État. Une formule tout le temps, répétée par les responsables militaires, notamment qu’aucun soldat ne doit être abandonné sur le terrain.
Dans son allocution, le Chef d’État-Major général des Armées, le Général de Division Élisée Jean DAO, a souligné que les autorités maliennes n’avaient pas engagé de négociations avec l’ennemi, mais avaient plutôt réuni les conditions pour rendre la détention des militaires difficile pour leurs ravisseurs. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des instructions au plus haut sommet de l’État afin de mobiliser durablement les capacités militaires.
À noter que cette posture intervient dans un environnement où de fortes pressions demeurent sur le terrain. D’ailleurs, les attaques coordonnées du 25 avril se présentent comme l’un des épisodes les plus marquants, avec des opérations visant simultanément Bamako, Kati, Sévaré, Gao et Kidal.
Ainsi, le retour des 82 militaires ne signifie évidemment pas que la menace a disparu. Au contraire, elle demeure toujours complexe, longue et coûteuse.
Mais le plus important est que les épreuves ne semblent pas altérer la volonté des soldats de reprendre leur mission. Au-delà des 82 militaires libérés, le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de Division Oumar DIARRA, a rassuré que les autorités restent déterminées à poursuivre les efforts pour retrouver les militaires encore détenus ou portés disparus.
D’ici là, les 82 militaires revenus de captivité incarnent l’engagement et la détermination. Dans une guerre qui s’inscrit dans la durée, cette capacité à transformer une épreuve douloureuse en ressort supplémentaire de mobilisation est particulièrement importante. L’armée malienne, à travers cet engagement, reste prête, malgré les revers, à reprendre le combat et à contenir une menace qui continue de tester son existence.
Issa Djiguiba
