À l’ouverture d’un atelier de formation dédié à la Zone de libre-échange continentale africaine, le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa AG ATTAHER, a réaffirmé l’ambition du Mali de tirer pleinement profit de ce marché continental. Entre espoirs de diversification économique et exigences de transformation interne, Bamako dessine une feuille de route exigeante.
Le 29 avril 2026, à l’occasion de la tenue de cet atelier consacré à la ZLECAf, le Mali affiche clairement ses priorités : mieux comprendre, mieux se préparer et surtout mieux se positionner dans ce vaste projet d’intégration porté par l’Union africaine.
Dans son discours d’ouverture, le ministre Mossa AG ATTAHER n’a pas réduit la ZLECAf à un simple accord commercial. Bien au-delà, elle constitue, selon lui, un véritable levier de transformation économique et un instrument stratégique de souveraineté pour les États africains. Dans un contexte international marqué par de profondes recompositions, il a estimé que l’Afrique est appelée à renforcer ses capacités productives afin d’affirmer pleinement sa place dans l’économie mondiale.
Pour le Mali, la ZLECAf doit d’abord ouvrir de nouveaux horizons économiques. Elle offre des perspectives concrètes en matière d’élargissement des débouchés pour les produits nationaux, de diversification des partenaires commerciaux et d’intégration dans les chaînes de valeur régionales. À terme, l’ambition est de faire émerger une économie plus compétitive, moins dépendante et davantage tournée vers la transformation locale des ressources.
Mais cet horizon reste conditionné à des réformes internes. À ce titre, le ministre a insisté sur la nécessité d’une appropriation effective des mécanismes de la ZLECAf par l’ensemble des acteurs nationaux. L’enjeu est autant institutionnel qu’économique : améliorer la coordination entre administrations, adapter les cadres juridiques, renforcer les capacités techniques et anticiper les implications du dispositif continental. L’atelier s’inscrit précisément dans cette logique de préparation et de renforcement des capacités.
Au cœur de cette dynamique, la Commission nationale pour l’intégration africaine apparaît comme un maillon stratégique. Chargée de coordonner et de suivre les engagements du Mali, elle doit également impulser une réflexion sur le positionnement du pays dans une Afrique en mutation. Les thématiques abordées : architecture juridique, gouvernance, règlement des différends et investissement, traduisent à la fois la complexité et la portée structurante de la ZLECAf.
Dans la suite de son intervention, Mossa AG ATTAHER a rappelé que la réussite de la ZLECAf dépendra de son caractère inclusif. Il a souligné que les femmes, les jeunes, les acteurs du secteur informel ainsi que les territoires encore en marge doivent être pleinement intégrés à cette dynamique. L’intégration économique ne saurait être efficace si elle creuse les inégalités ; elle doit, au contraire, devenir un moteur de cohésion sociale, de création d’emplois et de prospérité partagée.
Dans cette perspective, la diaspora malienne est également appelée à jouer un rôle stratégique. À la croisée des mobilités, des investissements et des échanges, elle constitue un relais essentiel pour connecter le Mali aux opportunités offertes par le marché continental.
En définitive, la ZLECAf représente pour le Mali une opportunité historique, mais qui ne produira ses effets qu’au prix d’efforts soutenus.
Issa Djiguiba
