Comme à l’accoutumée, les responsables de l’Office central de stupéfiants (OCS) ont procédé, jeudi 4 juin dernier, à l’incinération de 161 tonnes et 227 kilogrammes de produits prohibés dans la commune de Dio-Gare, dans le cercle de Kati. La saisie record, estimée à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, est le fruit de six mois d’opérations menées par les antennes OCS de Bamako rive droite et rive gauche ainsi que la cellule aéroportuaire anti-trafic (CAAT).
Selon les informations relayées à cette occasion, l’importante quantité partie en fumée comprenait 5 kg de cocaïne, plus de 61 tonnes de médicaments contrefaits, 90 tonnes de charbon de chicha, 10 256 appareils de chicha et 9 tonnes d’autres drogues et produits chimiques. L’acheminement sécurisé de cette cargaison a nécessité un convoi de 13 camions, escorté par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), l’OCS et la Protection civile. Quant à l’opération de destruction publique, elle s’est déroulée en présence des autorités municipales du lieu, les autorités scientifiques et de la société civile. Selon le Directeur général adjoint de l’Office Central des Stupéfiants, le Contrôleur général de Police Bassirou Bamba, cette action répond à un strict souci de transparence envers l’opinion publique. Elle vise surtout à préserver la santé des populations. La présente incinération intervient à un moment où le trafic et la culture locale du cannabis touchent une bonne partie de la jeunesse malienne. Les statistiques de l’OCS attestent que les jeunes de 15 à 45 ans représentent désormais 80% des trafiquants au Mali, tandis que 78% des personnes interpellées par les services de sécurité sont de jeunes consommateurs. Ce qui ne cesse de préoccuper les responsables du secteur et les services chargés de lutter contre la consommation et le trafic des produits stupéfiants au Mali.
Bien avant l’incinération des produits saisis, un protocole de vérification scientifique avait été mené par le responsable du laboratoire national de l’OCS, en l’occurrence le Colonel sapeur-pompier Sékou Dramé. A l’issue des tests, il a été confirmé l’authenticité de la cocaïne saisie. Ce responsable expert (M. Drame) a également alerté sur la dangerosité extrême du charbon de chicha. Lequel constitue la majeure partie du stock brûlé. Depuis des années, cette initiative reste fortement saluée par la mairie de Dio-Gare. Pour sa part, le maire Daouda Kané a souligné que la municipalité et sa jeunesse se devaient de soutenir un tel engagement de l’État afin de préserver les jeunes des ravages de la drogue. De son côté, le président du réseau « Mali sans drogue », Sidy Mohamed Samaké, a souligné que cette destruction massive et transparente permet de faire taire les rumeurs et doutes de l’opinion publique. Et d’inviter la population à redoubler de vigilance et à accompagner activement les efforts de l’office.
Mamadou, Diarra
