Après une courte accalmie, le Centre du Mali, particulièrement le Pays Dogon, fait face à une nouvelle recrudescence des violences terroristes. Dans la région de Bandiagara, les attaques du 31 août contre plusieurs villages de la commune de Ségué-Iré ont provoqué de nouvelles pertes humaines, des pillages et des déplacements. Une situation qui pousse aujourd’hui la jeunesse dogon à lancer un cri d’alarme demandant une réponse urgente et durable de l’État.
Dans plusieurs localités du Centre, la menace terroriste semble de nouveau s’intensifier, faisant ressurgir les inquiétudes dans des communautés déjà profondément éprouvées par des années d’insécurité. Le Pays Dogon, en particulier, apparaît une nouvelle fois au cœur de cette détérioration du climat sécuritaire.
Le 31 août, plusieurs villages de la commune de Ségué-Iré, dans le cercle de Ningari, ont été pris pour cible par des groupes armés terroristes, selon le Cercle d’Appui au Développement de la Commune de Ségué-Iré (CADECS). Dans son communiqué publié le 2 septembre, l’association avance un bilan provisoire de neuf personnes tuées, plusieurs blessés, une centaine de boutiques saccagées, des domiciles pillés et des centaines de têtes de bétail emportées.
À Ningari, chef-lieu de commune, des témoignages recueillis localement font également état du pillage de commerces et de l’emport de bétail. Des éléments des Forces de défense et de sécurité se sont rendus sur place après l’attaque, mais les populations souhaitent désormais une présence sécuritaire durable.
Le CADECS estime qu’une grande partie de la population de la commune, évaluée à environ 30 000 habitants, a dû se disperser dans la nature par crainte de nouvelles violences. Les autorités administratives et communales ont, selon lui, rejoint Bandiagara.
Cette nouvelle alerte intervient alors que la région avait déjà connu plusieurs épisodes meurtriers en 2026. Le 6 mai, les localités de Kori-Kori et de Gomossogou avaient notamment été frappées par des attaques terroristes ayant causé de nombreuses pertes humaines.
Fin juillet, plusieurs villages de la commune de Kendié avaient également été ciblés par des hommes armés, avec notamment l’emport de bétail.
Bien que les opérations militaires se poursuivent parallèlement dans plusieurs localités du Centre, la jeunesse du Pays Dogon estime que ces efforts ne suffisent pas à rassurer durablement les populations.
Dans un autre communiqué également rendu public le 2 septembre, la Commission nationale de la Jeunesse Ginna Dogon, en plus des morts, des blessés, des déplacements massifs et des pillages et destructions de biens, met l’accent sur la perturbation de la campagne agricole dont les conséquences peuvent être graves à long terme. Lorsque les populations fuient leurs villages ou ne peuvent plus accéder à leurs champs, c’est toute l’économie familiale qui se trouve fragilisée, prévient-elle.
Une occasion pour la jeunesse du Pays Dogon de déplorer surtout le manque de réponse rapide aux alertes des populations avant ou pendant certaines attaques. Un constat qui, selon elle, nourrit un profond sentiment d’abandon. « Le Pays Dogon ne doit pas être abandonné », dénonce la jeunesse.
Pour une stabilité durable dans la région, elle recommande de renforcer la protection des civils, d’améliorer la réponse aux alertes, d’apporter une assistance urgente aux familles déplacées et de créer les conditions d’un retour sécurisé et digne dans les villages.
Issa Djiguiba
