Le cercle de Ningari, dans la région de Bandiagara, a été durement frappé par une attaque terroriste les 31 août et 1er septembre 2026. Selon l’Association pour le Développement du Cercle de Ningari (ADCN), treize personnes ont été tuées, plusieurs autres blessées et des villages vidés de leurs habitants. Cependant, l’association salue la résistance des chasseurs dozos de Dana Amassagou et appelle à une mobilisation renforcée pour protéger les populations.
Le Pays Dogon est de nouveau confronté à une situation sécuritaire particulièrement préoccupante.
Les événements survenus les 31 août et 1er septembre à Ningari illustrent cette nouvelle poussée de violence.
Dans un communiqué daté du 3 septembre, l’ADCN met l’accent sur l’ampleur de cette attaque, qui aurait mobilisé plus de 200 hommes lourdement armés, citant des sources locales. Selon l’association, les combats avec les chasseurs dozos de Dana Amassagou auraient duré près de deux heures. C’est pourquoi elle a tenu à rendre un hommage mérité à ces derniers pour leur engagement et leur résistance face aux assaillants.
Aux côtés de la bravoure des chasseurs, l’ADCN salue également le rôle joué par les Forces armées maliennes. Appelées en renfort depuis Bandiagara, les FAMa sont arrivées à Ningari et y ont passé la nuit du 31 août au 1er septembre, avant de repartir. Selon l’association, un détachement militaire était de nouveau présent à Ningari le 3 septembre dans le cadre d’une mission de patrouilles de jour comme de nuit.
L’ADCN fait également état d’une opération aéroportée menée le 1er septembre entre Dè et Sarédina. Selon les informations locales qu’elle rapporte, cette intervention aurait contraint des éléments terroristes à modifier leur progression vers plusieurs villages, une partie prenant la direction de Kendié et l’autre se dispersant dans la nature.
Il faut noter que le bilan humain communiqué par l’ADCN à la suite de cette attaque est particulièrement lourd. Selon l’association, treize personnes ont été tuées, dont huit dans la zone de Ningari, relevant de la commune de Ségué-Iré, et cinq dans la commune voisine de Diamnati. Plusieurs blessés ont également été signalés et certaines personnes restent portées disparues.
Les dégâts matériels témoignent eux aussi de la violence de l’attaque. À Ningari et Sarédina, la quasi-totalité des boutiques et des magasins de stockage auraient été saccagés et pillés. Une importante quantité de bétail aurait également été emportée.
Le plus préoccupant reste toutefois la peur qui s’est installée dans les villages. Selon l’ADCN, la rumeur d’un retour des groupes armés a provoqué le départ massif des populations, laissant plusieurs villages pratiquement vidés de leurs habitants.
Face à cette situation, l’association appelle au calme et encourage les populations à regagner leurs villages lorsque les conditions de sécurité le permettront. Elle invite également les ressortissants du cercle de Ningari et les personnes de bonne volonté à manifester leur solidarité envers les victimes de ces attaques.
L’ADCN appelle par ailleurs les jeunes à faire preuve de vigilance et à renforcer la surveillance des mouvements suspects, tout en invitant les populations à collaborer avec les forces de l’ordre et les éléments de Dana Amassagou en fournissant des renseignements fiables. Elle insiste également sur la nécessité d’éviter les propos haineux, les tensions communautaires et la diffusion de fausses informations.
Cette démarche rejoint les préoccupations exprimées quelques jours plus tôt par le CADECS et la Jeunesse Ginna Dogon. Les deux organisations avaient alerté sur la recrudescence des violences dans le Pays Dogon, les déplacements de populations, les pillages et les difficultés rencontrées pendant la campagne agricole.
Issa Djiguiba
