Depuis un certain temps, un vent calme souffle sur la capitale malienne. Les divergences de vues qui avaient abouti à des tensions fortes entre le Mali et des pays voisins semblent aplanies. Mais pour combien de temps ?
Retour à la normale sur le front diplomatique. Depuis un moment, des communiqués suivis d’actes forts sont visibles. Comme peut le témoigner la reprise des relations de bon voisinage entre le Mali et l’Algérie. Idem pour la Mauritanie, la Côte d’Ivoire et la France.
A ce stade, les rapports en termes diplomatique entre le Mali et les pays cités ci-haut ne sont pas au même degré. Le cas de l’Algérie étant le plus médiatisé et le plus suivi par les observateurs, a des enjeux multiples. Cette spécificité fait que les regards sont plus tournés vers l’angle qui concerne ce pays. Aux dernières nouvelles, connu de tous, les deux pays sont parvenus à aplanir le différend. Ouverture des espaces aériens, retour des ambassadeurs. Deux actes majeurs qui démontrent une grande avancée dans la résolution des sources du problème. Le nord du Mali, nul n’est sans ignorer que ce vaste territoire désertique contigu à l’Algérie a une longue et triste histoire. De rebellions, au volcan terroriste, cet espace a englouti de milliers d’âmes. Toutes les occasions qui devaient aboutir à la résolution définitive se sont, à la fin, révélées des plaies mal pansées qui ont conduit à la gangrène. La révolte populaire de 2020 en tire substantiellement sa source de la mal gestion de la crise du nord. Et de Bamako, retentit sur tout le sahel le cri d’un peuple décidé à prendre son destin en main. Le Burkina et le Niger emboitent le pas au Mali. De là, prend corps le point de départ pour la souveraineté. Décision rejetée par des pays africains et de l’occident qui se sont investis par tous les moyens pour mettre en échec cette vision dont le socle est le peuple des trois pays. Des années après, même si le tableau est à moitié noir à cause des pertes en vies humaines dues à des actes barbares des groupes armés terroristes, les Chefs d’Etat des trois pays de l’AES dans une parfaite coordination sont arrivés à tenir tête à ce conglomérat dont la devise n’était autre que d’avorter la volonté populaire. Ils avaient tout faux. Ces trois Etats de l’AES, sont parvenus à déjouer tous les pronostics qui présageaient une fin sombre. Aujourd’hui, l’AES marche gaillardement et est devenue une source d’inspiration.
Revenons au Mali qui a une particularité. Il est le seul qui était en froid avec l’Algérie dans la confédération. Et cela découle du fait que Bamako a décidé de mettre sans délai un terme aux initiatives de paix négociées depuis Alger et qui avaient montré leurs limites. Certes le choix était osé et risqué à la fois, mais il a conduit au respect et le retour à la normale sur une base plus juste : le respect mutuel et plus jamais ne vouloir imposer des volontés en déphasage avec les réalités de la terre malienne.
Le calme diplomatique est là, mais notre constat déduit qu’il est précaire. Qu’à cela ne tienne, les décisions qui découlent des échanges entre les deux pays (Mali-Algérie), ont démontré que la raison a finalement prévalu. L’Algérie comprendra mieux que le Mali d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier. Et espérons que sa posture ‘’rationnelle’’ du moment ne soit une ruse en attendant un moment propice pour sortir les griffes. En tous les cas, le Mali reste toujours sur ses gardes. Le mot d’ordre qui guide les actions sous cette transition est : plus rien ne sera comme avant.
Kèlètigui Danioko
