Au terme des rencontres d’échanges consacrées au bilan des cinq années de la Transition, le Général de Division Abdoulaye Maïga, chef du gouvernement a animé, jeudi 6 août dernier, un point de presse. Tenue à la Primature, la cérémonie a enregistré la présence des membres du gouvernement, les représentants des Institutions, les autorités religieuses, coutumières et responsables du monde médiatique. Opportunité qu’il a saisie pour mettre en lumière certaines actions et réalisations en passant par les perspectives du gouvernement.
Le 07 juin 2021, l’ex-colonel devenu plus tard Général d’Armée, M. Assimi Goïta, Président de la Transition, a été investi à la tête de l’État. Après avoir posé avec lucidité le diagnostic du pays, de nombreuses actions et réalisations ont pu être effectuées. Chacun ayant en charge d’expliquer les efforts consentis, les membres du gouvernement ont été, des semaines durant, à la rencontre de leurs compatriotes pour présenter le bilan du mandat quinquennal. La clôture des travaux a été sanctionnée par le discours du premier ministre, Général de Division Abdoulaye Maïga. Prenant la parole, il a rappelé que l’économie subissait, au moment de l’investiture du Président Goïta, les effets conjugués de l’insécurité, des crises internationales et des bouleversements géopolitiques. À ces difficultés se sont ajoutés les sanctions et les différents embargos, les incompréhensions et les pressions extérieures. Beaucoup annonçaient l’effondrement du Mali dont les deux tiers du territoire étaient occupés. « La question qui nous était alors posée était simple : fallait-il subir les événements ou reprendre notre destin en main ? Les Autorités de la Transition ont choisi la seconde voie. Elles ont fait le pari de la souveraineté, de la refondation et de la confiance retrouvée entre l’État et son peuple ». Un choix qui, indiquait le PM, a orienté l’ensemble des deux Plans d’Actions du Gouvernement (PAG) durant ces cinq années, le 1er PAG 2021-2022 et le second PAG 2025-2026.
Consolidation des fondements de l’Etat
Durant les cinq ans écoulés, le Mali s’est engagé dans un processus de refondation visant à renforcer les fondements de l’État, consolider l’autorité publique, restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens, placer l’intérêt national au cœur de l’action publique. En dépit du contexte marqué par d’importants défis sécuritaire, économique et institutionnel, les autorités de la transition ont poursuivi cette dynamique avec pour objectif de permettre au Mali de définir ses priorités et de conduire son développement en fonction des aspirations du peuple. Selon le chef du gouvernement, cette démarche entamée repose sur une conception de la souveraineté, fondée sur la responsabilité, la constance et l’engagement au service de la nation. Parmi les réformes menées figure l’adoption de la Constitution du pays, promulguée en juillet 2023 pour marquer un nouveau départ politique pour le pays à travers l’avènement de la 4ème République. A ces efforts s’ajoutent les principales réalisations telles que la mise en œuvre progressive des recommandations des Assises nationales de la Refondation ; le renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption, l’approfondissement des réformes institutionnelles et administratives…
5 ans de Transition, 5 ans de réalisations dans les domaines sécuritaire, diplomatique, économique
Dans son discours, le Général de Division a rappelé que les cinq ans se sont soldés par des résultats concrets. Sur le plan sécuritaire, les Forces armées et de sécurité ont connu une montée en puissance sans précédent. Grâce au renforcement de leurs capacités opérationnelles, à l’acquisition d’équipements modernes, à l’amélioration de leur formation et à une plus grande liberté d’action, elles mènent, aujourd’hui, des opérations avec professionnalisme et efficacité. « L’engagement, le courage et la détermination des FAMa contribuent chaque jour à la défense de l’intégrité du territoire national, à la protection des populations et au renforcement de la sécurité de l’espace confédéral de l’AES ». Quant au plan diplomatique, le Mali affirme toujours son engagement en faveur de la paix, de l’intégration africaine et d’une coopération internationale fondée sur le respect mutuel, l’égalité entre les Etats et la préservation de sa souveraineté. De par la Confédération des Etats du Sahel (AES), le Mali œuvre au renforcement d’un espace de solidarité agissante, de sécurité et de développement porté par des partenariats équilibrés au service des intérêts communs des peuples. Parlant du volet économique, Abdoulaye Maïga dira que l’un des changements majeurs des 5 dernières années réside dans la réforme du secteur minier. Grâce à la relecture du Code minier, à l’adoption de la loi sur le contenu local et à la renégociation des conventions minières, a-t-il fait savoir, les richesses du sous-sol malien profitent désormais davantage aux populations maliennes. « Plus de 760 milliards de FCFA » ont été recouvrés auprès des sociétés minières au titre des redevances ajustés et des impôts, et le fonds minier de développement local a permis, pour la première fois, la redistribution de 18,4 milliards de FCFA au bénéfice des communes du Mali pour financer des projets structurants en matière d’eau, de santé, d’éducation et d’infrastructures de proximité, apprend-on de son discours, invoquant que ces ressources, autrefois insuffisamment valorisées, deviennent aujourd’hui un véritable levier de développement territorial et de justice sociale.
