L’incompris Soumaïla Cissé : Une vie consacrée à la construction d’un Mali meilleur !

Soumaïla Cissé, Soumi Champion, Soumi le saveur, Soumi l’espoir, le président de l’URD et du FSD, l’emblématique chef de file de l’opposition, l’homme d’État, le grand commis, l’homme au grand sourire, l’homme aux ambitions multiples et grandes pour le Mali…s’en est allé. Et oui, le véritable prochain président de la République du Mali a rejoint ses aïeux depuis le 25 décembre dernier. Il repose désormais au cimetière de Sogoniko. Soumaïla Cissé est rappelé à Dieu au moment où des millions de citoyens le voyaient comme celui-là qui a été libéré des mains des djihadistes pour redonner l’espoir à ce pays dont l’avenir est toujours est sombre à cause des difficultés énormes. Mais hélas, Allah nous a pris « notre champion ».

Vendredi 25 novembre 2020 a été une journée noire et longue pour des millions de Maliens. Et oui, c’est ce jour que Soumaïla Cissé, l’espoir des Maliens a tourné dos à tout le monde. L’homme aux multiples projets, celui dont l’humilité, l’intelligence, le patriotisme, la sincérité, la bonté …ont été unanimement reconnus et appréciés de tous, est parti mort laissant un grand vide à tout le niveau : famille, parti, pays, sous-région, même dans l’Afrique.

Soumi, le patriote !

Patriote convaincu, Soumaïla Cissé le fut durant son existence sur terre. Et oui, l’enfant de Niafunké a donné tout ce qu’il pouvait à ce pays, le Mali. Son intelligence, son expertise, ses moyens…il a tout mis au service du Mali. En effet, après avoir obtenu de nombreux diplômes en France, il a servi dans de grandes entreprises françaises, dont Péchiney, groupe Thomson, Air Inter. Malgré les avantages, les gros salaires, le défunt président de l’URD a tout abandonné pour rejoindre son Mali natal en 1984. Au Mali, il a servi à la CMDT, il a été secrétaire général de la présidence de la République, ministre à plusieurs reprises. Partout où il a servi, le fils de Bocar Cissé et de Sadio Kelly a laissé ses empreintes d’un travailleur exemplaire, d’un cadre rigoureux et compétent. A l’UEMOA, il a honoré son pays, le Mali, avec son résultat honorable.

Dans sa vie politique, Soumaïla Cissé a été vilipendé, calomnié, combattu, trahi et traité de tous les noms d’oiseaux sans preuve. Mais pour le Mali, il ne s’est jamais découragé, il n’a jamais cessé son combat pour l’émergence du pays. Il a été d’ailleurs kidnappé et détenu durant plus de six mois dans le grand Sahara alors ’il était dans le combat pour le Mali. En 2002, Soumaïla Cissé a été battu au second de l’élection présidentielle par le candidat Amadou Toumani Touré. Il ne fait pas de bruit et accepte sa défaite. En 2013, à la grande surprise générale et au nom de l’intérêt général du Mali, il s’est rendu au domicile de son challenger IBK pour le féliciter pour sa victoire. En 2O18, pendant toutes les contestations après les résultats de la présidentielle, Soumaila Cissé a toujours a appelé ses militants à la non-violence et a toujours invité le président IBK au dialogue. « C’est pour le bonheur, le bien-être, l’honneur et la dignité des millions de Maliens comme son petit-fils que Soumaïla s’est battu et a servi le Mali, de toutes ses forces, et son génie, toute sa vie durant. Le patriotisme et l’amour du Mali chevillé au corps », a laissé entendre le vice-président du FSD, Dr Choguel Kokalla Maiga.

L’humilité, c’est Soumaila Cissé

L’humilité du défunt chef de file de l’opposition, tout le monde l’a témoignée. Sa simplicité, son amour pour son prochain aussi. Homme politique de grande envergure, le défunt président de l’URD a été toujours humble et gentil avec tout le monde. C’est en tout cas ce qui a été dit par les différentes personnalités qui l’ont côtoyé. Selon Djimé Kanté, un des collaborateurs du défunt pendant la présidentielle de 2018, Soumaïla Cissé respectait tout le monde, prenait en comptait l’avis de tout le monde à toute circonstance. Aussi, dit-il, Soumaila Cissé était un grand philanthrope.

