Le samedi 02 octobre 2021, une forte manifestation a eu lieu en faveur du droit à l’avortement. Des rassemblements étaient organisés dans de nombreuses villes en réaction aux pressions des Etats conservateurs.
Aux États-Unis, des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des femmes, ont manifesté ce samedi pour défendre le droit à l’avortement. Des rassemblements étaient organisés dans de nombreuses villes mais c’est dans la capitale fédérale Washington que les manifestantes étaient les plus nombreuses. Elles ont défilé sous les fenêtres de la cour suprême qui doit statuer sur le sujet dans les prochains jours avec des pancartes « occupe-toi de ton utérus » ou « légalisez l’avortement ». Cependant Alejandra Moralles Picard, 43 ans, est venue de Miami, en Floride. Elle a avorté il y a plus de 20 ans lorsqu’elle était adolescente, et elle n’a aucun regret, « ça m’a permis d’avoir la vie que je voulais. Je suis extrêmement reconnaissante de toutes les opportunités que j’ai eues, justement parce que j’ai eu le choix. Je savais ce que j’aurais dû abandonner si j’avais décidé de poursuivre ma grossesse. Et je ne voulais pas faire ça. Donc, je n’ai jamais douté que je n’étais pas prête. Mon copain de l’époque est aujourd’hui mon Mari. Nous sommes ensemble depuis 26 ans. Je ne crois pas que nous serions restés ensemble si on avait eu cet enfant à l’adolescence. Nous n’étions pas prêts pour ça et je pense que cela nous aurait détruit tous les deux et ça m’inquiète que d’autres n’aient pas la chance que j’ai eue. De simplement ne pas contrôlé leurs propres vies ». Propos recueillis par RFI avec leur correspond à Washington. « Les femmes sont des êtres à part entière et nous devons être traitées en tant que telles. On devrait pouvoir décider de ce qu’on veut faire de nos propres corps, point à la ligne et j’en ai marre qu’on me dise ce que je peux ou ne pas faire », lance Laura Bushwitz, 66 ans, enseignante retraitée venue manifester à Washington pour cette nouvelle édition de la marche des femmes. Peu de manifestations avaient lieu jusqu’ici depuis l’entrée en vigueur le 1er septembre d’une loi du Texas, qui interdit quasiment tous les avortements dans ce vaste Etat et qui a déclenché une véritable guérilla judiciaire et une contre-attaque du congrès. Cependant à deux jours de la reprise des audiences à la cour suprême des Etats-Unis, qui sera l’arbitre du combat, près de 200 organisations ont finalement appelé les défenseurs du droit à l’avortement à se faire entendre dans tout le pays. La juridiction, profondément remanié par l’ex-président Donald Trump (2017-2021), a refusé d’intervenir en urgence pour bloquer la loi texanes et pourrai profiter de l’examen d’une loi restrictive du Mississippi pour infléchir sa jurisprudence. Des rassemblements étaient également organisés dans les capitales de ces deux Etats conservateurs, Austin et Jackson, ainsi qu’à New York et dans plus de 600 villes du pays, de Chicago à San Francisco. « Nous nous battons pour que l’avortement soit tout simplement légal, mais aussi accessible, abordable et sans stigmatisation », écrivent les organisatrices dans un communiqué, en demandant au congrès d’inscrire dans la loi fédérale le droit à l’avortement, afin de le protéger d’un éventuel revirement de la cour suprême. Sur la pancarte d’une manifestante Torie Clark, 32 ans, on lit un message sans ambiguïté « si je voulais que le Gouvernement s’occupe de mon utérus, je coucherais avec un sénateur ». Rappelons également la journée international de l’avortement est commémoré le 28 septembre de chaque année un peu partout à travers le monde.
Mariam Guindo, Stagiaire
