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Mali post IBK : le bilan des trois ans de gestion du pays sous la transition ne fait pas l’unanimité

Pour insécurité, corruption, injustice, mauvaise gouvernance, favoritisme et tant d’autres maux rongeant la Nation malienne, des milliers de personnes ont mis près de trois (3) mois à manifester à Bamako, capitale du Mali, ainsi que dans plusieurs localités et à l’extérieur du pays. Des luttes suite auxquelles les militaires réunis au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) ont renversé, le 18 août 2020, le pouvoir du défunt Président Ibrahim Boubacar Keïta. Trois ans après, la gestion de la transition est diversement appréciée par les citoyens.

18 août 2020-18 août 2023. Cela fait exactement trois ans que le colonel Assimi Goïta, président de la transition et ses frères d’armes conduisent le bateau Mali. Ils ont délogé l’ex-président du palais présidentiel en déplorant les conditions dans lesquelles les Maliens vivaient. Comme les milliers de manifestants regroupés au sein du M5-RFP à l’époque, ils dénonçaient l’insécurité accrue au sein de la Nation. S’y ajoutent des maux tels que la corruption à ciel ouvert, la mauvaise gouvernance, le favoritisme… Trois ans plus tard, le bilan de la gestion du pouvoir par les militaires reste à juger. Alors que beaucoup de citoyens semblent se reconnaitre dans les actes et actions posés par le colonel Goïta et ses frères d’armes, d’autres Maliens pensent, quant à eux, que le chemin de la victoire ou du Mali nouveau tant envié reste long. Notons qu’en mettant fin au défunt régime jugé incapable, les militaires annonçaient, au soir du parachèvement de la lutte du peuple, être venus au pouvoir pour « jeter les bases d’un Mali nouveau ». Ils avaient promis un Mali de paix où les textes s’appliquent à tous sans distinction aucune. D’énormes efforts ont été, selon la plupart des citoyens, consentis en termes d’achat et d’équipement militaire. Aussi, doit-on ajouter, si être Malien faisait auparavant honte, tous les panafricanistes rêvent d’avoir la nationalité malienne aujourd’hui. Un fait qui se traduit par le changement du leadership et de politique des nouvelles autorités qui ont su imposer le respect du pays à l’échelle sous régionale et internationale. Même si des champs et des villages ne sont plus brûlés comme avant, voire les camps militaires qui sont rarement attaqués par les forces du mal, tout porte néanmoins à croire que l’insécurité se poursuit dans le pays, de même que la corruption et les autres maux dénoncés au moment où les militaires intervenaient au pouvoir. Parmi les politiques et citoyens qui se sont prononcés sur les trois ans de gestion de la transition figure Moussa Mara, président d’honneur du parti Yelema(changement). Via une interview qu’il a accordée à Jeune Afrique, l’ex-premier ministre du Mali reconnait que les attaques dirigées contre les camps militaires ont présentement diminué. Moussa Mara avoue que les Forces armées disposent d’un équipement beaucoup plus important que par le passé. Chose qui, dit-il sur Jeune Afrique, était attendue de la part d’un régime dirigé par des militaires. Puis de souligner qu’il n’y a pas eu de progrès sur le terrain, en matière de réouverture d’écoles, de redéploiement de l’administration sur l’ensemble du territoire national, ou encore du retour des déplacés chez eux. Sur la question, Youssouf Sissoko soutient que les causes essentielles qui ont entrainé le renversement du régime d’IBK restent toujours sans solution. Via l’émission 7/7 du Groupe Renouveau, le Directeur de publication du Journal ‘’L’Alternance’’ a trouvé que des maux pour lesquels IBK a été renversé existent encore. « C’est vrai que le bilan d’IBK est indéfendable, mais le bilan des trois ans de gestion du pays par la transition n’est pas également bon », analyse le journaliste. « Je peux même dire que le coup d’Etat a été un regret », a-t-il souligné en précisant que le Mali est présentement isolé. Quant au Directeur de publication de l’hebdomadaire « Le Figaro », Amy Baba Cissé, des efforts ont été certes consentis sur le plan sécuritaire, mais le bilan des trois ans de gestion par la transition n’est pas aussi bon. L’arrivée des militaires au pouvoir a permis aux Maliens d’apprendre beaucoup de choses, réplique Youssouf Coulibaly. Le représentant du Journal ‘’Le Rempart’’ a mis l’accent sur quelques avancées notoires de la transition, notamment la tenue des Assises nationales de la refondation, la rénovation de nombreuses écoles maliennes, l’achat des équipements militaires pour les FAMa en plus d’autres grands chantiers enclenchés par la transition. « On ne peut pas dire que la transition n’a rien fait », estime que le journaliste.

Mamadou Diarra

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