La population meurtrie de Songho : « Nous ne voulons ni argent ni vivres, nous voulons la sécurisation des personnes et de leurs biens »

Après l’attaque ignoble du vendredi 3 décembre 2021 près de Songho sur l’axe Sévaré-Bandiagara, le gouverneur de la région de Mopti s’est rendu dans le village pour présenter ses condoléances et apporter de l’argent et des vivres aux familles des défunts. Chose que les villageois ont refusé. Leur seule réclamation : c’est le retour de la sécurité dans cette zone.

Les terroristes ont encore une fois de plus endeuillé le pays dogon, toute la nation malienne en général. Une camionnette des forains en partance pour la foire de Bandiagara a été interceptée par ces hommes sans foi ni loi, le vendredi dernier. Les voyageurs et leurs marchandises ont été brulés par ces terroristes. La camionnette a, également, été calcinée.

Face à cette situation, le gouverneur de la région de Mopti s’est rendu dans le village de Songho pour présenter ses condoléances et apporter des vivres aux habitants. Chose que les habitants ont refusé. Les raisons : ils disent préférer leur sécurité et celle de leurs biens. L’absence de l’État dans la zone irrite beaucoup les populations en colère. Un conseiller communal en veut beaucoup aux autorités du pays. « J’en veux aux autorités puisqu’on les a alertés par tous les moyens possibles et aucune réaction et disposition n’a été prise pour éviter ce drame », a-t-il indiqué. Selon lui, l’État a abandonné le pays dogon. « Le pays dogon ne serait qu’un souvenir pour les Maliens si Dana Ambassagou n’était pas présent pour protéger les populations », a précisé ce citoyen déçu.

A en croire les habitants du village de Songho, l’attaque du vendredi dernier n’a cibler que des femmes allaitantes et quelques vieilles.

Un autre habitant, les FAMa, au lieu d’aller aider les populations de Songho à enterrer les 33 morts, auraient pu empêcher le drame si elles avaient joué pleinement leurs rôles. « Nos femmes, nos enfants ont tous été brulés vifs. On demande vraiment aux autorités de nous aider car nous ne pouvons-nous confier qu’à elles », sollicite cet habitant meurtri

Un autre habitant très en colère s’exprime ainsi :« Si ça ne tenait qu’à moi, on n’allait pas accueillir le gouverneur et sa délégation puisqu’on a été délaissé par eux. Nous ne sommes même plus Maliens ».

A en croire cet habitant « Presque tous les hommes de Songho sont en deuil. Les femmes sont veuves et les enfants orphelins, de mère ou de père ».

Pour finir, les habitants implore les autorités de les aider à sortir de ce trou. « Nous demandons aux autorités de nous venir en aide. On n’est des humains et non des poulets. Nous sommes tous pareil dans ce pays. Nous ne voulons ni argent ni vivres, mais juste la sécurité des personnes et de leurs biens ».

Notons que les populations ont refusé de prendre l’argent et les vivres (riz) apportés par le gouverneur de la région de Bandiagara.

Tioumbè Adeline Tolofoudié Stagiaire

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