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L’imam Mahi Ouattara plaide : « Qu’on arrête de se servir de la religion pour faire la politique… »

« Ça suffit, et nous en avons assez ! Il y a longtemps qu’on se bluffe ici dans ce pays, le Mali. Mais qu’on ne se sert plus du coran ou de la religion musulmane pour faire la politique, ou conquérir le pouvoir », dixit Mahi Ouattara, non moins imam d’une mosquée de Sébénicoro, mécontent des attitudes de certains leaders religieux du Mali. La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux.  

L’image de la région est souillée par le fait de certains leaders religieux, en plus des politiques qui n’inspirent plus aucune confiance des citoyens lambda du pays. Voici l’analyse de l’influent imam Mahi Ouattara, non moins prêcheur d’une mosquée de Sébénicoro, un quartier de Bamako. Une situation qui, pour lui, ne mérite pas que les gens se taisent là-dessus. « Ça suffit, il y a longtemps qu’on se bluffe ici dans ce pays. Cette implication de la religion dans la politique, ou le fait de se servir de la religion pour faire la politique ou chercher le pouvoir doit s’arrêter. Il est temps de se regarder en face pour se dire la vérité », soutient le prêcheur. Le mieux, dit-il,  c’est de laisser finalement les gens en paix dans leur mosquée au lieu de leur faire impliquer dans des situations politiques en utilisant le nom d’Allah ou la religion. Le seul rôle qui nous (musulmans) différencie des politiques est de faire barrages à tous les projets politiques qui sont contre la religion, clarifie-t-il. On en a vu le combat mené par les musulmans contre le code de la famille ici, enchaine-t-il, les fidèles ont toujours été prêts à lutter contre ce genre de projet dans notre pays. En clair, le prêcheur estime que le peuple en a assez de dégout avec des vendeurs d’illusions.  « ça suffit, que personne ne se sert de la religion pour faire la politique. Parce qu’avec ce nouveau comportement, il n’y a plus de constance dans les propos, ni de cohérence entre les dires des leaders qui inspiraient toute notre confiance. Des propos changent du jour au lendemain, et il faut avoir peur de cela », a-t-il évoqué.

Dans ce pays, laisse entendre Mahi Ouattara, plus rien ne reste encore, les choses ont atteint leur limite. Plus question de regarder le visage de quiconque encore. Il y en a qui tiennent des propos cette semaine pour dire le contraire la semaine prochaine. Ils le font en faisant croire qu’il s’agisse de l’intérêt général, alors qu’ils sont en train de défendre leurs intérêts particuliers, a-t-il fait savoir. Religieux comme politiques, poursuit-il, tout le monde est maintenant connu.

Et d’ajouter que plus  personne n’est encore connue pour sa prise de position immuable au Mali. Les gens changent en fonction de la direction du vent, y compris ces leaders religieux dont il est question. « Que Ibrahim Boubacar Keita nous pardonne, parce que rien n’a changé, malgré son départ de la présidence de la République. Aujourd’hui, comme avant le son départ du pouvoir, il y avait de l’insécurité dans le pays, la corruption, la flambée des prix des denrées alimentaires. Ces mêmes problèmes existent à présent. Grosso modo, des choses contre lesquelles les gens se sont battus perdurent. La situation n’a changé d’un iota », tel est l’avis du prêcheur. Ce départ du président IBK nous servira, pour lui, de leçon. Il (IBK) a été chassé ici pour raison qu’il ne tenait  pas ses paroles. « Vous (les leaders) qui l’avez chassé, est-ce que vous êtes en train de respecter ce que vous décidez avec les autres ?, s’interroge-t-il avant de préciser qu’au début, on était content de la transition, mais aujourd’hui, tout le monde voit la vérité. D’où ces précisions aux vendeurs d’illusion : « Qu’on arrête d’induire les gens en erreur en disant que tout va bien parce qu’on trouve sa part avec le régime en place ».

Certes tout le monde ne peut pas s’asseoir pour discuter des maux du pays, mais si les membres du gouvernement et du CNT jouent très bien leur rôle, estime-t-il, les problèmes sécuritaires, économiques, éducationnels, ceux relatifs à l’insuffisance alimentaire et autre seront résolus. En clair, il retient que La politique malienne ne peut pas s’accoupler avec la réligion.Les politiques le savent, autant que les leaders religieux, précise l’imam. « Nous n’avons pas de force pour mettre un terme à la démocratie ou à la laïcité dans ce pays, mais nous avons la force de nous tenir debout contre des pratiques attentatoires à notre religion », a-t-il conclu.

Mamadou Diarra

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