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FRONTIERE DE DIBOLI : Bouillon cube Kadi menace nos productions locales

Fabriqué au Sénégal, le bouillon cube Kadi et d’autres produits dérivés produits par l’entreprise sénégalaise propriétaire de la marque, sont en train de concurrencer dangereusement nos entreprises locales. Ils franchissent la frontière de Diboli dans la fraude à peine voilée en transgressant les règles de la saine concurrence.

La Sénégalaise industrie et commerce (Senico-Sa) qui a vu le jour en 1989 évolue dans la production alimentaire en plusieurs genres. Elle dispose sur le marché de l’Uémoa d’une gamme riche et variée de produits qui vont des bouillons cubes Kadi, à plusieurs qualités d’épices, des beurres et huiles alimentaires de la même marque, des mayonnaises, chocolats, lait en poudre, biscuits, thé, entre autres.

Le bouillon cube Kadi et ses produits dérivés inondent les marchés maliens depuis des années. Ce qui n’est pas condamnable au vu des règles commerciales établies en la matière dans l’espace Uémoa. Ces règles bien sûr autorisent la libre circulation des marchandises, des biens et des personnes. Mais le hic est que tout ne se passe pas dans la transparence et le respect de la législation douanière en vigueur. Cette situation de fraude déguisée qui se passe de tout commentaire est un énorme manque à gagner pour l’économie du Mali et surtout nos opérateurs économiques.

Des voix s’élèvent de plus en en plus au niveau de plusieurs opérateurs économiques, pour dénoncer la corruption qui s’érige en règle au poste douanier de Diboli. Là-bas, il est reproché cette forme de corruption à ciel ouvert en faveur des produits Kadi qui entrent en minorant leur poids et valeur en douane jusqu’à 70 %. Un vrai faux document d’importation de ces mêmes produits venus du Sénégal est semble-t-il présenté aux douaniers à la place du vrai certificat d’origine mentionnant la quantité, le poids et la valeur.

Les marchandises transportées par leur représentant malien sont ainsi stockées dans un magasin à Kayes et déversés sur le marché d’autres régions du pays. Par un tour de main, les produits Kadi ont l’avantage de payer moins de taxes et de droits au trésor public. Un énorme manque à gagner.

Le Mali regorge pourtant de nos jours de plusieurs sociétés et entreprises privées. Toutes ou presque évoluent depuis des dizaines d’années dans la production et la vente de bouillons cubes et plusieurs autres qualités d’épices. Les pionnières et les plus en vue aujourd’hui sont la société Madala Kouma, Bara Musso avec ses épices, tomates, sucre, thé, miel, du nom éponyme, des produits bios pour ne citer que ceux-ci.

Bara Musu fondée en 2008 avec une cinquantaine de produits est aujourd’hui présente à travers ses nombreuses boutiques dans toutes les Communes du district de Bamako et de Kati ainsi que dans les capitales régionales. En plus, la société Bara Musu est allée à la conquête du marché sous-régional. Elle a des représentations dans la plupart de nos pays voisins.

Toutes ces entreprises créent des dizaines de milliers d’emplois

L’ensemble de ces entreprises depuis des années, importent les matières premières entrant dans la fabrication de leurs produits en se soumettant régulièrement au paiement des droits et taxes aux différents cordons douaniers du pays. Toutes ces entreprises créent des dizaines de milliers d’emplois directs rémunérés sans compter leurs apports à l’économie nationale.

Selon des employeurs, du fait de ces pratiques malsaines dénoncées plus haut, ces mêmes entreprises locales assistent impuissantes à leur propre descente aux enfers au vu et au su de tous et pour des intérêts de quelques individus tapis à l’ombre. Toujours selon eux, nombreuses d’entre elles sont au bord de la banqueroute. Cette forme de concurrence déloyale donne plus de force aux produits made in Sénégal au détriment de ceux de notre pays. Ce dont les nôtres commencent à ressentir les conséquences fâcheuses puisque défavorisées par les règles du marché. Les consommateurs en paient également un lourd tribut puisque laissés à la merci d’autres marchés.

Par ricochet, la douane ressentira les mêmes conséquences dramatiques sur le plan des recettes, malgré les prouesses que la direction générale des douanes accomplit dans sa marche mensuelle et annuelle vers ses objectifs de recettes. Le niveau de ces recettes peuvent être multipliées n’eussent été ces mauvaises pratiques. Au final, le trésor public qui respire par les ressources générées par la douane, les impôts et les domaines souffrira le coup.

Il revient aux autorités douanières d’enquêter sur ces faits gravicimes, qui se passent à la frontière ouest de notre pays précisément à Diboli. Il y va de la pérennité de leurs efforts de renflouer les caisses de l’Etat malien.

Correspondance particulière

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