Mohamed Ousmane, membre du CNT : « La France n’a plus d’arguments pour convaincre… »

« C’est regrettable que les ministres français : Jean Yves Le Drian et Florence Parly continuent de dire : la junte malienne. Je leur interdis de nous plus appeler la junte. Ce n’est plus la junte, c’est les autorités de la transition », dixit l’honorable Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun Haidara, président de la commission du développement rural du conseil national de transition (CNT).

Depuis quelques jours, les autorités de Bamako font l’object des propos « irrespectueux » et « provocateurs » venant de Paris, notamment du ministre français des Affaires étrangères et celui des Armées : Jean  Yves Le Drian et Florence Parly. Mécontents, voire surmontés contre le départ des troupes danoises au Mali, en plus de la posture des nouvelles autorités maliennes, ils disent tout sauf du bien sur le Mali. Ces propos de Paris, ayant suscité des réactions de la part du  PM Choguel Kokalla Maiga, voire du ministre Abdoulaye Diop ont mis l’honorable Mohamed Ousmane Mohamedoun Haidara en colère. « Je peux vous assurer que tant que la France nous appelle la junte, on ne la respectera pas. Le début du respect commencera le jour où la France comprendra qu’aujourd’hui, le Mali est un Etat avec à sa tête un gouvernement souverain qui s’appelle l’autorité de la transition », dit-il. À travers cette interview qu’il a accordée à la presse, l’élu de la nation a su minutieusement trier des mots, pour répondre aux autorités de l’Elysée. « Ils sont toujours dans le mensonge. Quand vous écouter la ministre Florence Parly, elle est dans le déni dans la vérité. Elle ne sait pas que c’est la France qui a tort, mélangé et menti à tout le monde aujourd’hui, à travers  des fausses médiatisations et informations », riposte le député malien qui n’en décolère point : « A supposer même qu’il y a un accord entre le Mali et le Danemark, voire que les statuts et toute la base de la collaboration soient légaux et  définis  par les anciennes autorités, mais rien n’interdit à un Etat souverain de rompre une collaboration ».Saluant les Danois pour leur sage décision de retrait du Mali, Mohamed Ousmane a voulu, par la circonstance, être clair avec Paris : « Le Mali et les autorités de la transition ont dépassé le stade de nous infantiliser, ou les stades de la complaisance. Les choses sont très sérieuses pour que le Danemark se laisse manipuler, infantiliser et embobiner par la France qui, elle- même n’est pas la bienvenue au Mali. Moi à la place des autorités de la transition, je dis carrément à la France de foutre le camp. Elle n’a aucune raison d’être là aujourd’hui. Elle a échoué ».Puis d’être encore plus explicite : « Je suis de ceux qui pensent que la France devait longtemps foutre le camp du Mali, pare qu’elle ne fait rien. La France ne veut pas saisir cette seconde chance que les autorités sont en train de la offrir aujourd’hui, afin qu’elle fasse son auto évaluation et  son mea-culpa ».

Le partenariat entre le Mali et la France a été un échec, sur le plan sécurité, pendant les dix années écoulées. Dans son intervention, l’honorable corrobore que la France n’a plus d’argument. « L’échec est devenu dramatique, sur le plan sécuritaire. La France n’a plus d’argument aujourd’hui pour convaincre les maliens en particulier et les africains en général. Le peuple demande aux autorités de dire à la France de plier bagage et de quitter le Mali, mais elles ne l’ont pas fait pour l’instant. C’est pour donc donner la seconde chance à elle ».Le Mali est un Etat souverain, l’accord de coopération militaire française ne vaut rien, le  pays ne travaille plus sur cette base, indique-t-il. « Nous sommes un Etat souverain. Votre(France) accord de coopération militaire ne vaut rien. On vous(France) a dit là où il ne vaut rien. Il faut le relire. Si vous avez des propositions, faites-les. Le cas contraire, vous allez tôt ou tard dégager », dit-il à qui veut l’entendre. « On ne peut pas accepter un mauvais partenaire sur nos territoires et nos terroirs. Il n’a aucune raison d’être témoin de ce que nous faisons et d’être présent par rapport à ce que nous faisons. Donc, ajoute-t-il, il doit partir ».Le Mali tient à la volonté de son peuple et est en train de restaurer sa dignité.

La France n’a plus à expliquer la démocratie aux Maliens 

La Démocratie, c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. « Il faut que la France comprenne que ce n’est plus elle qui définit la démocratie. Nous allons la définir à notre façon. L’élection n’est pas forcément la démocratie. Nous allons y  arriver avec nos instruments et nos formes d’organisation électorale. Le peuple est là partout, si la démocratie est le pouvoir du peuple par le peuple. C’est ce peuple qui tremble toute l’Afrique aujourd’hui. Donc, dit-il, on ne peut pas discuter de la légitimité de la transition. C’est une démocratie populaire ».Il faut que la France change sa posture. Elle doit comprendre, aujourd’hui,  qu’elle n’a rien à décider ni pour le Mali, ni pour l’Afrique. Elle doit tout simplement écouter ce que les Maliens et les Africains auront décidé pour eux-mêmes, et venir négocier son partenariat en tant qu’Etat souverain, face à un autre(Mali). « Qu’ils arrêtent de penser qu’ils ont le monopole de l’intelligence et de la réflexion. Ça ne marche plus ici. De toutes les façons, précise-t-il, le Mali est arrivé à un stade de non-retour, il n’y a plus de recul ». Appréciant la décision de l’UA ayant décidé d’enclencher des négociations entre Bamako et la CEDEAO, l’élu disait : « L’UA a compris qu’il ne faut pas, à tout hasard, suivre les balbutiements d’une France qui ne se trouve entre les mains d’un président qui dit une chose le matin et dit le contraire le soir, comme un enfant qui ne se retrouve plus ».

Mamadou Diarra

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