MEDIASPOLITIQUE

Union Africaine : Choguel dit ses quatre vérités

Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a invité Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union Africaine de se départir des sanctions contre le Mali. Selon le chef du gouvernement, les différentes visites de représentants de l’Union Africaine témoignent, sans nul doute, de l’écoute et du souci constant de l’organisation d’accompagner les efforts du gouvernement pour une transition réussie. Le gouvernement a toujours encouragé, avec insistance, les partenaires du Mali à échanger directement avec les autorités de la Transition et à privilégier les missions de terrain et de proximité, afin d’avoir une analyse objective de la situation de notre pays.

Le Premier ministre a appelé l’Union Africaine à soutenir les efforts en cours au Mali, à les consolider, à les amplifier à travers un soutien franc et robuste aux plans politique, technique et financier. « Après la levée, en juillet 2022, des sanctions injustes, illégales et inhumaines de la CEDEAO contre le Mali, après sept (7) longs mois d’embargo, nous exhortons l’Union Africaine à la levée des sanctions qu’elle a imposées à notre pays le 14 janvier 2022, suite à l’endossement de celles de la CEDEAO prises le 09 janvier 2022 », a déclaré Choguel.

En clair, le gouvernement sollicite la réintégration du Mali au sein des instances de l’Union Africaine par ce que les autorités sont sur la bonne voie dans l’exécution de leurs engagements. Il le demande aussi, par ce que l’expérience a démontré, partout dans le monde, que les sanctions sont inopérantes pour ne pas dire inefficaces et contre productives.

Dans le contexte sécuritaire du Sahel et de la géopolitique mondiale, le gouvernement souligne, ici et maintenant, l’importance pour l’Afrique, à travers l’Union Africaine, de renforcer son leadership dans la prévention et la résolution des crises sociopolitiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel, ainsi que sur les questions de développement.

Le Premier ministre a expliqué que le Mali vit une transition politique qui est le fruit de la volonté du peuple malien, de son aspiration profonde au changement. Ainsi, le gouvernement a reçu pour mandat, au terme des Assises Nationales de la Refondation (ANR), de refonder l’Etat, de créer les conditions d’une gouvernance future, vertueuse, susceptible de mettre fin aux crises cycliques et à l’instabilité, à travers des réformes substantielles aux plans politiques et institutionnels.

Choguel a dit à son hôte que c’est dans cet esprit que le président de la transition a mis en place, le 27 janvier 2023, la Commission chargée de la finalisation du projet de nouvelle constitution qui sera soumis à référendum. Dans le même esprit, le Mali s’est doté d’une nouvelle loi électorale en 2022 et a procédé, tout récemment, à la mise en place de l’Autorité Indépendante de Gestion des Elections (AIGE). Pour consolider son processus de refondation, le pays s’est doté en 2022 d’un du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat (2022-2031), assorti du Plan d’Actions 2022-2026.

Le chef de l’exécutif a aussi expliqué que la résolution durable de la crise qui affecte notre pays depuis plusieurs années nécessite un changement de paradigme. C’est pourquoi la transition ne saurait se résumer à une question d’élection et d’alternance au sommet de l’Etat. Selon Choguel, pendant 30 ans, les Maliens ont fait des élections, et pourtant depuis trois décennies le pays n’a jamais été aussi instable. Le Premier ministre a aussi dit qu’on a « vu sous d’autres cieux, notamment en Afghanistan, un pays qui a régulièrement organisé des élections pendant 20 ans, sans que cela résolve durablement les problèmes structurels » de ce pays.

Et les partenaires occidentaux de l’Afghanistan ont fini eux-mêmes par en faire le constant en l’abandonnant à son triste sort. « Loin de moi, l’idée selon laquelle les élections ne sont pas importantes, mais face à une crise de l’ampleur de celle que nous connaissons, les élections doivent être précédées de réformes appropriées », a indiqué Choguel. Il a également expliqué que le plus grand défi qui se pose au Mali, c’est le terrorisme. « Elle menace les fondements de la république et la cohésion de la nation. C’est un cancer qu’il faut éradiquer à travers la conjugaison des efforts et la mise en œuvre de solutions holistiques et multidimensionnelles », a raconté le Premier ministre.

Pour la gouverne de Moussa Faki Mahamat, Choguel a dit que contrairement aux informations tendancieuses véhiculées par certains médias manifestement en mission contre le Mali, la peur a changé de camp. Le Mali traque les groupes armés terroristes, réduits à des actions d’éclat isolées, jusque dans leurs derniers retranchements. Et le gouvernement poursuivra le vaste chantier de la restauration de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, de la dignité, de la souveraineté et de l’indépendance du pays, conformément aux trois (3) principes clés qui gouvernent désormais l’action publique du pays. Les efforts de réforme seront poursuivis de manière à atteindre le point de non-retour dans le processus de redressement du pays. De la même manière, le Mali intensifie le processus de réforme et les préalables à la tenue d’élections inclusives, apaisées et crédibles.

Soumaïla Diarra

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