Démolition dans la zone Aéroportuaire : Les femmes des sept localités concernées demandent la délocalisation de l’Aéroport de Sénou

« La plateforme des habitants de la zone dite aéroportuaire » a manifesté une nouvelle fois contre la vaste opération de démolition dans ladite zone le jeudi 4 février 2021.  Cette troisième manifestation, pour la même cause, a vu la participation des femmes de l’ensemble des sept quartiers concernés. Munies de balais et d’autres ustensiles de cuisine, ces femmes ont demandé la délocalisation de l’aéroport sur leur terre.

Si les femmes n’étaient pas représentées lors de la première et deuxième sortie, ce sont elles qui ont, cette fois-ci, lancé cet appel pour manifester leur indignation contre la démolition de leur habitat dans la zone « dite » aéroportuaire.

Munies de balais et d’autres ustensiles de cuisine, ces femmes ont exigé non seulement que l’opération de démolition soit arrêtée, mais que les familles dont les maisons ont été détruites soient dédommagées. Pis, elles demandent à ce que « l’aéroport soit délocalisé de ce domaine qui appartient à Sirakoro ».

Selon une vielle habitante de Sirakoro, les autorités du Mali ont trahi la volonté des vieux qui ont attribué ce domaine pour la construction de l’aéroport.

A l’époque, témoigne cette vielle femme, « Kalaban et Sénou avaient catégoriquement refusé le projet de construction de l’aéroport par ce que le domaine ne les appartenait pas » et d’ajouter que « si les vieux de Sirakoro ont accepté d’attribuer le domaine, c’est par ce qu’on les avait fait croire que les jeunes des localités riveraines allaient avoir de l’emploi ». Selon elles, les autorités ont trahi la mémoire des vieux par cette opération de démolition.

Pour le président de « la plateforme des habitants de la zone dite aéroportuaire », Aboubacar Konta, jamais ils ne vont accepter la démolition des maisons dans cette zone. « On a acquis nos parcelles en remplissant toutes les formalités d’attribution d’une parcelle au Mali » a-t-il indiqué en rassurant qu’ils disposent des documents de la mairie dont « l’argent payé pour l’enregistrement est allé au trésor public ».

Après, il a soutenu que si l’aéroport a pu être « délocaliser de l’ACI 2000, il pourra également délocaliser de Sénou » et « si le déplacement de l’aéroport doit couter 1000 milliards, qu’ils aillent recouvrer cet argent parmi l’argent détourné dans le rapport du vérificateur général » a-t-il indiqué.

Dans leur prise de parole, les femmes ont successivement indiqué que cette première sortie n’est qu’une mise en garde et qu’elles se dirigeront à Koulouba s’il y’a une prochaine sortie.

La représentante de la responsable des femmes a laissé entendre : « nous soutenons nos maris jusqu’à l’au-delà. Une autorité installée à midi ne va pas nous déloger de notre habitation ».

Une autre femme clamera que « jamais nos maisons ne seront détruites ». D’ailleurs, ajoute -t-elle que « l’aéroport dégage de notre territoire ».

Cette dernière a invité les femmes des autres quartiers concernés à « rester unies pour faire front contre cette initiative ».

« On ne veut pas d’une autre trouble dans notre pays parce qu’on est tous des Maliens et on a la même ambition pour le Mali, celle d’un Mali en Paix. Donc si le voisinage est possible avec l’aéroport, on accepte, mais dans le cas échéant qu’on transporte l’aéroport ailleurs. Puis qu’il a quitté quelque part avant ici » a indiqué une manifestante très agitée.

Dans le même ordre d’idée, Fatoumata Diarra habitante de Sirakoro Meguetana indique : « nous avons nos parents et grands-parents ici, sous la terre, donc on ne va pas les abandonner pour aller nulle part ».

La représentante de Faladié, Boyo Konta dira que « si c’est ça le projet Mali Kura dont on parle, on n’en veut pas » et d’ajouter que « cette action signifie que cette transition n’est pas là pour construire le Mali, mais la détruire ».

« C’est nous qui avions dit que la solution du Mali se trouvait entre la main des militaires, mais ils viennent de nous prouver par cette action que c’est faux. Donc qu’ils s’en aillent, on ne veut pas d’eux encore au pouvoir » a indiqué une autre manifestante.

Pour conclure, le représentant de la jeunesse Abdoul Karim Togola a mis en garde les autorités transitoires

Etaient présents à cette manifestation, les habitants de Sirakoro, Niamakoro, Faladié, Sénou, Missala, Gouana, Kroualé, N’Tabacoro etc.

Issa Djiguiba

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!
%d blogueurs aiment cette page :