La réunion commémorative de haut niveau marquant le 65ème anniversaire de la première Conférence des Pays Non-Alignés s’est tenue, mardi 1er septembre dernier, à Belgrade, en Serbie. La voix du Mali a été portée par M. Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, représentant le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition. Face aux défis qui ne cessent d’assaillir les pays, il a appelé au respect des principes fondateurs de l’organisation.
Ce mouvement a été créé sur la base de principes simples et clairs : la non-appartenance à une alliance idéologique ou militaire permanente avec l’une des puissances de l’époque ; le respect de l’égalité des Nations, quelles que soient leur taille ou leur puissance ; le respect de la souveraineté et du droit de chaque nation à déterminer sa propre politique ou encore le rejet du recours à la violence pour le règlement des différends internationaux. Les ambitions affichées par les autorités de la Transition s’inscrivent en droite ligne de ces principes. « Mon pays, le Mali, membre fondateur du Mouvement des Non-Alignés, s’honore particulièrement du rôle pionnier joué par son premier Président, Son Excellence M. Modibo Keïta, qui a contribué à poser les jalons essentiels à la création de notre Mouvement », a rappelé M. Diop, soulignant que le défunt Président a notamment consacré la nuance entre le non-engagement et le non-alignement, en précisant, avec force, que nos États sont pleinement engagés pour leur indépendance. Cela, en luttant contre le colonialisme et l’impérialisme, mais aussi et surtout en refusant de se définir par rapport à un pays ou à un bloc. Soixante-cinq (65) ans plus tard, ces principes visionnaires de Modibo Keïta sont plus que jamais d’actualité. Selon le ministre malien, de nombreux défis compromettent dangereusement l’avenir des pays membres du mouvement, notamment la guerre informationnelle, la désinformation et la manipulation de l’information aux fins de déstabilisation. « C’est l’occasion pour le Mali de réaffirmer son attachement aux principes fondamentaux consacrés par la Charte des Nations Unies et son soutien à un ordre mondial fondé sur le multilatéralisme juste et équitable comme seule alternative permettant d’identifier des réponses communes et consensuelles aux défis qui affectent le monde ».
S’appuyer sur des valeurs fondatrices
Face à la situation (défi à relever) qui interpelle tous, le Mali a appelé le Mouvement des non-alignés à s’appuyer sur les valeurs fondatrices de l’organisation, à savoir le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures, ainsi que la promotion de la coopération internationale, de l’autonomie stratégique des États et du renforcement des alliances Sud-Sud. « Aucun pays ne peut résoudre, à lui seul, les différentes crises. Il est donc nécessaire de revoir de façon objective les rapports Nord-Sud en donnant plus de voix aux pays africains, asiatiques, latino-américains et des Caraïbes ». Dans la même dynamique, a-t-il ajouté, « nous dénonçons toutes les sanctions et les mesures coercitives unilatérales dont souffrent certains pays dans le monde. Nous rejetons la politique des deux poids deux mesures et la politisation de la question des droits de l’homme à des fins politiques et géopolitiques ». Le patron de la diplomatie a également appelé le Mouvement à accorder une attention particulière à la grave crise sécuritaire que traverse le Sahel depuis l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011, qui a conduit les populations des pays de cette région dans une situation d’instabilité sécuritaire, politique et institutionnelle, œuvre d’une stratégie élaborée et mise en œuvre par des acteurs extérieurs pour la déstabilisation de cette région et d’une partie importante du Continent africain.
Diarra Mamadou
