Les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont signé, ce vendredi 21 novembre 2025, à Ouagadougou un accord historique de coordination des fréquences radioélectriques aux frontières. Cette avancée stratégique marque une étape décisive vers l’intégration numérique régionale et la modernisation des communications au service des populations du Sahel. Ce texte stratégique, fruit de plusieurs mois de travaux techniques, vise à harmoniser la gestion du spectre, ressource vitale pour les communications et les technologies émergentes.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Ministre malien de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou AG Ilyène, aux côtés de ses homologues du Niger et du Burkina Faso. Le Ghana, invité d’honneur, a également pris part à l’événement, témoignant de l’intérêt croissant des pays voisins pour cette dynamique régionale. Des experts et responsables des autorités nationales de régulation étaient également présents, renforçant l’esprit de cohésion et de solidarité qui a marqué l’atmosphère de la rencontre.
Les ministres et directeurs généraux des autorités de régulation ont unanimement souligné l’importance capitale de cet accord. Le spectre radioélectrique, ressource vitale pour les communications mobiles, la radiodiffusion, les services de sécurité et l’essor des technologies émergentes, nécessite une gestion rigoureuse et concertée. Sans coordination, les interférences aux frontières peuvent compromettre la qualité des services et freiner les transformations numériques en cours. L’accord signé vient donc répondre à un besoin urgent : garantir une utilisation harmonisée et efficace du spectre dans les zones frontalières.
Fruit de plusieurs mois de travaux techniques, l’accord prévoit des mécanismes concrets pour renforcer la coopération entre les États membres. Il s’agit notamment de l’harmonisation des paramètres et des procédures de coordination des fréquences, de la mise en place de systèmes d’échange d’informations entre régulateurs nationaux, ainsi que de l’organisation de réunions régulières pour résoudre les éventuelles interférences. Au-delà de ces mesures, le texte instaure un cadre modernisé destiné à accompagner le déploiement des nouvelles technologies et l’évolution rapide du marché numérique.
La signature de cet accord illustre la volonté des États du Sahel de bâtir une intégration numérique solide et durable. Elle traduit également une prise de conscience collective : dans un monde où les communications sont au cœur du développement économique et social, la maîtrise du spectre radioélectrique devient un enjeu de souveraineté et de sécurité. Les pays de l’AES entendent ainsi offrir à leurs populations des services modernes, fiables et sécurisés, tout en créant les conditions favorables à l’innovation et à l’investissement.
La cérémonie s’est conclue par une photo de famille, symbole fort de la cohésion et de la détermination des délégations présentes. Ce geste, au-delà de sa valeur protocolaire, incarne l’engagement des États membres à avancer ensemble vers une intégration numérique renforcée. Les parties prenantes ont réaffirmé leur volonté de traduire rapidement cet accord en actions concrètes, dès les prochains mois, afin de garantir des communications de qualité au service des populations du Sahel.
Avec cette signature, l’Alliance des États du Sahel franchit une étape décisive. L’accord de coordination des fréquences n’est pas seulement un outil technique : il constitue un levier stratégique pour l’avenir numérique de la région, porteur d’espoir et de progrès pour des millions de citoyens.
Ibrahim Kalifa Djitteye
