MEDIASPOLITIQUE

Projet de nouvelle Constitution : Le point de vue de l’ancien premier ministre Moussa Mara

Au Mali, le projet de nouvelle constitution fait en encore débat. C’est d’ailleurs l’autre raison qui justifie le Legé report du scrutin référendaire afin d’élargir les concertations avec l’ensemble des Forces vives de la nation. Sur la question, l’ancien Premier ministre Moussa Mara était l’invité du journal Afrique TV5Monde. Malgré tout, selon lui, cette nécessité de réviser la Constitution au Mali ne date pas de la transition.

Dans la première décade du mois de mars, les autorités de la Transition malienne ont annoncé que le référendum sur le nouveau projet de constitution connaîtra un « léger report ». Il sied de rappeler que depuis la réception du document par la commission de finalisation, des voix se sont levées pour contester certains articles. Celui qui fait plus de polémique est le maintien de la laïcité dans document final devant servir de constitution après adoption au referendum.

En effet, certains mouvements religieux s’opposent au mot laïcité et demandent son remplacement par le terme d’État multiconfessionnel.

Face à ce brouhaha, l’ancien Premier ministre malien, Moussa Mara pense qu’il y a eu une incompréhension autour des discussions. « Dans un premier temps, certaines autorités religieuses avaient souhaité que la laïcité soit simplement enlevée du projet de Constitution. Il y a eu des discussions et il y a eu une sorte d’entente sur le fait que la laïcité soit expliquée » a-t-il estimé avant de souligner par ailleurs que le lien avec l’enseignement devait être pris en compte.

« Les acteurs religieux ont aussi souhaité que la question essentielle de l’école laïque soit abordée. Malheureusement, on n’a pas répondu à cet aspect », déplore l’ancien chef du gouvernement malien.

Pour lui, cela a plutôt créé les conditions pour qu’il y ait une sorte de confrontation, ceux dont le pays n’a pas besoin aujourd’hui selon lui. « Je pense qu’on aurait été mieux avisés de continuer à discuter avec les acteurs religieux et de trouver les voies et moyens pour que l’école publique puisse intégrer des enseignements religieux. Moi, je pense qu’aujourd’hui le Mali peut se permettre cela », estime-t-il tout en réaffirment son adhésion totale à la laïcité. Car, selon lui, « la laïcité, c’est la neutralité de l’État, la neutralité de l’administration, l’équidistance de la liberté de culte, autant de choses que nous acceptons tous ici au Mali » rappelle Moussa Mara.

En ce qui concerne, les interprétations qui tentent d’expliquer que que ce projet de Constitution est un stratagème des autorités pour rester à la tête du pays, Moussa Mara ne partage pas du tout cet avis. Selon lui, la nécessité de réviser la Constitution au Mali ne date pas seulement de la transition. « Cela fait maintenant plus de 20 ans que nous cherchons à revoir la Constitution de 1992, mais tous les présidents qui ont tenté de la réviser ont rencontré des difficultés » a-t-il rappelé. Cela, en plus du fait qu’il soit aussi l’épine dorsale de la transition. « Il figure en plein cœur de la Charte de la Transition » souligne-t-il.

« Le référendum figure aussi dans le document accord avec la CEDEAO comme une étape de la transition à travers des réformes politiques et institutionnelles à conduire. Dès lors que cela a été agréé par le passé, je ne vois pas de raison que le référendum n’ait pas lieu. Donc moi, je ne partage pas cette idée. Je ne pense pas que ce sont des stratagèmes. C’est un objectif de la transition, c’est un objectif lointain pour notre pays. Essayons de participer à cet exercice-là », a-t-il invité.

Cependant, le président d’honneur du parti Yelema a déploré le renforcement considérable des pouvoirs du président de la République dans le nouveau projet de Constitution. « Je pense que c’est la faiblesse la plus importante de ce texte. Il faut vraiment le déplorer parce que si il y a une constante en termes de reproches dans notre vie politique ces 30 dernières années, c’est que le président a trop de pouvoirs qui sont clairement inscrits dans la Constitution », regrette M. Mara.

L’ancien premier ministre propose un équilibre des pouvoirs entre les institutions en donnant plus de pouvoirs au Parlement afin qu’il puisse challenger l’exécutif et exercer effectivement son droit de contrôle sur le gouvernement. « Que nous n’ayons pas un exécutif qui se croit tout permis et qui aille dans tous les sens. Il y a bien une innovation avec la possibilité de destituer le président de la République (…) Mais il reste à établir les conditions pour que cela puisse se faire avec le pouvoir qui a été donné au président », relate l’ancien Premier ministre malien.

Aussi, Moussa Mara trouve qu’il serait très difficile de destituer le président, du fait qu’il a un pouvoir de nomination sur un certain nombre d’éléments clés du dispositif de l’institution. « Cela rend très problématique, très difficile, voire impossible, la possibilité de destitution », note-t-il. Face à toutes ces situations, Moussa Mara met l’accent sur l’ouverture du débat afin de souligner toutes les défaillances atour du projet.

Ibrahim Djitteye

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