Objet de nombreuses polémiques depuis, le 26 mars dernier, la branche du M5-RFP fidèle au premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga s’est prononcée sur la fin de la transition. Sur la base des recommandations des Assises nationales de la refondation qui fixe une durée de six (6) mois à cinq (5) ans pour la transition, la tendance Choguel du M5-RFP estime que « le Gouvernement reste confortablement dans les délais pour l’organisation des prochaines élections ».
A l’opposé d’une grande partie de la classe et regroupements politiques, le mouvement de 5 Juin, rassemblement des forces Patriotiques (M5-RFP), du moins, la branche fidèle au premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga garde sa position de soutien à la transition. Dans un communiqué publié le jeudi 4 avril dernier, cette mouvance manifeste sa surprise et son incompréhension face à la cabale actuelle de la classe politique sur une prétendue fin de la transition. Tout en soulignant qu’il s’agit pour la plupart d’anciens partisans de régime déchu, le Mouvement M5-RFP indique aussi que ces opposants ne constituent qu’une infime minorité parmi près de 300 partis politiques au Mali. Avec des arguments à l’appui, il explique que leurs critiques ne tiennent surtout pas.
D’abord sur le plan juridique sur lequel beaucoup se fondent, cette mouvance du M5 met l’accent sur les conclusions des assises nationales de la refondation, qui demeurent selon elle, le fondement de toutes les actions de la transition. De ce fait, la transition peut aller jusqu’à 5ans. » Les ANR ayant clairement établi la durée de la Transition de six (6) mois à cinq (5) ans, le Gouvernement reste confortablement dans les délais pour l’organisation des prochaines élections » a-t-il rappelé dans son communiqué.
A propos du délai de 24 mois présenté à la CEDEAO, le M5 souligne qu’aucun protocole ne saurait lier encore le Mali à cette organisation sous régionale relativement à un chronogramme électoral, surtout que ce protocole a été établi, selon lui, « au détriment de la volonté exprimée par l’ensemble des Forces vives maliennes à l’issue des Assises Nationales de la Refondation (ANR) ».
Au-delà même du retrait du Mali de la CEDEAO, le M5-RFP présente d’autres dispositions qui renforcent le gouvernement dans sa démarche. « L’idée même d’un vide juridique est d’autant plus surprenante que la Constitution de la 4 République promulguée le 22 juillet 2023, précise dans ses dispositions transitoires que les Institutions établies continuent d’exercer leurs fonctions et attributions jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions issues des élections prochaines (article 190) »; En plus de cela, le M5 cite également l’article 22 de la Charte de transition révisée du 25 février 2022 qui dispose clairement, selon lui, que « la durée de la Transition est fixée conformément aux recommandations des Assises nationales de la Refondation. La Transition prend fin avec l’élection présidentielle organisée par les autorités de la Transition, la prestation de serment et la passation des charges au nouveau Président élu ». Fort de tout cela, la thèse mise en avant par des acteurs politiques n’est qu’un prétexte pour soutenir leur volonté de figurer dans un «hypothétique gouvernement d’union nationale », qui n’aura comme conséquence que d’hypothéquer le processus de Refondation en cours, auquel ils n’ont jamais cru et adhéré.
D’ailleurs pour le M5-RFP, tout acteur politique de bonne foi sait que les élections pour l’installation des Institutions nouvelles ne pourront se tenir sans un préalable incontournable déjà engagé par les Autorités de la Transition, à savoir entre autres : l’élaboration et l’adoption des textes portant lois organiques et lois ordinaires d’application prévues par les dispositions de la nouvelle Constitution, notamment : une loi électorale déterminant les dispositions complémentaires relatives à l’élection du président de la République (article 50) ; une loi organique déterminant les dispositions légales relatives à la procédure de destitution du président de la République (art. 73) ; une loi ordinaire et loi électorale fixant les modalités de représentation des Maliens établis à l’extérieur à l’Assemblée nationale (article 96) ; une loi ordinaire déterminant les modalités d’élection ou de désignation des députés et des sénateurs (article 99) ; une loi organique fixant, pour l’Assemblée nationale et le Sénat, le nombre des membres, les conditions d’éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités et les modalités de suppléance (article 100) ; une loi organique fixant les indemnités et les autres avantages alloués aux députés et aux sénateurs (article 101) ; une loi organique déterminant les conditions de déchéance de mandat et de suppléance de député ou de sénateur, en cas de démission (article 106) ; une loi organique fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Cour constitutionnelle, ainsi que la procédure suivie devant elle (article 155), etc.
Pour sa part, le M5-RFP a réaffirmé une fois de plus son engagement absolu à tous les organes de la transition, que ça soit le Président de la Transition, le Gouvernement ou le Conseil National de Transition (CNT). Il estime que depuis la Rectification de la trajectoire de la Transition, les Autorités se sont engagées à mettre en place, en dépit de l’environnement d’hostilités entretenu par les ennemis du pays, une meilleure gouvernance basée sur un dispositif politique et institutionnel débarrassé de toutes les erreurs qui ont compromis l’existence de pays en tant qu’Etat et Nation.
Ainsi des actions solides qui comblent les attentes du Peuple ont été posées, à savoir entre autres : l’équipement et la restauration des FAMa dont la montée en puissance force l’admiration ; la réaffirmation de la souveraineté nationale à travers la dénonciation et la mise en cause de toute forme de coopération ne prenant pas en compte les intérêts et priorités de notre Peuple ; la tenue des ANR servant de ciment à l’unité nationale et de base au processus de la Refondation de l’Etat ; la mise en place de l’Autorité Indépendante de Gestion des Elections (AIGE) ; l’adoption de la nouvelle Constitution ouvrant la voie à la 4 République ; un redressement de la gouvernance et une lutte implacable contre la corruption et l’impunité ; une accalmie sur le plan du front social avec la signature du pacte de stabilité sociale ; la reconquête de Kidal, et la restauration de l’intégrité du territoire national ; la fin de l’Accord issu du processus d’Alger qui représentait une menace pour l’unicité, la souveraineté, l’intégrité territoriale du Mali.
Issa Djiguiba
