MONDE

Burkina : le correspondant de France24 auditionné par le CSC

Après que le gouvernement burkinabè ait acté, en fin de la semaine dernière, le départ des forces spéciales françaises sur son territoire, le Conseil supérieur de la communication (CSC) a également auditionné, le mardi, un correspondant de France24, suite au traitement des informations relatives à l’enlèvement des femmes à Arbinda. Cela, après quelques semaines de l’interdiction de diffusion de la Radio France internationale (RFI) sur le territoire burkinabè.

Le torchon brûle entre la France et ses anciennes colonies. Après une tension très tendue entre Paris et Bamako, occasionnant le départ des forces françaises du Mali et la suspension des chaines France24 et RFI sur l’ensemble du territoire malien, le Burkina Faso vient d’entrer dans la danse. En effet, en fin de la semaine dernière, les autorités de la transition burkinabè ont donné un ultimatum d’un mois à l’opération Sabre basée à Kamboinssin, au Nord-est de Ouagadougou, pour qu’elle quitte le territoire burkinabè. Ces militaires français, au nombre de 400 sont au Burkina depuis 2018.

D’après l’information rapportée par l’Agence d’information burkinabè, le gouvernement du Faso avait dénoncé l’accord qui, depuis 2018, régit la présence des Forces armées françaises sur son territoire. Aussi, le média d’État burkinabè souligne que dans cette dénonciation faite le 18 janvier 2023, le gouvernement burkinabè a donné, selon les termes de l’accord du 17 décembre 2018, un mois aux Forces armées françaises pour quitter le territoire burkinabè.

En outre, le correspondant de la chaine d’information française(France24) a été aussi auditionné par l’autorité en charge de régulation de la communication au Burkina Faso à la suite d’un traitement des informations relatives à l’enlèvement des femmes à Arbinda.

Faut-il aussi rappeler que Radio France Internationale est interdite de diffusion au Burkina Faso depuis début décembre 2022. Cela, huit mois après une décision similaire prise au Mali. Par ailleurs, les autorités burkinabè reprochaient au média français d’avoir relayé un « message d’intimidation » attribué à un « chef terroriste ».

C’est pourquoi, le Conseil Supérieur de la Communication a interpellé le correspondant de France 24, le mardi dernier. Suivant les précisions, il ressort que les autorités de la transition déplorent le traitement des informations relatives à l’enlèvement des femmes à Arbinda, dans le nord du pays par la chaine française. « Le correspondant de la chaîne française d’information en continu, France24, à Ouagadougou est appelé à répondre à une convocation au Conseil Supérieur de la Communication », rapporte Agence africaine de presse.

Suivant les précisions données par nos confrères de « Wakat Sera », il ressort que la rencontre a été très tendue entre le correspondant et les conseillers burkinabè qui ont invoqué l’article 130 de la loi 059/ CNT/2015.Lequel article stipule que «la diffusion ou la reproduction de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongères de nature à porter atteinte à la paix publique est punie conformément au code pénal». La même source rapporte qu’« une décision de l’institution est attendue dans les heures qui suivent ».

La France « persona non grata » au Sahel ?

Depuis quelques années, les jeunes de l’Afrique, particulièrement du Sahel s’en prennent aux symboles de la France au sein du continent. Qu’il s’agisse des jeunes du Burkina Faso, ceux du Mali, du Niger, du Tchad ou d’autres pays montent, chaque fois que l’occasion se présente, au créneau pour dénoncer la présence des troupes françaises sur leur territoire. Au Mali, la rupture a été consommée courant 2022 à la suite des tensions diplomatiques entre les deux pays. Ainsi, il sied de rappeler que les rapports entre le Mali et la France restent tendus depuis l’arrivée du colonel Assimi Goita au pouvoir.

La tension entre les deux pays monte d’un cran au jour le jour. Outre la rupture du traité de coopération en matière de défense conclu en 2014 entre le Mali et la France, suivie de la suspension de France24 et de la Radio France Internationale (RFI) sur le territoire malien, les autorités de la transition ont aussi suspendu les activités de toutes les ONG et associations nationales financées par la France.

Aussi, convient-il de rappeler que le Burkina Faso est l’un des pays où la présence des forces françaises reste vigoureusement contestée par les populations. Plusieurs manifestations allant dans ce sens ont été organisées par le peuple. L’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir a été, peut-on dire, l’élément déclencheur pour la dégradation des relations entre la France et le Burkina. Comme son voisin, le Mali, le Burkina Faso laisse penser, de plus en plus, son éventuel rapprochement à la Russie. Une coopération que les autorités françaises semblent désapprouver. Paris suppose que les relations entre la Russie et les pays africains ne sont pas d’État à Etat. Ses accusent lesdits pays de nouer des relations avec la société paramilitaire russe « Wagner ».

Rappelons que le Premier ministre burkinabè, Appolinaire Joachim Kyelem de Tembela, s’était rendu en Russie, mi-décembre 2022, pour essayer de renforcer la coopération entre les deux pays, surtout en matière militaire. Après le Mali et la Centrafrique, le Burkina Faso devient automatiquement le troisième pays africain à acter le départ de l’armée française sur son territoire.

Ibrahim Djitteye

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