Soumi, symbole de l’unité nationale

« Mon père est sonrhaï ; ma mère est peulh ; ma femme est bambara ; ma belle-fille est arabe. Dites-moi sincèrement, de quelle ethnie est mon petit-fils Soumaïla Cissé ? Je souhaite qu’on ne lui pose jamais cette question. Et si on la lui posait, je souhaite qu’il réponde tout simplement : je suis malien tout court ». Ces propos sont du défunt Soumaïla Cissé lors d’une de ses rencontres avec les Maliens du Niger. Durant toute sa vie, Soumaila Cissé a prôné un Mali uni et la cohésion entre tous les fils du pays. Seydou Cissé a témoigné sur les antennes de  Africable télévision que Soumaila Cissé s’était battu pour un Mali unit. Selon lui, la composition des membres du bureau de l’URD dit tout sur la volonté de Soumaila Cissé de ne faire exister qu’une seule communauté : la communauté malienne. « Dois-je rappeler que Soumaïla est l’un des rares hommes politiques de premier plan, qui n’a besoin d’interprète dans aucune région du Mali : au Nord il parle Sonrhaï, au Centre, il parle Peul, au Sud, il parle Bambara. Dois-je rappeler également ses derniers propos, lors sa récente rencontre publique avec la Communauté malienne au Niger en novembre 2020 : lui-même est Sonrhaï et du Nord, son épouse est Bambara et du Sud, sa belle-fille est Arabe et du Nord, son petit-fils, lui, est qui ? Réponse : un Malien tout court ! Un Malien du Nord, du Centre, du Sud », a témoigné Dr Choguel Kokalla Maiga.

Pourquoi Soumaïla Cissé était l’espoir pour un Mali nouveau !

Candidat arrivé 2ème à l’élection présidentielle de 2002, 2013 et 2018, Soumaïla Cissé était, depuis sa libération, vu comme l’espoir pour une sortie de crise au Mali. Beaucoup se souviennent du projet de société ambitieux qu’il a présenté en 2018. Dans tous les domaines, il avait proposé quelque chose de consistant. En plus de son projet de société, Soumaïla Cissé avait l’appareil à sa disposition. Il a un parti rempli de cadres valeureux du Mali. Lui aussi était un homme d’expérience et avait un carnet d’adresses très riche. Là aussi, ses collaborateurs l’ont témoigné. « Une des qualités de Soumaïla, qui fait de lui un leader contemporain, est qu’il n’est pas un idéologue dogmatique. Soumaila est un pragmatique. Il cherche des solutions concrètes aux problèmes concrets qui lui sont posés, ou qui sont imposés par les circonstances du moment. A preuve : le parti qu’il a fondé et dirigé, l’URD. A preuve : le Regroupement politique qu’il a fondé et animé, le FSD. Ces deux mouvements politiques,

créés et dirigés par Soumaïla, ont en leur sein des militants de toutes les générations, des tous les horizons, courants et chapelles politiques qui ont dominé l’espace et les débats au Mali depuis 1946. La tolérance et le respect des origines de chacun, les perspectives et l’avenir commun des Maliens, les débats d’idées et sur les projets sont les éléments fédérateurs et mobilisateurs de ces organisations. C’est pourquoi Soumaila apparaissait de plus en plus, et aux yeux de plus en plus de Maliens, comme l’homme qui peut les réconcilier, entre eux et avec leur histoire », a témoigné Dr Choguel Kokalla Maiga qui a loué les qualités de grand commis de l’État, d’un travailleur assidu, d’un homme ambitieux pour le Mali. « Travailleur infatigable, tu suivais avec sollicitude les efforts de tout le monde sans exception aucune, des jeunes et des femmes dont tu te rapprochais volontiers ; tu souriais avec bonhomie et indulgence aux impatients, car tu savais que le succès ne vient qu’en récompense d’un labeur opiniâtre », a écrit Me Demba Traoré, secrétaire à la communication de l’URD.

Même si Soumaila Cissé a été, durant toute sa vie, non compris par les Maliens, il a consacré sa vie pour le Mali et les Maliens.

Boureima Guindo

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