La 19e Conférence ministérielle à mi-parcours du Mouvement des Non-Alignés (NAM) s’est tenue, du 15 au 16 octobre à Kampala, en Ouganda. C’était sous la présence de plusieurs pays membres. Occasion pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, en l’occurrence Abdoulaye Diop de revenir sur l’insécurité dans le sahel, les problématiques de partenariats, celles du développement économique, social…
Le NAM est une Organisation internationale composée de plus de 120 pays membres. Dans son discours, Abdoulaye Diop a souligné que la 19e Conférence s’est tenue au moment où se posaient des questions légitimes sur l’avenir du multilatéralisme, après le constat alarmant d’inefficacité face aux multiples défis du temps. Selon lui, les défis sécuritaires demeurent la principale priorité des populations du Sahel. Et Abdoulaye Diop de préciser que le sahel subit depuis l’intervention militaire de l’OTAN en 2011 en Libye, les conséquences d’une crise imposée par des intérêts extérieurs. Une intervention qui a d’abord déstabilisé le peuple libyen frère, puis contribué à la prolifération de l’insécurité dans la région du Sahel. « Les conséquences de ce drame, pourtant évitable sont que nous déplorons plusieurs milliers de morts, de blessés, de déplacés internes, de réfugiés et des dégâts matériels importants », a déploré le ministre qui poursuivait en ces termes, « nous déplorons également le nouveau mode opératoire des groupes armés terroristes, visant à asphyxier l’économie nationale en entravant les chaînes d’approvisionnement. Il est tout aussi regrettable que ces groupes armés obscurantistes soient instrumentalisés et surtout soutenus par des sponsors étatiques étrangers ».
Le terrorisme médiatique
Aux pays participants, le ministre malien a dénoncé avec force le terrorisme médiatique, financier et logistique à l’encontre du Sahel, en général et du Mali, en particulier. À ses dires, il est d’autant plus regrettable que les soutiens régionaux et internationaux des groupes terroristes se passent dans une relative indifférence, particulièrement lorsque des pays comme l’Ukraine revendiquent ouvertement leur soutien aux groupes armés terroristes opérant dans la région du Sahel. Ces groupes obscurantistes attaquent, a-t-il insisté, les populations innocentes ainsi que les Forces armées et de Sécurité du Mali, avec des équipements, spécifiquement des drones, fournis par l’Ukraine, au moment où ce pays reçoit des financements sans fin de la part de pays occidentaux. Le Mali et les autres pays de l’AES savent que l’Ukraine et les groupes armés terroristes ne représentent qu’un proxy, un cheval de Troie qui masque les véritables instigateurs des crises sécuritaires dans les pays, a fait savoir le ministre. Et d’être encore plus clair : « Nous restons déterminés à sécuriser nos pays et nos populations, tout en évitant une propagation de la menace vers d’autres régions africaines et au-delà, effectuant ainsi un véritable travail de sécurité publique régionale et mondiale ».
Le développement du Mali et ses alliés
Isolement pris, il est difficile aux peuples de l’AES de relever les défis auxquels ils sont confrontés. C’est dans ce cadre que les gouvernements de l’AES, outre les mesures sécuritaires collectives, s’attellent également à la mise en œuvre d’une stratégie globale et intégrée, qui inclut des mesures politiques, de développement économique et social ; de justice et de réconciliation. Et le ministre de souligner que les instances confédérales ont pris des initiatives souveraines, notamment en matière de projets structurants, de mobilisations des ressources internes, d’industrialisation, de transformation sur place de leurs produits locaux pour créer de la valeur ajoutée à leurs économies et l’emploi notamment pour les jeunes. Au cœur de leurs priorités nationales et confédérales, a ajouté M. Diop, se trouvent des politiques d’investissement stratégiques dans différents domaines, telles que les infrastructures, l’énergie, l’industrialisation, la diversification de l’économie. Le représentant de la Confédération AES n’a pas manqué de signaler que le Mali est également prêt à collaborer avec tous les pays, ce, conformément aux trois principes édictés : le respect de la souveraineté du Mali, le respect de ses choix stratégiques, y compris du choix de ses partenaires et la prise en compte des intérêts des Maliens.
Mamadou Diarra
