De retour d’Algérie, 162 Maliens ont été accueillis jeudi 20 août à Bamako dans le cadre du dispositif national d’assistance au retour volontaire et à la réinsertion. Au-delà de l’accueil d’urgence, l’enjeu est désormais de transformer le retour en une véritable opportunité de reconstruction, avec l’État malien aux commandes et l’OIM comme partenaire d’accompagnement.
Cent soixante-deux Maliens ont retrouvé la terre natale jeudi 20 août 2026. Arrivés à bord d’un vol charter en provenance d’Algérie, ces compatriotes ont été accueillis à l’Aéroport international Président Modibo Keïta de Bamako-Sénou dans le cadre du dispositif mis en place par le ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine.
Le groupe est composé de 125 hommes, 27 femmes, cinq garçons et cinq filles. Mais derrière ces chiffres se cachent autant de parcours migratoires, d’épreuves et d’espoirs. Pour l’État malien, il ne s’agit pas simplement de ramener ses ressortissants au pays, mais aussi de leur permettre de reconstruire leur vie dans la dignité.
L’accueil a été assuré, au nom du ministère, par son chef de cabinet, Sidi Mohamed Koné, qui a adressé aux compatriotes de retour un message de réconfort et de soutien de la part du Gouvernement. « Nous venons ici les accueillir, leur remonter le moral au nom du gouvernement », a-t-il notamment déclaré, rappelant l’implication des services diplomatiques maliens et de l’Organisation internationale pour les migrations dans leur protection et leur accompagnement.
Après leur arrivée, les 162 compatriotes ont été conduits à la Maison des Maliens de l’Extérieur, où ils bénéficieront d’une période d’hébergement, d’écoute, d’orientation et d’assistance. Cette première étape doit permettre d’identifier les besoins sanitaires, psychosociaux et socio-économiques de chacun avant leur retour dans leurs communautés respectives.
Pour plusieurs migrants, le séjour en Algérie a été marqué par des difficultés. Des témoignages recueillis à leur arrivée font état de conditions de vie et de travail éprouvantes, de situations d’exploitation, de salaires impayés et de problèmes de logement. Ces réalités rappellent que le retour volontaire constitue parfois l’aboutissement d’un parcours difficile, mais aussi le début d’un nouveau combat : celui de la réintégration.
C’est précisément sur ce second défi que l’approche malienne entend désormais mettre l’accent. Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, défend une vision selon laquelle le retour ne doit pas être réduit à une simple opération de transport ou d’assistance d’urgence. Il doit plutôt s’inscrire dans une logique d’insertion durable, liée au développement local et à la création d’opportunités économiques.
Avec l’appui de l’OIM, partenaire stratégique du dispositif, l’État malien veut ainsi faire de la réintégration une étape centrale de sa politique migratoire. La démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de protection des Maliens de l’extérieur, de prise en charge des personnes vulnérables et de valorisation du potentiel des migrants de retour.
L’objectif est clair : faire en sorte que le retour ne soit pas perçu comme un échec, mais comme le point de départ d’une nouvelle trajectoire. Car au-delà de l’assistance immédiate, la réussite de cette politique dépendra de la capacité à accompagner durablement les personnes de retour vers l’emploi, la formation, l’entrepreneuriat et la réinsertion dans leurs communautés.
Pour ces 162 compatriotes, le voyage s’achève donc à Bamako, mais une autre étape commence. Celle de la reconstruction, avec l’accompagnement de l’État et de ses partenaires, dans l’espoir de transformer les épreuves du parcours migratoire en une nouvelle chance de bâtir leur avenir au Mali.
Issa Djiguiba
