Le Mali a pris part au Festival international des cultures sahariennes, ouvert le 7 février 2026 à Amdjarass, au Tchad. Le pays était représenté par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, représentant le Premier ministre Abdoulaye Maïga. Cette présence s’inscrit dans une dynamique régionale où le Burkina Faso et le Niger, également membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont participé aux côtés du Mali, donnant une dimension politique et culturelle à l’événement.
Le Festival international des cultures sahariennes (FICSA), porté par l’association La Saharienne fondée en 2003, illustre l’engagement de bénévoles pour le tourisme solidaire et la valorisation des cultures du désert. Il constitue une occasion de découvrir traditions, coutumes et expressions artistiques sahariennes, favorisant patrimoine et dialogue interculturel. La cérémonie d’ouverture a été marquée par les prestations artistiques du Maroc, du Burkina Faso, du Tchad et de la Mauritanie. Ces représentations ont mis en lumière la diversité culturelle de l’espace saharien, dans lequel le Mali et ses partenaires de l’AES s’inscrivent pleinement.
Une vitrine culturelle et patrimoniale
Le ministre Mamou Daffé a participé à la cérémonie officielle et a reçu un présent du Premier ministre tchadien, geste symbolisant les relations bilatérales entre Bamako et N’Djamena. Il a transmis les salutations du Président de la Transition, Assimi Goïta, au peuple tchadien. Cette démarche s’inscrit dans une logique de coopération culturelle et diplomatique. La participation du Mali au FICSA illustre la volonté de renforcer les liens régionaux et de consolider son rôle au sein de l’AES par le biais de la culture et du patrimoine.
La présence conjointe du Mali, du Burkina Faso et du Niger au festival traduit une volonté commune d’affirmer l’AES comme une alliance qui dépasse le cadre politique et sécuritaire. En mettant en avant la culture, ces pays cherchent à construire une identité partagée et à promouvoir une solidarité régionale. Le FICSA devient ainsi une vitrine de l’unité saharienne, où les États membres de l’AES affirment leur engagement à valoriser les traditions et à renforcer la coopération par des initiatives culturelles.
L’exploration du massif de l’Ennedi, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, a constitué un moment fort du festival. Les délégations ont pu découvrir ses arches monumentales et ses peintures rupestres, témoins d’une histoire millénaire. Cette immersion illustre la vocation du FICSA : faire du désert un espace de mémoire et de transmission. Pour le Mali et les pays de l’AES, cette démarche s’inscrit dans une logique de valorisation des sites patrimoniaux et de sensibilisation à la préservation des trésors face aux menaces environnementales.
Les prestations artistiques présentées par les délégations du Maroc, du Burkina Faso, du Tchad et de la Mauritanie ont mis en évidence la richesse des traditions sahariennes. Ces échanges culturels traduisent la diversité des expressions et la vitalité des héritages partagés. Pour le Mali et ses partenaires de l’AES, ces représentations renforcent la cohésion régionale et rappellent que la culture peut être un instrument de rapprochement et de compréhension mutuelle dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux.
Culture et diplomatie au cœur de l’AES
La dimension diplomatique du FICSA est manifeste. La présence de plusieurs chefs de gouvernement et ministres souligne l’importance accordée à la culture comme levier de coopération régionale. Dans un espace saharien confronté à des enjeux sécuritaires et socio-économiques, le festival apparaît comme une réponse symbolique et pratique. Il valorise les identités locales tout en créant des passerelles entre nations. Pour l’AES, cette articulation entre culture et diplomatie illustre une stratégie visant à consolider l’alliance par le biais du patrimoine et des échanges artistiques.
L’association La Saharienne, fondée en 2003, joue un rôle central dans cette dynamique. Elle incarne l’engagement citoyen et bénévole pour la promotion des cultures du désert. Son action s’inscrit dans une logique de tourisme solidaire et de développement durable. En mobilisant des partenaires locaux et internationaux, elle contribue à faire du FICSA un événement structurant. Pour le Mali et les pays de l’AES, cette initiative offre une vitrine mondiale au Sahara et renforce les synergies entre acteurs culturels, institutions et populations.
La jeunesse, moteur de cohésion et de transmission
Le festival met en avant la jeunesse comme vecteur de créativité et de cohésion sociale. Les jeunes participants deviennent les ambassadeurs d’une culture saharienne vivante et évolutive. Pour le Mali et ses partenaires de l’AES, cette orientation stratégique répond à la nécessité de transmettre les savoirs, de renforcer le sentiment d’appartenance et d’offrir des perspectives de développement culturel et économique durable. La jeunesse apparaît ainsi comme un pilier essentiel pour l’avenir de la coopération culturelle régionale.
Le Festival international des cultures sahariennes dépasse la simple célébration artistique. Il s’impose comme un espace de convergence où diplomatie, patrimoine et solidarité se rencontrent. La participation du Mali, aux côtés du Tchad, du Burkina Faso et du Niger, illustre la volonté des pays de l’AES de bâtir une communauté culturelle forte. En mettant en lumière la diversité et l’authenticité des traditions, le FICSA contribue à renforcer l’identité saharienne et à promouvoir un modèle de coopération fondé sur la culture, la paix et le dialogue.
Ibrahim Kalifa Djitteye