Face au public, le PM a voulu être précis, « pendant longtemps, l’or du Mali enrichissait davantage les autres. Désormais, notre ambition est de faire des ressources naturelles, un moteur de transformation économique, d’industrialisation, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie des populations ». Poursuivant, « la souveraineté n’a en effet de sens que lorsqu’elle améliore concrètement la vie des populations. C’est pourquoi les ressources supplémentaires mobilisées par les réformes économiques doivent être transformées en écoles, en centres de santé, en énergie, en routes, en opportunités pour notre jeunesse ».
Des actions accomplies pour le développement du capital humain
De l’investiture du Président Goïta à nos jours, d’énormes jalons ont pu être posés en matière du développement humain. Lors de son intervention, M. Maïga a tenu à rapporter que des avancées significatives ont été enregistrées dans ce domaine. Les efforts ont porté sur le renforcement de la sécurité alimentaire à travers un meilleur accompagnement du monde rural, l’amélioration de l’accès à l’éducation et aux soins de santé, à la promotion de la culture et du sport comme facteur de cohésion et d’épanouissement ainsi que sur la protection de l’environnement. Des investissements structurants ont été réalisés. D’autres sont en cours de réalisation dans les infrastructures routières, énergétiques et numériques ; tandis que la modernisation de l’administration s’est, a-t-il dit, accélérée grâce à la digitalisation des services publics. Aussi, disait-il, une attention particulière a été accordée à l’emploi des jeunes, à l’entrepreneuriat, à l’autonomisation des femmes et au développement de la formation professionnelle afin de créer les conditions d’une croissance durable, inclusive et au service de tous les Maliens.
Les attentes des Maliens au-delà des efforts
Pour la présentation des résultats atteints au cours des 5 ans, les membres du gouvernement sont allés à la rencontre de la population. Leurs échanges ont permis d’exprimer certaines préoccupations majeures. Reconnaissant les progrès accomplis, les citoyens ont davantage demandé de sécurité. Ils attendent une amélioration durable de leur pouvoir d’achat, souhaitent un meilleur accès à l’électricité, à l’eau potable et aux services sociaux de base, aspirent à davantage d’emplois pour les jeunes et à un accompagnement plus soutenu de l’entrepreneuriat national. Ils veulent une administration encore plus proche, plus efficace et plus exemplaire. Ces attentes, selon Abdoulaye Maïga, sont légitimes et le Gouvernement ne ménagera aucun effort pour les combler.
De nouveaux engagements pris par le gouvernement
En réaction aux doléances formulées, le Premier ministre(PM) a voulu être clair, « nous ne cherchons ni à embellir la réalité ni à minimiser les difficultés que vivent encore de nombreux compatriotes. Les défis de l’emploi, du coût de la vie, de l’accès à l’énergie, de l’amélioration des revenus, des services sociaux et du développement local demeurent entiers. Nous les regardons avec responsabilité, car c’est dans la reconnaissance des défis que se construit l’efficacité de l’action publique ». A ses dires, ces cinq ans de la Transition auront été ceux de la restauration de l’État et de la reconquête de la souveraineté. La prochaine étape devra être celle de l’accélération du développement économique et social.
« Notre priorité sera désormais d’intensifier la transformation structurelle de notre économie. Nous poursuivrons les investissements dans l’énergie afin de réduire durablement les difficultés d’approvisionnement. Nous renforcerons l’industrialisation et la transformation locale de nos matières premières afin de créer davantage de valeur ajoutée sur notre territoire ». Et d’ajouter, « nous poursuivrons les grands chantiers d’infrastructures, investirons davantage dans le capital humain, l’éducation, la formation professionnelle, la santé et l’innovation. Nous ferons de l’emploi des jeunes, de l’entrepreneuriat national et de l’autonomisation économique des femmes l’un des principaux moteurs de la croissance, poursuivrons la modernisation de l’administration afin de rapprocher davantage le service public des citoyens, travaillerons à préserver notre cohésion sociale et notre unité nationale ». De par sa voix, le gouvernement annonce savoir que les difficultés d’approvisionnement en carburant et les tensions sur le secteur de l’énergie ont éprouvé le quotidien de nombreux ménages et de nombreuses entreprises. Il signale avoir pris la pleine mesure de ces préoccupations. Des investissements structurants, notamment dans les centrales solaires et les infrastructures énergétiques sont engagés afin d’apporter des réponses durables à ces défis. « Notre ambition à moyen et long terme est de garantir progressivement à notre pays une souveraineté énergétique au service du développement national. Le temps des épreuves nous a forgés. Le temps de la refondation nous a rassemblés. Le temps de l’espérance nous appelle désormais à construire, avec confiance et détermination, le Mali des générations futures ».
L’assurance des autorités aux partenaires
Comme mentionné par le PM, « les cinq ans de la Transition auront permis de poser les fondations d’un Mali plus souverain, plus résilient et plus maître de son destin. Les défis demeurent, mais ils ne nous feront pas dévier du cap. Le temps de la restauration de l’État se poursuit. Le temps de l’accélération du développement commence ».
Malgré toutes difficultés et tensions géopolitiques qui prévalent toujours, l’exécutif tenait à approuver, lors de ce point de presse, aux partenaires que le Mali demeurera un pays ouvert à la coopération, fidèle à ses engagements et disposé à travailler avec tous ceux qui respectent les principes consacrés à l’Article 34 de la Constitution du 22 Juillet 2023 : « L’action publique est guidée par les principes fondés sur le respect de la souveraineté de l’État, les choix souverains du Peuple et la défense de ses intérêts ».
Mamadou Diarra
