Justice

Etablissements pénitentiaires maliens : Ces détenus victimes de la violation de leurs droits

Des organisations pour la défense des droits de l’Homme sont de plus en plus nombreuses, de même que des associations, des ONG nationales et internationales évoluant dans ce sens. Mais, certains droits reconnus aux détenus sont « flagramment » violés dans le pays. Une situation due à plusieurs facteurs. Si la justice doit pleinement jouer son rôle, il est du ressort de ces organisations, associations et ONG d’occuper le poste de sentinelle capable de dénoncer chaque fois que le non-respect de ces droits est constaté.

De nos jours, une soixantaine de prisons existent sur le territoire malien. Avec la prolifération des armes à feu, voire la complexité de la crise sécuritaire à laquelle le pays fait face, ces prisons reçoivent, presque quotidiennement,  des délinquants, des braqueurs, des criminels, des voleurs et toutes les autres catégories de mauvais citoyens qui se font écrouer. Présentement, ces établissements pénitentiaires  contiennent  à la fois des malfaiteurs et des bons citoyens. Même si elles peuvent être rares, doit-on quand même signaler qu’il pourrait avoir dans les prisons des personnes qui se sont retrouvées entre les quatre murs pour des problèmes n’ayant aucun lien avec la délinquance ou le crime (le non-paiement d’une dette, battre son épouse… ». De source digne de foi, il ressort que près de 400 détenus en dépassement du délai de détention se trouvent actuellement à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. Sur cet effectif, indique-t-on, 90 détenus seraient dans cette situation à cause des parquets des six communes  du district de Bamako. Selon la même source, près de 300 détenus seraient en dépassement du délai à la MCA à cause des cabinets d’instruction. Une problématique qui serait due à un véritable dysfonctionnement au sein de la chaine pénale au Mali. Si ces informations se révèlent vraies, la question se pose de savoir si les détenus doivent continuer à endurer le coup d’un tel dysfonctionnement de la chaine pénale. Quand la justice malienne réussira-t-elle à freiner ce genre de pratiques au cœur des prisons maliennes ? Le pire dans cette histoire, c’est que beaucoup de personnes subissent actuellement le mal de la prison, alors qu’elles ne sont nullement condamnées. La faute incombe à qui ? A la justice qui est lente dans son travail ? Ou aux organisations, associations et ONG qui ne s’assument pas ? En tout cas, les données mises à notre disposition sont alarmantes : « Sur environ 3500 détenus en dépassement du délai à la Maison centrale d’arrêt de Bamako (MCA), seulement près de 700 détenus sont condamnés. Tous les autres sont en détention provisoire ». Juridiquement, est-il judicieux de garder en prison un détenu en dépassement du délai de détention légale ? Sur la question, la même source confirme que « les détenus en dépassement de délai de détention doivent être libérés ». A ces conditions s’ajoute la surpopulation des détenus dans les établissements pénitentiaires. De nos jours, peut-on dire que le nombre prévu pour chacune des 60 prisons est respecté à la lettre ? Probablement non. Parce que l’exemple frappant demeure  la visite effectuée, en 2016, par une délégation des cadres du ministère de la Justice aux détenus de la MCA,  dont les responsables du parquet. Au cours de ladite visite, le régisseur de l’époque, en l’occurrence Souda Dao, expliquait que la Maison centrale d’arrêt de Bamako avait été, au départ, construite pour 400 à 600 détenus. Mais l’établissement hébergeait, courant 2016, 1731 pensionnaires. Parmi lesquels seulement 720 étaient à l’époque condamnés. Le nombre de ceux qui attendaient une décision de jugement était chiffré à 1011 détenus. « Cette tendance nous inquiète. Ce n’est pas facile que des détenus soient dans l’impatience en attendant des mois pour connaitre leur sort et maintenus dans les lieux de détention. C’est lié principalement à la lenteur des procédures judiciaires », expliquait le régisseur. À entendre un activiste ayant récemment quitté, courant cette année 2022, la prison centrale de Bamako, « les cellules ou chambres de la MCA sont insignifiantes par rapport au nombre de détenus qui y logent. On est parfois, durant la nuit, obligé de se mettre sur son côté gauche ou droit pour pouvoir dormir, tellement qu’il y a manque de place pour tout le monde  ». Au-delà de la prison de Bamako, la question se pose de savoir s’il y a des médicaments efficaces disponibles dans les autres prisons pour les détenus en cas de maladie. À quand le respect des droits des détenus ?

Mamadou Diarra

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