En marge du Forum d’examen des migrations internationales à New York, le Mali a multiplié les échanges stratégiques avec plusieurs agences onusiennes autour des enjeux migratoires. Au cœur des discussions avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Bamako a défendu une approche régionale inspirée de l’espace AES, tout en plaidant pour une meilleure coordination des interventions en faveur des migrants, du développement local et de la mobilisation de la diaspora.
En marge du Forum d’examen des migrations internationales, le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a enchaîné plusieurs rencontres stratégiques au siège des Nations Unies à New York avec des responsables d’organisations internationales engagées sur les questions migratoires et sociales.
Ces audiences ont notamment permis au Mali de réaffirmer sa vision d’une gouvernance migratoire articulée autour des priorités nationales, mais également d’une dynamique régionale adaptée aux réalités des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Reçu par Diene Keita au siège du Fonds des Nations Unies pour la population, le ministre malien a d’abord échangé sur le renforcement de la coopération entre le Mali et l’UNFPA dans plusieurs domaines jugés prioritaires. Avant d’aborder les questions techniques, la responsable onusienne a présenté, au nom de son institution, ses condoléances à la suite des événements tragiques survenus au Mali le 25 avril dernier, tout en exprimant sa solidarité envers les familles endeuillées et le peuple malien.
Les discussions ont ensuite porté sur la protection sociale, le renforcement des capacités, l’assistance technique ainsi que l’accompagnement des programmes destinés aux femmes, aux jeunes et aux couches les plus vulnérables.
Le ministre a également insisté sur plusieurs défis liés aux migrations, notamment l’accès des migrants aux services de santé, la production de données fiables destinées à orienter les politiques publiques, ainsi que la prise en compte de la dimension genre et de la protection des enfants dans la révision de la Politique nationale de migration.
Les deux parties ont, au terme des échanges, affiché leur volonté commune de consolider une coopération durable articulant migration, démographie et développement, avec l’ambition de promouvoir une migration plus humaine, inclusive et protectrice.
Mais c’est surtout lors de son audience avec Ugochi Daniels, Directrice générale adjointe de l’Organisation internationale pour les migrations, que le Mali a mis en avant sa vision régionale des politiques migratoires.
Là encore, la responsable de l’OIM a exprimé sa compassion et sa solidarité face aux récentes attaques terroristes et aux différentes crises auxquelles le Mali est confronté, tout en réaffirmant la disponibilité de l’organisation à poursuivre son accompagnement auprès des autorités maliennes.
Au cours des discussions, la question de la réintégration des migrants de retour a occupé une place centrale. Le ministre a rappelé qu’il s’agit d’une priorité absolue pour le Mali à travers la mise en œuvre du Cadre national de réintégration des migrants, fondé sur l’insertion économique, la formation professionnelle et le développement local.
Les échanges ont également porté sur la gouvernance des données migratoires, la territorialisation des politiques publiques à travers les PDESC ainsi que sur la mobilisation de la diaspora, considérée par Bamako comme un levier stratégique de développement.
Dans cette dynamique, le ministre a surtout plaidé pour une intégration pleine et entière de l’Approche AES dans la programmation future de l’OIM. Il a ainsi proposé la création d’un cadre sous-régional dédié à la coordination des missions dans l’espace AES afin de renforcer la cohérence des interventions, accroître la visibilité des actions menées et améliorer l’efficacité opérationnelle à l’échelle régionale.
Une orientation saluée par la Directrice générale adjointe de l’OIM, qui a estimé que cette dynamique de coordination régionale constitue une approche pertinente sur laquelle l’organisation entend poursuivre la réflexion.
Issa Djiguiba
