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Mali-Guinée-Burkina : Diop sollicite des appuis financiers

En se réunissant à Ouagadougou au Burkina Faso, les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée Conakry ont presque acté l’unité entre les trois pays. Mais les chefs de la diplomatie ont laissé entendre que leurs pays ont besoin de l’aide de ceux qui font pression pour que des élections se tiennent. La déclaration commune des trois ministres est claire sur cette demande de soutien financier. Selon Abdoulaye Diop, le ministre des Affaires étrangères du Mali, le Burkina et le Mali sont deux pays en guerre contre des terroristes qui endeuillent la sous-région depuis près de 10 ans.

On pense que les ministres des Affaires étrangères des trois pays répondent ainsi aux nombreuses pressions de la part de l’Union africaine et de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). C’est surtout les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la CEDEAO qui sont visés par la partie de la déclaration appelant à la mobilisation de fonds pour aider les pays qui sont censés organiser des élections tout en faisant face aux dépenses liées à la guerre contre le terrorisme.

La CEDEAO multiplie les missions dans les trois pays pour que les élections se tiennent conformément au chronogramme électoral établi après de longs mois de négociations. En demandant ensemble la mobilisation des ressources des pays de la CEDEAO, les ministres des Affaires étrangères mettent la pression sur les chefs d’Etat et de gouvernement de la communauté. Si la CEDEAO veut que les chronogrammes établis soient respectés par les transitions, elle devra surtout mettre la main à la poche. C’est le message principal que les chefs de la diplomatie des trois pays ont adressé à l’organisation ouest africaine.

Il s’agit d’un fardeau que la CEDEAO ne pourra pas porter, puisque l’essentiel de ses frais de fonctionnement vient de pays extracommunautaires. Or, on sait que les pays en transition sont dans une logique de souveraineté qui ne s’accommode pas de la soumission aux injonctions des pays de l’Union Européenne (UE). L’UE et les autres pays du bloc occidental demandent que les transitions rompent avec la Russie. Cette rupture est une condition à certains appuis occidentaux en matière de gouvernance. Mais le problème est que le Mali et le Burkina Faso sont loin de renoncer à la coopération avec la Russie.

Il y va de la sécurité des pouvoirs en place qui travaillent avec l’aide militaire russe, notamment des armements et des instructeurs. Pour les Occidentaux, il est hors de question de financer d’importants volets de la gouvernance tant que les Russes interviennent au Mali et au Burkina Faso. Par ailleurs, l’appui russe n’est pas que militaire. Il y a aussi un important renforcement de la coopération économique. La Guinée Conakry qui n’est pas en guerre comme le Mali et le Burkina est un élément important de ce volet économique et commercial. La plupart des produits achetés en Russie par le Mali et le Burkina Faso passent par le port de Conakry.

La Guinée aussi entretient de bons rapports économiques et commerciaux avec la Russie dont des investisseurs intéressent à Conakry. Dans ce contexte, il est évident que la CEDEAO qui attend tout de l’UE et des Etats Unis en termes de financement ne pourra pas répondre à la sollicitation des pays en transition. Pour preuve, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO avaient des leurs les doléances antirusses de l’UE. C’est ainsi que la mise à l’écart des Russes a été évoquée à plusieurs reprises avant les sanctions économiques et financières contre le Mali en 2022.

Soumaïla Diarra

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