Signature d’un accord de paix entre les communautés de 7 communes de Bankass : Espoir et inquiétudes sous les cieux

Les populations dogon, dafing et peul des communes de Diallassagou, Koulogon, Lessagou, Ségué, Soubala, Sokoura et Tori, toutes le cercle de Bankass, ont signé, le lundi dernier, à Diallassagou, un Accord de paix. Cette initiative venue des populations, elles-mêmes, a été soutenue par les élus et l’ONG HD.

Le maire de la commune centrale de Bankass, Allaye dit Moulaye Guindo ; le président du Conseil de cercle, Amadou Yarro ; et l’ancien député élu à Bankass, honorable Drissa Sankaré ont été témoins, le lundi dernier, de la signataire d’un Accord de paix entre les communautés dogon, dafing et peul de 7 sur les 12 communes du cercle de Bankass, à savoir Diallassagou, Koulogon, Lessagou, Ségué, Soubala, Sokoura et Tori.

Selon l’ancien député élu à Bankass, Drissa Sankaré, l’initiative est venue des populations, elles-mêmes. « Ce sont les populations, elles-mêmes, qui ont décidé de signer cet Accord de Diallassagou. Nous, les élus, et l’ONG HD les avons aidés dans ce sens. Les contenus de l’Accord sont venus des signataires, eux-mêmes », a précisé Drissa Sankaré que nous avons joint au téléphone. Cet accord de Diallassagou est différent, selon notre interlocuteur, des accords que les populations de certaines localités, par peur de représailles, signent avec les terroristes. « Je voulais vous préciser que dans cet accord de Diallassagou, il n’y a rien de religieux. Tout le contenu vient des populations. C’est donc différent des autres accords », a laissé entendre le cadre de l’ASMA-CFP. Selon Drissa Sankaré, un travail de terrain sera fait pour que les communes restantes du cercle de Bankass, à savoir : Bankass, Dimbal, Kani Bonzon, Bayes et Ouenkoro signent, elles aussi, cet accord. Mais, dit-il, les populations de ces communes sont déjà favorables au retour de la paix et du vivre ensemble.

Les engagements des signataires de l’Accord de Diallassagou

Après avoir déploré les conséquences graves de la crise intercommunautaire, les communautés dogon, dafing et peul des sept communes précitées se sont engagées à , entre autres : encourager les leaders communautaires à s’engager en faveur de la paix en pardonnant tous les actes passés et en diffusant des messages de cohésion sociale ; bannir toute provocation ou propos vexant l’autre communauté ; faciliter la libre circulation des personnes et leurs biens sur toute l’étendue des commues ; encourager l’établissement des mesures de confiance réciproques entre les communautés à partir de la signature de l’accord ; accompagner et faciliter le retour de tous les déplacés ; encourager et faciliter la fréquentation des villages et des foires par toutes les communautés ; ne pas circuler avec les armes dans les villages et villes ; s’opposer aux vols de bétail quelle que soit la communauté du propriétaire et faciliter la recherche des biens et animaux volés afin qu’ils soient restitués à leur propriétaire ; faciliter la libre exploitation des ressources naturelles et foncières par toutes les communautés ; œuvrer pour le développement socioéconomiques des communes en facilitant le retour progressif des acteurs…

Selon l’honorable Drissa Sankaré, la signature de cet accord a permis, le même jour, aux différentes populations d’animer la même foire ensemble. Chose qui n’était pas, selon lui, possible il y a des années.

Les recommandant des signataires de l’Accord de paix de Diallassagou aux autorités du pays

Les sept communes de Bankass signataires de l’Accord de Diallassagou ont formulé des recommandations à l’endroit des autorités du Mali. Ces recommandations sont, entre autres, : encourager la réhabilitation des villages détruits ; faciliter, avec l’appui des partenaires, le retour des déplacés ; dialoguer avec tous les acteurs pour libérer l’axe Sevaré-Bankass-Koro ; apporter une assistance humanitaire , économique et alimentaire à toutes les communautés victimes de la crise pour le relèvement économique dans la zone ; ouvrir un dialogue avec les groupes armés afin de convenir d’une issue négociée pour les jeunes qui ont déposé les armes ; construire, réparer et doter les communautés en infrastructures sociales de base ; administrer et libérer tous les détenus liés au conflit intercommunautaire dans les communes concernées ; aider à renforcer la légitimité des autorités traditionnelles et religieuses dans l’accomplissement de leurs missions de pacification et de veille citoyenne.

Par ailleurs, il a été mis en place un comité de suivi de 15 membres pour le respect normal de l’accord. Ce comité est composé de 5 membres de chacune des trois communautés : dogon, dafing et peul. « Après la mise en place de ce comité, les populations étaient tellement contentes qu’elles ont cotisé jusqu’à 250 000 f pour que les personnes choisies puissent commencer rapidement le travail », nous a informé Drissa Sankaré. Aussi ce dernier a annoncé, la tenue d’une grande rencontre à Bankass, dans 15 jours pour « fédérer les différents accords ».

La réaction du CAJPD

Si la signature de l’Accord de Diallassagou donne satisfaction et espoir à pas mal de citoyens ressortissants de Bankass, certains expriment leurs inquiétudes quant à la sincérité de cet accord. C’est le cas du collectif des Associations de jeunes du Pays dogon. «Au moment où tout le cercle de Bankass est en train de chercher une vraie paix en essayant de convaincre les mouvements d’autodéfense à sortir et à s’asseoir autour d’une table pour discuter des conditions d’un cessez-le-feu réel et durable, une ONG sort des bois pour présenter un hypothetique accord (en lambeau) dans lequel 7 communes sur 12 se voient embrigader comme voulant faire la paix », le collectif dirigé par Adaman Diongo qui estime que les chasseurs et les chefs des différentes miliciens peuhles actives dans le cercle de Bankass devraient prendre part à ce processus.

Boureima Guindo

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