Dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 février, un violent incendie a été produit au marché Médine, connu sous l’appellation ‘’Soukounikoura’’, sis à Médina-Coura, un quartier situé en commune II du District de Bamako, calcinant des magasins, des étals, de fortes sommes d’argent, des habits et bien d’autres matériels. Ainsi, ils sont des centaines de commerçants qui se trouvent, en cette veille du mois béni de Ramadan et de Carême, sous le choc du désastre. De son côté, le gouvernement annonce l’ouverture d’enquêtes afin de situer la responsabilité.
La flamme attisée aux environs de 00H00 a continué de se propager jusqu’à la mi-journée du lundi 16 février 2026, réduisant en cendres des congélateurs qui contenaient des poissons, des habits, étals…. Après avoir appris la triste nouvelle, des commissariats de police, territorialement compétents, ont dépêché des éléments sur les lieux pour des fins de sécurité. S’y ajoutent des équipes de sapeurs-pompiers qui, aux environs de 00H30, avaient été déployés afin de maitriser le feu.
À cette occasion, des chefs et mères de famille ont été plongés sous le choc et la déconvenue, assistant impuissamment à la ruine de toutes leurs marchandises et économies. Il faisait nuit, lorsque la mauvaise nouvelle s’est répandue dans les six communes de la capitale malienne. En quelques minutes, un nombre important de mondes a été aperçu sur les lieux. Grossistes comme détaillants, chaque commerçant tentait de sauver ses marchandises, soigneusement agencées dans les magasins. Cela, au moment où le ciel de Médina-Coura s’était déjà teinté d’un orage sinistre. Comme un monstre affamé, l’insatiable feu s’est alors propagé dans des parties importantes de ce marché, consumant presque tout. Selon certains témoignages recueillis sur place, cet incident aurait débuté dans une boutique après l’arrivée de l’électricité avant de toucher les installations voisines.
La désolation des victimes
Hommes comme femmes, ils étaient nombreux à exprimer leur désolation face au désastre. « J’avais récemment emprunté et mis 500 000 F dans la friperie. Après la vente, j’allais procéder au remboursement de cet argent. Mais je viens de tout perdre à cause du feu », a déploré Maïmouna Sidibé. Aussi victime, Mohamed Diarra souligne avoir assisté à la destruction de toutes ses marchandises. « Nous n’avons rien et vivons toutes de ce travail au sein de ce marché depuis des années. Lorsque nous quittons chez nous tôt le matin, c’est ici que nous nous rendons afin de nourrir nos enfants. Cet incident est venu aggraver notre douloureuse situation », a fait savoir Maladon Diakité, vendeuse travaillant au sein du marché. Triste et choqué de l’incinération de toutes ses marchandises, Cheick Coulibaly, un des jeunes commerçants, a été empêché par ses amis de brûler l’unique moto qui lui restait. Aussi présent sur la scène, Marc Dabou, agent chargé d’expédier les affaires courantes du District de Bamako, dira que les informations reçues des services, notamment la protection civile, n’ont, pour l’instant, pas permis de déterminer la cause de l’incendie. Et de préciser que les enquêtes et évaluations sont en cours pour permettre de situer les responsabilités et d’annoncer les causes de cet incendie. « Aujourd’hui, le problème des incendies est réel. Il faudra réfléchir rapidement à des solutions durables pour sortir de cette situation parce que ce sont des biens matériels de citoyens qui sont affectés », a estimé l’agent, soulignant l’utilité d’une démarche cohérente impliquant les services techniques de l’État et les usagers de marchés.
Le gouvernement annonce l’ouverture d’enquêtes
Dans l’après-midi du lundi, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de Division Daoud Aly Mohammedine, et son collègue Moussa Alassane Diallo, de l’Industrie et du Commerce, sont allés à la rencontre des victimes. La protection civile, épaulée par la Police et la Gendarmerie, était toujours très active sur le terrain. Selon le Directeur régional de la Protection civile du District de Bamako, le Col. Sapeur-pompier, Adama Diatigui Diarra, le théâtre a été divisé en sept zones. Et sur chaque zone d’intervention, il a été déployé au moins deux gros engins. À cette occasion, les deux représentants du Gouvernement ont visité l’épicentre du sinistre avant de rebrousser chemin face à la fumée, la boue, les feuilles de tôle froissées et divers encombrants qui jonchaient le sol. L’étroitesse des ruelles, le désordre des constructions et la nature hétéroclite des matériaux utilisés pour construire magasins, hangars et kiosques ont été des freins évidents à l’intervention des sapeurs-pompiers dont la nuit aura été particulièrement longue.
Quid des causes du sinistre ? À ce stade, il est peut-être trop tôt et même trop hasardeux de se prononcer. Telle est, en tous cas, l’attitude que prône le ministre Daoud Aly Mohammedine, qui annonce qu’une enquête est ouverte pour déterminer les causes et les responsabilités dans ce sinistre. Aux sinistrés, il a exprimé la solidarité et la compassion du Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, et du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye MAÏGA, avant d’appeler à la vigilance collective face à ces incendies répétitifs qui peuvent être évités. Il a regretté les pertes que ces sinistres causent à notre économie, et a poussé un cri du cœur : « Il est temps que cela cesse ». De son côté, le ministre de l’Industrie et du Commerce s’est aussi exprimé face au spectacle de fin du monde qu’offrait le cœur du marché de Médina-Coura. Lui aussi a laissé libre cours à sa peine, sa tristesse et son angoisse face à un tel sinistre qui arrive à seulement quelques jours du mois sacré du Ramadan. Moussa Alassane Diallo a fait un long développement sur l’impact sur le moral des occupants, les pertes de chiffres d’affaires, de capital et d’emplois qui en sont les conséquences immédiates. Lui aussi est d’avis que ces incendies cycliques doivent interroger notre responsabilité et qu’il est plus que temps d’en tirer toutes les leçons et enseignements.
Mamadou Diarra
